Cf. Teulfel-Schwabes, $$ 240, 6, et
î. Chatelain, Paléographie des classiques latins, 1, p. 24%, note. — Jahn, Über die Subscriptionen in den Handschriften ræœmischer Classiker. 14 (Leipz. Süz-bericht., t. T1, 1851, p. 35+. — O. Keller, Epilegomena zu Horaz, p. #15,
8. Cf. édition Eyssenhardt, p. 27. Le suscription se trouve dans le Bambergensis, le Reichenauensis, le Darmstattensis, auxquels il faudrait ajouter le manuscrit que Wiltheim a eu entre les mains. — Jahn, id.
9. Il y eut deux consuls de cenom en +98 eten 53#+.Jahn {id., p.353), identifant Deuterius avec le maitre du mème nom qui nous est connu par Ennode (Epist. |, 19, elc.). estime que Deuterius n'a pu être l'élève de Félix en %3#,
aucun doute sur le titre de Félix ; on ne s’expliquerait pas qu'enseignant à Rome, il se soit appelé rhéteur des Arvernes. Il est évident que tous ces manuscrits dérivent d'un même exemplaire, et que le nom de Félix s'y trouvait suivi des mots « rhetor Romae ! ». L'erreur de Wiltheim provient de ce qu'il a mal lu, ou de ce qu'il a eu entre les mains une mauvaise copie. Un passage de Grégoire de Tours a contribué à accréditer cette légende *. Comme il y est dit qu'on se servait en France de Martianus Capella, on a été trop porté à admettre que son principal éditeur avait enseigné dans ce pays. Ce rapprochement ne vaut pas une preuve, et nous croyons qu'il faut enlever à Clermont la gloire d'avoir possédé, au . vit siècle, un rhéteur aussi célèbre.
La société cultivée. — Fortunat. — Grégoire de Tours.
Nous n'avons obtenu aucun renseignement en recherchant ce qu'avaient été les écoles ou les maitres. Peut-être serons-nous plus heureux en examinant la culture des hommes qui passèrent pour instruits au vi siècle.
Fortunat, qui fut le grand homme de lettres de son époque, avait été élevé à Ravenne; nous ne pouvons donc invoquer son exemple, ni tirer de ses connaissances un indice sur l'enseignement qu'on donnait alors en Gaule. Tout au plus, par ses relations avec les Gallo-Romains et les Frances, contribua-t-il à maintenir chez quelques-uns, sinon le goût, au moins le souvenir des lettres et la prétention de s'en occuper. Fortunat ne fut sans doute pas étranger aux essais poétiques de ses contemporains. Son influence sur Radegonde est évidente. Par contre, on peut supposer que beaucoup ne le comprirent pas, et, qu'en le lisant, certains conçurent de
Mais il n'est pas évident que Je Deuterius d'Ennode et celui de Félix soient le même personnage (Teuffel-Schwabe ÿ, #77, 5). Dans la suscription des huit mauuscerits d'Horace, le nom de Félix est rapproché de celui de Vettius Agorius Basilius Mavortius, qui avait été consul en 527, Cela nous ferait croire que Félix corrigea Marlianus en 53+. | |
1. De méme dans les manuscrits d'IHforace «....... conferente mihi magistro -Felice, oratore urbis Romae. »
2, [list. Franc., X, 31.
l'aversion pour les lettres rendues responsables de son style inintelligible.
C'est par Fortunat que nous connaissons la société lettrée de ce temps. Au cours de ses poèmes, nous rencontrons un certain nombre de personnages dont il vante le talent ou l'érudition : le poète Dynamius de Marseille !, l'orateur et le jurisconsulte Lupus ?, l'évêque de Nantes Félix #, le poète Jovinus #, Gogon à, dont il fait un éloge enthousiaste, Bertechramn f, qu'il félicite de ses épigrammes, etc.
Voilà donc un certain nombre de poètes ou d'orateurs en qui l’on pourrait voir les représentants de la culture classique au vi siècle. Mais les éloges de Fortunat ne constituent pas des documents d'une valeur indiscutable. Quelle importance leur attribuer, lorsque nous l'entendons vanter la science et la rare éloquence de Chilpérik 7°? Quand il célèbre le talent de Lupus, nous ne pouvons prouver qu'il exagère la louange, puisque nous ne connaissons point par ailleurs ce personnage. Mais Chilpérik nous est connu. Il affichait, il est vrai, des prétentions à l'érudition et à la théologie, il voulait enrichir l'alphabet latin de lettres grecques, il allait même jusqu'à composer des vers 8, Mais Grégoire de Tours. qui eut tant d'occasions d'éprouver la grossièreté du roi franc, a, non sans malice, instruit la postérité sur la valeur de ses essais. Chilpérik composait des vers latins, mais il ne possédait pas la moindre notion de prosodie ”.
Voilà qui ne se concilie guère avec les éloges de Fortunat ; aussi sommes-nous peu disposés à le croire, quand il admire le latin de
1. Carm. 6,10. v, 57. Il s'agit sans doute du poète Dynamius, + vers 600 (Molinier, n° 145), auteur d'une vie de saint Maxime.
2. Carm, 7, 8, v. 65. — Forlunat parle plusieurs fois de son éloquence (Carm. 7,7, v. 13: 15,16 à 33; 8, v. 43).
3. Né vers 512 (list. Litt., IL, p. 330). Carm. 3, 4; 3,8, v. 17. . Carm. 7,142, v. 111.
. + vers 583 (Hist. litt., I, p. 333). Carm. 1,1, v. 19. . Carm. 3, 18.
. Carm. 9,1, v. 91, 401, 104.
* Grégoire de Tours, Hist. Franc., V, 45. | . Id, Aimoin (De Gestis France., c. 16) attribue à Chilpérik une pièce de vers en l'honneur de saint Germain, évêque de Paris (Voir M. 188, col. 296, note). Les vers sont corrects, si bien que Mabillon, Vie de saint Germain, note (Acta SS., L p. 245), a supposé qu'Aimoin les avait corrigés. [ls ont été attribués par d'autres à Fortunat. Si Chilpérik en est l’auteur, il faudrait supposer’ que, depuis le jour où il soumettait ses essais à Grégoire de Tours, il avait appris la quantité.
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Céaribert et proclame que ce prince parlait mieux cette langue que les Romains !. D'ailleurs, Fortunat nous a renseigné lui-même sur la sincérité de ses louanges. Ainsi, après avoir porté aux nues les poèmes de Bertechramn, il remarque qu'on y relève des fautes de versification et que les vers ont parfois une svllabe de trop?.ll n aimait pas chagriner ses amis. Comparons ce qu il a dit du patrice Dynamius avecla Vie de saint Maxime que ce dernier a composée , ce qu'il dit de Gogon, avec les lettres écrites par le maire du Palais, et nous constaterons que Fortunat a été pris en flagrant déht d'exagération , toutes les fois qu'il a été possible de contrôler son appréciation. Gogon, en particulier, écrit dans un style prétentieux et obscur qui ne se ressent pas de l'influence des classiques. Du petit cercle que Fortunat a célébré, il n'est guère que Radegonde qui ait aimé les lettres et ait peut-être mérité ses louanges ; encore s’appliqua-t-elle surtout à l'étude des auteurs sacrés. Aux correspondants de Fortunat on pourrait joindre Félix et Andarchius 6, Asteriolus et Secundinus ?, dont Grégoire de Tours vante le savoir, un ami de Gogon, Trasericus #, mais sur eux nous ne possédons que ces mentions. Par ces quelques noms, on ne voit donc pas quelle part était faite aux lettres profanes dans l'éducation
. du temps; ce qu'ils ne révèlent pas, Grégoire de Tours nous l'ap-
prend par son exemple.
À vrai dire, ce n'est pas ici que nous devrions placer cette étude. Nous n'avons pas à parler d'un évêque de l'âge précédent, ayant
{. Carm. 6, 2, v. 97.
2, Carm. 3,18, v. 15.
3. Dynamius s'excuse dans sa préface, suivant la coutume, de la rusticité de son style (M 80, col. 33). L'ouvrage justifie cette précaution ; maisila le mérite d'être écrit dans une langue claire. Il est possible qu'il soit l’auteur des lettres prélentieuses signées de ce nom qu'on trouve dans les Epist. mer. et kar. aevi, [, p. 12%, 130. Dans ce cas il aurait quelque droit à être compté parmi les scholastict de l'époque.
4. Epist. mer. et kar. aevi, 127, 130, 134. Fortunat n'était pas le seul à l'admirer. Gogon (id., p. 130) retourne à son correspondant, Trasericus, les compliments que celui-ci lui avait, parait-il, adressés, Dans une autre de ses lettres (:d., p. 129) il annonce des vers qui malheureusement sont perdus.
5. Vita Radegundis (Fortunat, op. ped., p. 38) : « Quae puella inter alia opera, quae sexui ejJus congruebant, lilteris est erudita. »