POUR LE CATHOLICISME? M
empêcheront-ils Faiguille aimantée de tour- . lier vers le nord? De même, tous les prêtres de l'univers ne sauraient empêcher Tesprit de l'Église catholique de tourner vers l'absolutisme.
vérité de lu «Ituntiop.
Voyez donc, je vous prie, la difficulté particulière à votre situation. Que sert de se la cacher? Vous êtes restés, à pluisieurs égards, dans la. religion nationale , sur Fun des -échelons inférieurs du christianisinQ.
Vous voulez, dans Tordre politique, non seulement atteindre aux résultats les plus élevés de cette religion , mais la dépasser encore s'il est possible. Vous tenez par des liens que vous ne voulez ni ne pouvez
rompre, tout ensemble au système des Mérovingiens et au système des Conventionnels. Comment s'étonner si, avec ces deux tendances , la société semble se déchirer à chaque pas? C'est le supplice de Brunehaut.
Je ne suis pas inquiet de la transformation du pouvoir ni de celle de FÉtat ; pour cela il ne faut , après tout , qu'un vote dans une urne ; mais dites-moi qui transformera l'Église puisque personne n'y songe ; et si ce changement n'a pas lieu , que sont tous les autres?
Je crois m'apercevoir que vous ne voulez ni vous soumettre à votre Église, ni vous en affranchir. Impossible de savcw* clairement ce que vous croyez et ce qu« vous ne croyez pas* Cette situation mitoyenne a pu suffire dans lea temps ordinaires. Aujourd'hui on commence à en sentir l'embarras. Les termes éqnivoques, dans lesquels vous vous êtes arrêtés, sontun moyen de ne décourager jamais ni Ja liberté ni la servitude; puisque, dans une telle indécision sur le point le plus vital, la défaite de l'une n'est jamais si en-
102 VÉBITÉ DE LA StTUAttÔM.
tière qu'il ne lui reste des chances de triompher le lendemain.
Une chose Frappe au niilieu des symptôïliefe de tiotre tètfips , c est , quoi qu'ôft ert dise , là timidité d'esprit des deux pafts Sur le térraiii où nos pères ont déployé tarit de frahthisé 6t d'aiidace.
La coritrè-révolution pour se sauver n'a qu'un seulnabyeUi qui est dft i^econstituèibravement Tunité religieuse eh proscrivant tout autre Culte que le catholicisme. Elle n'a pas le coùtage de l'orthodoxie. La révolution ne peut s'afFérmir qu en s'émancipant de la tutelle du sacerdoce. Elle n a pas le courage de rhérésie. Ni la foi , ni la philosophie n'osent se mettre en présence.
L'ancienne société et là httuvdle cherchent encore je ne sais quel tefraiïl pour vidèf leUr querelle par une équivoque.
Je demande à la contre -révolution :
Pouvez-vous ramener la France, de gré ou dé force, àTuttité religieuse? Vous pourrez, dans ce cas, rect)nstituer l'oitlre politique tel (lue vous l'entendez. Je demande à la
VÉRltÉ BE LA SttUAtiÔtf. 141
révolution : Pouvez-vouâ émanciper là France du système des castes sacerdotales?
Vous pourrez, dans ce cas , la foii*è entrer satis retour dans b voie de la liberté tnoderne. Mais* si là cotatre-révolution et la révolution ne songent pas même à détrûifé, Tune le foyer de la révolution , Vautré le foyer de la contre-révolutioïi , il est évident que la France ne peut se promettre aucun développement normal, ni dansiin sens, ûi dans un autre, tnais une série de changements où le hasard, TittipréVu , la lèonti'adiction tiendront longtemps encore la phtè de la logique et de Feéprit de suite.
Jetez les yeux sur ce qui vous entouré.
Vous verrez que la questiôà religieuse ft*est posée nulle paH, qu'elle est tout au plus regardée comme un embarras sur lequel il feiut se tait'e. G*est la première fois que Thutnanité s'imagine faire tin grand pas décisif en négligeant derrière soi une question de ce genre. J admire qu en laissant le moyen âge debout et invulnérable, on se figure régler la sodeté de lavêhir, cnmrûè
iOli VÉRlTiî DE LA SITUATION.
si l'on écrivait sur une page toute blanche.
L'organisation Catholique étant , au moins en partie, le principe même de l'orga* nisation sociale de la France, il y a, depuis soixante ans , un fond de pouvoir absolu qui réparait sous toutes les combinaisons politiques. Le catholicisme combiné avec la gloire militaire a produit la servitude de Fempire, avec le droit divin la servitude de la restauration, avec le droit constitutionnel la servitude du dernier règne, avec le droit républicain la servitude des deux dernières années. Qui pourrait jurer qu'il ne verra pas le catholicisme se combiner dans une nouvelle servitude avec le socialisme?
Ceux qui traverseront cette dernière période pourront voir la terre promise du droit et de la liberté.
Un peuple se croit libre parce qu'il a échappé à la tutelle de la monarchie. Mais s'il reste sous la domination exclusive d'une caste sacerdotale, sa condition a-t-elle beaucoup changé? Il peut, à un moment donné , couvrir la terre de débris ; l'en-
fant prodigue peut dépenser en un jour son avenir d'un siècle. Dans 'un élan de vertu , il promet la liberté au inonde; mais il n est jamais bien sûr qu'il n'ira pas écraser ceux qu'il a promis d'affranchir. N'appelez pas ces changements inconstance, manque de parole... Il ne s'appartient pas ; ou du moins il est si bien accoutumé à le penser qu'il se figure n'avoir aucune responsabilité, même dans les oeuvres de sang qu'il consomme de son bras, après les avoir rendus inévitable»
par son suffrage*
Ce dernier joug est d'autant plus redoutable qu'on le sent moins, que l'habitude ihvétérée, une fausse honte, dont les nations sont capables autant que les individus , empêchent qu'on le reconnaisse. On emploie beaucoup d'esprit à nier un servage si ancien , c'est-à-dire à l'entretenir. Je voudrais démêler s'il y a en cela plus de légèreté, ou plus de crainte de découvrir sa blessure. Ce qu'il y a de certain , c'est que celui qui veut essayer de sonder cette
406 VÉRITÉ m LA SITUATION .
plaie est également importun au peuple et A ses maîtres.
Donnée moi le moyen d'asservir les bôiïi* ' lues ; intéressez leur amour*-propré h ûiér leur asservissement.
Pour régner sur eux , il n'est pas besoin de s'approprier en détail la liberté de chaque heure, comme font les gouvernements politiques. Régnez sur le berceau et sur la totnbe; vous tenez la chaîne par les deux bouts.
Les hommes ont voulu jusqu'à ce jou^^et continueront de vouloir naître, se marier et mourir suivant certains rites consacrés.
Quiconque pourra s'attribuer le monopole exclusif des rites des naissances, des mariages et des funérailles , celui là restera maître de l'existence humaine.
On s'obstine en France à confondre le christianisme avec le catholicisme , l'Église primitive avec l'Église du concile dé Trente, sans paraître se douter le moins du monde que c'est par l'Évangile que Luther et Calvin ont ruiné le catholicisme.
y^RlTt m LA SITUATION. 107
T^a liberté moderae, fille dç la réforme et de la philosophie , est doubletneat hérér tique. Ce&t à ce titre qu elle est inconciliable avec Torthodoxie roni^ipe»
On n a pas encore vu un grand peuple catholique entrer daps lalibertéfLa France tçnte la première ce chemin ; il est bien qu'elle sache qu'elle entre dans une voie d*oii personne n'est revenu vivdnt.
Quel a été le principe des république:»
catholiques qui ont eu quelque éclat dan^ le monde? Tâme de toutes,^ sans exçep* tidhf a été le terrorisme transporté du dogme dans FÉtat. Venise a vécu sur cette idée pendant douze cents an$. Il faut en dire autant de ï'iorence et des républiques lombardes et toscanes. Là , chaque parti vainqueur proscrivait en masse le parti opposé, jusqu'aux enfants de quatorze ans inclusivement. On vendait, à vil pri^c, les biens de cette population de proscrits.
Ainsi se dénouait toute lutte politique, sans que la liberté ait jamais pu s'établir autrement qu'au seul profit de^ vainqueurs. Lie
problème social ne se résolvait qu à la oondition d'éliminer tous les termes ennemis, à Florence^ par l'exil , à Venisfï, par la mort. Transporté dans le Nouveau-^Monde , le principe du terrorisme catholique^ appli-que à la République , a engendré le même système^ Le docteur Fr^ncia au Paraguay, Rosas à Buenos -Âyres, sont exactement ce qu étaient les seigneurs des républiques catholiques italiennes. Un Washington dans ces états serait uii monstre historique.
Je m'aperçois même que la liberté y est tellement contraire à la nature des choses, à la tradition , à Téducatioa des hommes , que le pouvoir qui la donne est infailliblement détruit par elle.
Dans les pays qui , par Teffet de leur éducation religieuse fondée sur la terreur , ont toujours mêlé un vif sentiment de peur à ridée dautorité , les révolutions rencontrent une difficulté particulière pour se constituer. L'ordre nouveau renonce-t-il à inspirer ce sentiment de crainte à ses adversaires? Accoutumés à ne respecter que
ce qu'ils craignent, le pouvoir nouvellfeniént établi tombe infailliblement dans leiJr m8pris. Si , au contraire, il reste armé, pour sa défende, on Facctise de n'avoir rien dlai^é au régime de Tancienne société; en sorte qu'il rencontre le double danger de périr sous le mépris de ses ennemis, s il leur pardonne, ou souà la contradiction, ;s'il les châtie.
Quelquefois, je cl-ains qile la déiriocratie ne jette pas lin regard assez profbnél sur liss mauvais côtés de Fâme humaine ; ses principes la conduisent à-fairedeslois pour Tâge d*or. Elle se désarme ;' elle laisse sa porte ouverte comme au temps do Saturne.
Ses adversaires louent cette ingénuité patriarchàle; plus tard , ils lui en font un devoir. Est-il bieii certain qu ils ne gardent, (Jans leur scSn * aucune dés armes île Tâge d'or et de bronzé? - "
irV a quelques rapports entre la situation du corps social dans la France 'au MX*" siècle, et dans ITtàlie au xvi«. Les tessorablances sont : profnièrement un menibre
HO VÉtiTtÉ DE hk SITUATION.
ampuié, la Doblessç ; di^u^roeinent la lutie ridicâle eatre I«e autres classes ; troisième* ment la blessure de deux invasions ; quatrièoaomeoSvUne même reiigioti qui, vieillie de deux siècles ^ fait peser sur la France des causes de décadence qui n'étaient pas toul.es développées au xm^ siècle.
Après k natiQoali^i^qiii manquait k Tlta^ lie, la plus graade dissemblance est cejlis-cft:
L'aris^i^tie financière italienne , pour lut^e^ c«ur^ \e peuple, a entrepris systér tnatiquepieg^t de Textirpef tant par le fer qu^; par" lexil. £Ue y a réui^i ; car elle était, à cet égar/1 , dans i»ne«poskioo bien préféraj^e à tout ce qui se veri^ dans les eoçibinais^iii^ di| l'uvei^* Le» républiques étant presque toujours renfermées dans une vill^, c était assç^. d!e|iler, de déporter quelques miJUers de qitoy^ns piwr changer le tempérament de J'Ëtat.
La France a lyen un auCr^ problème à résoudre avec If s trente millions d'hommes dont s^<;om|>ose chez elle le peuple maigre; et corpme nul ne peut songer à Textirper,
VÉRITÉ DE Lk SITUATION. 111
ceta perin0t de penser qu'il arrivera, éhez nouSf le dodtraire de ce qui s'est ?a en Italie, cfasf-'à'-dfre que le peuple gras doit toujours perdre et le peUple maigte toiijotirs gagner; à moios que la religion catholique ne réussisse à dominer; auquel cas, il est certain que Ton reverrait en France se reproduire ce qui s'est fait non seulement en Italie, mais en Espagne, en Portugal, en Irlande, en Pologne, dans rAmérique du Sud; cette religion, dans la forme où elle est aujourd'hui, ayan^ittie force absolument irrésistible pour éteindre les Etats et dissoudre les nationalités.
Telle est donc la condition particulière de la France. Jusqu'ici toutes les sociétés politiques se sont développées sur le plan d'une religion nationale. En marchant dans le plan de la sienne, la France devrait rentrer dans le moyen âge. Elle s'obstine néanmoins à marcher en avan(. Le sol religieux manque sous ses pas , et pourtant elle continue d'avancer. Sur quoi s'appuyer? Elle est la première nation qui , laissant sa reli-
112 VÉhlTÉ I)E LA SITUATION.
gion dans Jç passé, et n'en adoptent pas une nouvelle, se précipite léte baissée , dans lavenir, cowme Mentor du haut 4ti rocher daps les flots de l'Océan.
VBtm et l'individu.
En «e taisant sur la question religieuse , on a écarté la principale 4if&culté du problème social ; il en résulte que les solutions que Ton dpnne sont purement abstraites et que leur valeur pourrait bien s'évanouir le jour où il, faudrait les appUq|Lier.
C'est, par exemple, une grajode question si , dans une démocratie idéale., il est bon ou mauvais que FÉtqt subsiste. Quelle que puisse être la réponse que vous fassiez,
114 LÉTAT ET l'individu.
il est visible que, dans ces termes, vous ne résolvez rien pour la France.
La question qui regarde cette nation est celle*ci : Dans un pays régi religieusement par un corps sacerdotal, constitué en caste, est-il bon ou mauvais qu'une organisation telle que celle de Tét^t politique continue de subsister?
Évidemment cet élément de plus ou de moins, la caste sacerdotale , introduit dans la question, d^i nafoéifittr 1» rép«)ttise.
Vous proposez d'abolir FÉtat , pour afFranchir Tindividu. Soit. Mais, après cela, voyez, qu'avez- vous fait? En fiice de Findividu se dresse im-atltre étâbfisiseniÉnt, un corps impérissable, désormais sans Contre poids et qui accable tout ce qtn lï'eA pâ^ lui. Votts'Vottliez éîùàncipét les' p%i*srôniies ; vous lés mettez à la merci d^udé centrâft^ sation sans riv^e. Une seule twàsëe âtilb* siste ', l'Église ; elfe enveloppe tout le reste dans son ombre. Cùst, après' tout, un beau linceul pour un État et po<tr 6n peuple. *
Vous parlez d'y fetré eli tréf la révolu tion
l'état et l individu. 115
satts toucher a Torthodoxie ; xnaisv encore une fois, ce changement de diplomate, qui le fera , en restant Caaholique ? Est-ce- le peilpIe?'Dept]!s plus d'un millier d'années , ilést ekelirdû droit d'interv«fnir dans son gotiVeriiement spirituel ; et s'if Voulait ressaisir ce droit, il suffirait de là main levée d'un vieilkird pour écraser sous lanathème le^ téfbéfliires q[ui, ne sachantpas être indépendants, ne sauraient pas être orthodoxes.
Est-ce le clergé ? Maié lequel? L^nférieur?
il itia que le droit d'bbétr. Les évéques? ils sont les tnattrefi. Afiêadez-vous qi/Hs se démettent? Ceôt tloncelicofe une fois )ln pape que vous attendez Tabdicatiah . .^u* préme^ O cblmèi^e J E^énser que^ le catholicisme tout entier va changer de-figiine-, de hiérarehie, 'Jiar c^tryplstisance pour ses adversaires^, par désir de se mififeir lui-riiêine; et tout '6ela sans révolution dans le prln^^ cipe , dans le dogme , dans les cit>f ahces ! Se*figui*er quone niasse de téncfbres 'va, demain ou apx^s ,' devenir lumière sans quon ait même àTcdoulèi* de passer nn
116 LKTAT ET l!iNI>1VIDU»
moraeut; pour hérétique! Faire une réyolution reUgieuSre sans que personne s'en soucie ni s'en occupe! La chose est plus difficile que vous ne pensez. D^ institulions de ce gem-e se pétrifient; elles ne s'exhalent pas en fuipéte pour le plaisir, de leurs adversaires. ,
, L^Église re,stera donc; ex si ^yoys effacez l'État, ïa conséquence est délaisser Tindividu seul aux prises avec.une Caste partout présente ds|ns chaque tn^rahte du sacer»
doce ; ainsi jropârajitront des combinaisons de si^wage telles que, j'imagine, Tantiqaité u'eà a jii^ais connu; car lorsque chaque individu^pp^ntenattà une cas;^, il trouvait urc garantie dsois cette organisa* tion même, au lif a qu'il e&t djffiç^ltfd^ se figurer ce que detviélvidrait Tiadiviilu aux prises avec une eas(;^e saceisdqt^Ie lorsque la protection tle xops n'ç^^isterait pj«s pour personne* ^ »
Gomment ne pas voir, que l'organjsatioa de l'Église appelle par.ùutt logique nécessaire Torgonisation de rjîtat sons uimî
l'état ICT LINUlVipU. 117
fbnue quelconque! Celui -^i est devenu d auUiiu plus puissant et sa centralisation a été d autant plus forte qu il a dû faice équi:* libre à hiv^ organisation religieuse mieux étaUio. C'est 1» raison pour laquelle tous les payft régis ^ au point de vue religieux, par une caste sacerdotale , depuis trois siècles , ont eu des gouvernements laïques très £Drt$. En Allemagne» où Torganisation reli* gieuse était faible» lacentralisalion d« l'État a pu Téire aussi sans dan|[Qr. De mçflie en Angleterre à plus forjid raiso» en Amérique. «En France^ où le corps sacerdotal a été puissant, TËtat a dû être fortement oentralise ; en Espagne^ le seul moyen, pour TÉtat, d^échapper à Tabsolutisme théocratique a été de pratiquer cet absolutisme en son nom ; en Italie, où FÉtat n'a pu se centraliser, ce n^est pas l'individu qui a été affranchi , e'est TÉglise qui a dévoré TÉtat et l'individu.
Depuis la révolution de 18à8, le pouvoir central en France avant été afïaibli, on a vu s'accroître d'une façon prodigieuse le pou-
118 l'état et l'individu.
voir sacerdotal. Si le gouverneineiu eûi appartenu à une théocratie eatbéiiqtié ^ \eê résultats, pri9eu tnas^, eussent peu différé de ce qu ils sont en réaitté. Gftr dans ci^ ifitervalle le sacerdoce a fait la potitti|tie de la France au dehors et sa politique inté* rieure dans les plus importante^ de ^é lois.
Ceci me conduit à penser que resprit de Caste persistant dàn^ la religion , non sealetneAl FÉtat ne $fbm pa$ aboli ; mais apês nu intervalle de liberté, on pourrait bien voir se reforttier une servitude volontaire au nom de Tl^at.
ïïm ûémÊmwmMmf
Je me pose en théorie la question sui- V90|<^: Pour sauver la vieille SQciété et conjurer la victoire de lesprit nouveau , que feut-it faire^ D'après les principes énonces ci-^cssus , la nature des choses répondra
d'elle-même.
— Je vois de graqdes eajix qui montent.
Dites-moi où je me tournerai pour les fuir.
' — C'est Tesprit de Dieu qui passe sur les eaux, l'ourquoi trembler?
120 QUE FAUt-lL FAIRE
— Je ne sais , mais je tremble. Je veux fuir. Conseillez-moi.
— La vague grossit. Tout le terrain libéral appaitient à la révolution. Il faut donc quitter le libéralisme et se réfugier sur des hauteurs d'où il n a pas approché.
— C'est ce (pje nous avons fait. Nous ' livrons la révolution de 178^. Est-ce as^ez?
— Ce n'est rien. Efe flot vdus a déjà précédé.
— Où donc nous arrêterons-nous?
— Il n'est pas , depuis soixante ans , un moment, une date dont vous puissiez accepter les principes, sans un danger certain d'êti'e englouti* par eux*
— Nous reculons en plein xviii' siècle.
Est-ce assezf
— Y songez*vous? La philosophie vous envahit ; elle vous précipité de nouVeau dans le gouffre d'où vous sortez'.
' — Nous nous rallierons plus loin au cœur du xvn* siècle.
— Retraite illusoire; Ut société est déjà partagée.