PREMIÈRE SECTION
Il ne faut pas attendre que les élèves aient réussi , par un Jong exercice , à dessiner parfaitement les figures d’un tableau , pour les faire passer au suivant ; une imitation passable c^t tout ce qu’on en doit exiger. Les autres sections de l’ouvrage donneront les principes à suivi'e pour obtenir plus d’exactitude , et même l’exercice qui manque encore pour bien réussir. Dans la premièi-e section on n’a poyr but que d’exercer l’œil et d’assurer la main , et c’est pour cela qu’on a multiplié les figures géométriques.
• L’instituteur doit être muni de diverses sortes d’instrumens; le nombre de chacun dépendra ile l’étendue de la classe. Il sera donc pourvu ;
1“. D'ardoises fisses , c’cst-à-dii e, non striées de ces lignes parallèles , qu’on a coutume de tracer pour régler la hauteair'du caractère d’écriture. ‘ ,rn ■rji'î'
2". De taljLaaux noirs en bois , d'au moins MU mètre' de lai'gëiîr sur’sc))t décimètres de hauteur (3 pieds sur 2 |). Jjes élèves écriront sur ces tableaux avec du crayon blanc ; on fixe ces planches à la muraille , dans la pai'tie destinée aux demi - cercles, et à une hauteur qui permette aux enfans d’y atteindre facilement. Le bord inférieur du tableau doit être élevé au-dessus du sol d’environ six décimètres ( 2 pieds ). -r ' ii-
3". De tablettes de bois d’environ quarante-sept centimètres de hauteur sur trente-quatre de largeur ( 17 pouces 4 lignes, sur 12 pouces 6 lignes ), sur lesquelles on. colle les grandes planches gravées qui sont jointes à ce traité; ce .sont les modèles que les enfans doivent avoir, sous les yeux et copier sur le tableau noir. Quant aux deux dernières planches gravées et aux ligures insérées dans le texte, elles ne sont à l’usage que de l'instituteui- , pour) Ipi faire comprendre les opérations qu’il doit faire exécuter, et les explications qui s’y'^apportent. V).T- *■'
4". De (lÆii-m'etres divisés en décimètres et centimètres, et en formes de règles, ferrées aux bouts. Des mè-
très divisés sont cloués au liaut des tableaux noirs des trois premières classes, et sont sous les yeux des jeunes dessinateurs. Il serait plus économique de faire peindre • ces divisions sur le tableau même.
5®. De réglettes de Kutscli ayant deux ou trois décimètres, divisées en centimètres et millimètres; le maître les consei*ve dans les tiroirs , pour s’en servir au besoin , ainsi qu’il sera expliqué par la suite. .
6". De tablettes en bois, d’environ20centimètresdelongueur et 12 de largeur (7 pouces''-^ sur 4|), sur les([uelles on colle la série des coiumandemens que doit faire le maître. Celui-ci tient cette tablette dans la main , y lit telle phrase qu’il veut, et fait exécuter l’ordre qu’il donrfe. Ces comraandemens sont inscrits à la fin du livre, avec les n“*. des figures qui s’y rapportent.
7“. De grandes et petites équerres, qui servent à tracer des perpendiculaires où à vérifier si les angles qu’on a tracés sont droits : les grandes servent pour les exercices sur le tableau noir, les petites pour les dessins sur l’ardoise; les unes ont vingt-quatre centimètres sur trente environ ( 8 pouces ^ sur 11 ), les autres quinze centimètres sur quinze ( 5 pouces ^ sur 5 pouces ^).
8°. De grands et petits compas , en fer oo en bois , qui sont destinés à un usage semblable ; les uns ont environ trente centimètres de longueur , les autres douze (11 pouces ou 4 i).
9°. Enfin des rapporteurs , ou demi-cercles gradués.
Le maître doit se pénétrer cPaboi-d que toutes les parties de l’instruction du desiîsin se font dans l’ordre, et selon la méthode accoutumée dans son école : par exemple, s’il s’agit de l’enseignement mutuel , le maître , les moniteurs et les élèves sont tous à peu près aussi peu instruits en cet art , et cependant tous s’enseignent les uns les autres , sans donner aucun précepte et par la seule force de l’imitation. Le succès est dû plutôt au bon ordre et au
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ïèle qu’au savok- du maître , ce qui distingue surtout cette nouvelle méthode. . * .
L’euseignemeut du dessin s’y fait donc précisémeût comme celui de l’écriture et du calcul. Le moniteur lit sur la tablette un commandement , les élèves l’exécutent , et le moniteur corrige sans rien dire. Devant le tableau noir , l’enfant voit la figure , modèle qu’il doit imiter , et la correction est faite sur-lc<hamp pai- un autre enfant.
Dans les autres modes d’enseignement, le procédé est à peu près le même ; seulement c’est le maitrq qui commande et qui corrige, la note au bas de la page 19.
Ce n’est pas seulement la main de l’enfant qu’il faut exercer ; l’œil doit aussi acquérir la justesse, et la précision dans l’estimation des distances, la direction des lignes, la forme des contours : il y a autant de méiite à coiriger un trait , ou seulement à apercevoii* en quelle pai tie et com < ment il est défectueux , qu’à le tracer correctement. Le maître , ou le moniteur , apprend donc lui-même autant que les autres , ce qui n’arrive pas aussi bien en lecture • et en écriture, dans les écoles mutuelles, où l’on a remarqué que les moniteurs ne s’instruisent pas toujours en instruisant les autres.
D faut suivre deux procédés dilTérens selon que les élèves s’abstiennent ou se servent* des instrumens pour dessiner. Dans le premier cas , qui fait seul le sujet de la première section de l’ouvrage , les enfans ne se servent jamais de règle , d’équerre, ni de compas; et il faut que l’habitude su^Ii^c pour fohnei' ces ligures avec une cer- . tainc régularité. Ces instrumens né sont donc que dans les mains du maître ou des moniteurs, comme moyens de vérification ; on a l’expérience qu’à moins qu’un enfant soit totalement dépourvu de dispositions , il doit aniver à tracer des Sgnes droites, des cercles, des ellipses, et les diverses combinaisons de ces figures, avec , une correction suffisante dans beaucoup de circonstances.
Ce n’est pas qu’il manque de principes propres à guider l’élève dans les tracés qu’il fait , et' ce sera plus tard l’objet de notre attention ; mais , avant , il importe de tirer parti f des dispositions naturelles des enfans et de les livrer aux seules ressources de leur intelligence.
Il ne faut jamais que l’élève tourne son ardoise pour faciliter l’exécution de son tracé ; une des conséquences qu’on attend de son travail , est qu’il arrive à dessiner des traits dans toutes les positions , sans changer la place de l’ardoise ou du papier.
Il faut surtout que l’élève se familiarise avec les mesures métriques, soit linéaires, soit de capacité; l’œil doit être pour lui un réji^ulateur aussi certain que^s’il était armé d’un mètre ; il suffit de l’y habituer , pour que le sens de la vue devienne un guide presque. infaillible. Les instrumens gradués en 'décimètres , centimètres et millimètres ,
• mis pci’pétuellement sous ses yeux , doivent amiener à y résultat.
Dans l’autre procédé de dessin , on se sert des instrumens de géométrie ; nous avons exposé , dans la deuxième section, les règles du tracé des figures de nos cinq premiers tableaux : alors le maître exercera aussi ses disciples /à l’emploi de la règle , de l’équerre et du compas. Chaque fois qu’il s’agii'a de faire un dessin , il faudra que l’élève le b'ace d’abord , sans auti'e secours que la justesse de son coup d'œil , puis à l'aide des instrumens : il pourra de la sorte se cornger lui-même.
On a justement remarqué que l’écriture n’est qu’une espèce de dessin , présentant même des formes plus compo^ sées que celles de nos prèmiérs tableaux : il paraîtrait donc naturel de dessiner des traits simples , même avant que d’essayer ’^l’écrire. Mais comme l’exercice de l’écriture a' encore le but de montrer la lecture et l’orthographe, ob- ^ jets essmi^h. qu’il ne faut pas perdre de vue,^ il parait plus cd^^i^le de n’apprendre^, dessmer' qOe lorsqu’on
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sau déjà un pdu écrire. La remarque que noi^ faisons ici , n’est destinée qu’à faire comprendre qu’on peut même "former en classe de dessin des élèves intelUgens pris parmi ceux qui ne savent pas eneore écrire. ^
On se sert , en géométrie , d’une multitude de .mots , tels que diamitre , parallèle , rectangle, qui ont des acceptions précises = le maître doit les connaître", et nous aurons soin de les expliquer à mesure qu’on en aura be- ,soin. Mais U n’est pas absolument nécessaire de communiquer ces instructions aux enfans , telles qu’on va les développer. La forme des modèles et l’habitude de les imiter, suffit pour leur faire attacher à ces mots un sens précis, sans que, la plupart du temps, les explications soient utiles. Ne comprend-on pas bien ce que c’est qu’un rayon, un centre, un dngle , sam le secours des définitions ? L’usage rendra de même superflues presque toutes %s autres instructions. D’ailleurs, le propre de la méthode d’enseignement que nous exposons , est de ne recourir aux leçonà spéciales , aux préceptes théoriques ,"‘que dans des cas rares , et surtout pour les dernières sections de î'onwage. "■ . ; .
' Comme on fait dessiner les enfans ou sur un grand tableau noir , ou sur de petites ardoises , ces deux modes exigent une pratique diflérenté. Pour mieux faii-e concevoir la marche de l’enseignement dans les deux premières sections, n</us distinguerons ces deux modes de travail.
P'. Cas. Les élèves étant rangés devant le tableau.
Chaque élève tient un morceau de crayon blanc non taillé : c’est à lui de choisir les' pointes actuelles du bout du crayon pour tracer avec plus de netteté des lignes déliées. Seulement , dans les premiers jours , 'il faut un peu d’indulgence pour ce principe , afin de ne^gasfJjgndrc les traits trop informes , et^on permet de piller jLâ^^ypn en pointe grossière. L’enfant tldit tôùjouVs Venir sou crayon