La monarchie franque, p
2, M. Marignan estime aussi qu'on enseignait à l’École du Palais la grammaire et les lettres (Études sur la civilisation française, L p. #4); plus loin (p. 312), il est moins aflirmatif.
— c'est qu'ils subissaient les influences et les nécessités du milieu. Il y a là une situation particulière qui ne se reproduit pas dans la société très rude que nous révèle l'époque mérovingienne. Là, aucun pouvoir n'est intéressé au maintien des lettres classiques; les Politiques, dont parle l'Histoire littéraire, ne savent plus construire un panégvrique ou écrire une épiître en vers, j entends en vers corrects, comme au temps d'Ausone et même de Sidoine. Dans ce milieu, il est inutile de supposer une bureaucratie instruite.
Une instruction rudimentaire suffit aux nofarü, aux scriptores, aux conmentarienses !. Qu'on lise quelques-uns des diplômes, des chartes, etc. *, écrits dans les bureaux, et l’on reconnaïitra que ce genre de littérature ne suppose pas le maintien de la tradition classique dans la chancellerie du Palais. Savoir lire, écrire et compter, connaître les lois et surtout les formules usitées, pouvoir les reproduire sans trop de fautes d'orthographe, c'étaient les seules connaissances qu'on exigeât des notaires et des scribes 3%. Ainsi qu'il arrive, quand on maintient l'instruction à un niveau trop bas, ce minimum ne fut pas toujours atteint; nous en trouvons la preuve dans les textes écrits du vi au vue siècle #.
Renonçons donc à nous appuyer sur l'existence et le nombre des fonctions, sur les nécessités du gouvernement, pour supposer un enseignement des lettres dans le Palais et en déduire une preuve de la culture générale. Aux princes comme aux fonctionnaires, l'instruction religieuse d'une part, les éléments de la grammaire, de
1. Voir, pour ces fonctions, Fustel de Coulanges, La monarchie franque, p. 152; Marignan, Études sur la civilisation française, 1, p. 43,
2. Voir dans Pardessus, Diplomata.…, [, n°*111,117, cle., ct, dans les Epist. mer. el kar. aevi, I, p. 132, 133, les lettres de Théodebert [, p. 138, 140, etc., celles de Childebert II. Cf. Grœber, Archiv. f. lat. Ler., 1, p. 53.
3. C'était sans doute à cela que se réduisait la science de cet Avolus notari erudilione fulgens dont parle Gogon (Epist. mer. et kar. aevi, 1, p. 135).
4. Cf. Bonnet, Le latin de Grégoire de Tours, p.83, note # : «Il est du plus grand intérêt de comparer dans les monuments historiques publiés par Tardif les premières chartes conservées dans l'original. Celles de Clotaire II de l'an 625 et vers 627; Dagobert, vers 628 et 631 à 632; Clovis 11, vers 640 et de l’an 653, de l'an 656, etc., jusqu'à Childéric IT, en 670-671, et Thierry IL, de 677 à 678; puis de 696, etc. En parcourant ainsi à grands pas le vu siècle et la moitié du vrut, on observe un abaissement lent, mais constant, du niveau de l'orthographe et de la grammaire. A partir du milieu du vin siècle (voy. par exemple le jugement de Pépin de l'an 351, Tardif n° 54), le relèvement commence, et il se continue si bien que vers la fin du vin siècle (par exemple la charte de Pépin, 768, Tardif n° 60) on trouvera à peine une faute ou deux dans toute une pièce. » Cf. Grœber, Archiv. f. lat. Lex., I, p. 54.
l'autre, parurent suffisants pour l'accomplissement de leurs devoirs et pour l'administration de l'Etat.
Nous arrivons aux arguments tirés des textes !. Dom Pitra, Ozanam., etc., ont utilisé les nombreuses vies des saints du vif et du vu® siècle. Elles leur ont fourni plusieurs exemples d'enfants élevés auprès du roi pour apprendre le service. Mais ils n'ont pas soumis les documents qu'ils employaient à une crilique assez rigoureuse, et, par suite, ont été amenés à faire état de vies qui, pour des raisons diverses, doivent être écartées. M. Vacandard * l'a démontré dans une étude très minutieuse à laquelle nous devons beaucoup.
Nous commençons par écarter les vies dont l'authenticité est suspecte ou qui ont été composées à une date trop récente *. Nous
écartons aussi la vie de Philibert ‘ qui nous apprend seulement que le saint fut confié dans son enfance à Dagohert. Restent les vies des saints Yrieix (Aredius), Wandrille {Wandregesilus), Rambert (Ragnebertus), Herbland (Hermelandus), Arnoul (Arnulfus), Lézin (Licinius), Oustrille (Austregisilus), Faron, Lambert, Albert. Plusieurs de ces vies constatent que les saints avaient été instruits avant d'être amenés au roi: c'est le cas pour les saints Yrieix ”, Herbland ft, Lezin ?, Oustrille 8, Arnoul ?, Lambert .
1. Cf. aussi Fustel de Coulanges, La monarchie franque, p. 1#3, note 3; p. ++, notes 3 et +.
2. La scola du Palais mérovingien dans la Revue des Questions or. t. 61, p. #91; Encore un mnt sur la scola du Palais mérovingien, id.
D. 546: Un dernier mot sur l'école du Palais mérovingien, id.,t. 36, p. 4 4. Ainsi la Vie de saint Agile ne nous apprend rien sur l'École Palatine. Elle est d'ailleurs du 1x° siècle et empruntée en partie à la Vie d'Eustase, par Jonas de Bobhio. Le passage auquel on s'est reporté (Vita Agili, #, Mabillon, Acta SS., IT, p. 318) semble le développement de quelques mots de Jonas (Vitæ Columbantietl discip., IT, 9, Krusch, Script., rer. Merov., IV, p. 122).