Epist. VII
naturalisation romaine. L'impulsion qu'à ce point de vue les nobles gallo-romains étaient habitués à recevoir du dehors, ils devront désormais la chercher en eux-mêmes, car il n'est pas vraisemblable qu'ils l'attendent des rois barbares, occupés à sauvegarder les seules institutions administratives. En l'absence de la nécessité, l'enseignement ne pourra plus compter que sur l'amour des lettres, et l'amour des lettres lui-même devra lutter contre les difficultés matérielles, contre la paresse et contre les susceptibilités chrétienne.
La société cultivée. — Les études classiques.
Nous serons désormais plus à l'aise pour interpréter les témoignages que fournissent les textes du v° siècle. Nous ne serons pas tentés d'attribuer une trop grande importance à ceux qui nous révèlent l'existence d’une société cultivée, instruite d'après les méthodes anciennes, ni de refuser tout crédit à ceux qui constatent le mépris où était tombée l'étude des arts libéraux et la rareté de la culture d'une manière générale. En rapprochant ces documents contradictoires, nous essaierons de marquer ce que fut l'étude des lettres classiques au v° siècle, et nous rechercherons dans quelles conditions et par qui l'enseignement était donné.
Le v' siècle, avons-nous dit, est, pour la Gaule littéraire, le siècle de Sidoine Apollinaire. Du moins ce nom représente-t-il commodément l'histoire des lettres dans la seconde partie du siècle. Dans là rapide esquisse que nous allons tracer de la société instruite à cette époque, nous écarterons en effet, autant que nous le pourrons, les hommes qui ont étudié dans les écoles romaines, à la fin du IV siècle ou dans les premières années du v°, et n'ont atteint leur période de production que dans le premier tiers ou même la première moitié du v° siècle !. L'instruction qu'ont reçue saint Eucher (T vers 450), saint Honorat (+ 429), saint Germain d'Auxerre ?
L Nous écartons également Ennode qui, né à Arles en #73, fit toutes ses études en Italie,
2. Sur son instruction, voir sa vie par Constantius, Ac{a SK., juillet, 7 p. 202,