‹ L'enseignement du peupleChapitre 23 sur 32 · LE CHAOS · texte numérisé non relu

LE CHAOS

Otonbeur! ôjoie! voilà bien mon empire ! Quel vertige ! quel tourbillon ! Fidèles sujets', ne vous séparez pas ! vous m*enîvrez de délices. Le mélange ténébreux des éléments dans la nuit matérielle oti naquit Cranus n'était rien auprès de cette nuit morale, intellectuelle, philosophique, religieuse , divine, confusion de l'esprit, volupté du chaos.

Répondez donc tine fois clairement à ceci : Sur quelle base repose l'enseignement laïque en France? Vous ne pouvez espérer ni grandeur, ni puissance, ni ordre, aussi longtemps que vous n'aurez pas tranché cette question. Dans la confusion établie entre la théologie sacerdotale et la science h umaine, qu*arrive-t-il ? L'instituteur laïque, en intervenant dans rÉglise, y fait entrer

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rhérésie. Le prêtre , en intervenant dans l'école, y fait entrer la servitude. Que fautil donc faire? Les séparer.

Quoi! le sacerdoce n aurait plus rien à faire dans les écoles ! il n aurait plus les yeux ouverts' sur les générations nouvelles ! quelle impiété! Je dis, moi, que c'est le seul moyen de respecter , tout ensemble , la liberté de conscience et la liberté des cultes.

La grande prétention du sacerdoce est qu il n a aucun besoin de Técole, tandis que celle-ci ne peut se passer de lui. Cela est-il vrai ? Examinons.

N'est-il pas incontestable que l'édifice entier de l'esprit humain, depuis sa première fondation jusqu'à son faîte , s'est accompli^ dans les temps modernes , en dehers du clergé ? Lors donc que tous voulez bâtir dans chaque homme l'édifice de l'humanité moderne, n est-il pas évident que vous n'avez nullement besoin de la main, ni du concours d'un clergé particulier? Comment ce qui s'est fait dans

réducatioD du gepre hii|D|)in , appuis ^pqi& sièclp§ , ne pourrait-il s'i^p^ippUf çt sp r^g-, liser aujourd'hui daps Véducapoi) de cl^aqiif; honinip pp parlicplier? Le dpv.elpppçp[|^nt de la société ciyile 9 est accpmpli en dphçrfi de r^gli^e cpTnpie ^i apcqqe • égUsp i)'(6^J e;fi#té dans )e p^ondç. Ppppqifpi doxif; fa^-^ dr§it- il qup f^ttre tri^difjpn dp la spci^té cir vil^, p^rfaiteipenlt ifldçpeDflaî^e du dpgfP?» ne pût être donnée, que spus Toeil et l'iijT, sp^ctipp fju âogwe?

I,a .^piepcg 3^^ ç^r^tHjJgj Igïj évicjgqpg, qui p'^ l)e§oip dH?q^3H ^>MÇ»» cl.erg^ppaf.

faire un tout complet. Elle ^ubsis^e pu»

eHp-rpjppe, jnçjiépepdantpftljbre, Ellp pst la rpljgiqp génér^Jg, }}pivpf§pî|p, ab^qj^^, Le dogipp particulier, epst lespfjt^p Sfictp.. fourq^pi faptril qpp ja çe|igipïl ^b^o^^ jpj| placée $ous Ij^ dépendance de rp$prj| d^ §pptp? Est-ce justp? est-ce ppssible?

Pu moips si rpn parlait séripuseip^nt de cppciljatjpp fij[\\re les église^ i^t I3. philo- §pphiel Mais cptte alliance, pp est-elle?

il» âdéfiâiélit , les tins el l6$ auèfés , toUtèâ leè garanties possibles au clergé, puisqu'ils sotit prêtres (1). illustres dans leurs pays, aitnéi(, populaires, persoiibe ne sémblâii mieàk préparé , poui* parler au nom des dëiiit puissances qu'il s'agissait d'accorder. Qti^êst-iil arrivé? Le pape û flétri leurs ouvrugeé coifime atliânt de blàêpbèiiieâ ; ii^ liilt jeté la ttiâlédiètidii sur leur phil0fi^ie< Ë^t^ce là <% qù^im appeHe cimcu liatiott ?

Vautre part, en Allemagne , là philosophie renversé rauthemicité des Ecritures.

Pas une page de lanicien ou du nouveau Testament q[ui soit restée à labri de cette critfqne. Faute de pouvoir lire les Ecritures dans leur langue originale , le clergé français n'a pu intervenir par un seul travail sérieux, dans une didcussion adssi solennelle, il est resté muet. Est-ce encore là de la conciliation?

Supposez qu'il n'y eût d'autre enseigne-

(t) Ce sont MM. âiobent, Rddtfiiiji, V«mura.

i<(S Qt7£tL£ Est Lk kAl&Oti DÊTAE

ment moral que celui qui est distribué au Dom des églises particulières ; j*ai montré que, dans ce cas, la société actuelle ne pourrait subsister telle qu elle est. Chacun suivant rigoi^reusement le principe exclusif déposé dans son église, il y aurait en France des sectes et point de nation. Le juif se-»

rait ramené au Ghetto !^t le protestant enfermé dans ses villes de sûreté; le catholique, acharné CQntre Yùn et co^tttre Taùtre, travaillerait à les faire entrer .dans son Église. Il suit de là que. }e principe dau* cune des sectes qui sont, reconnues par rÉtat n aurait pu, e«i.se^développant, produire la société fr^aiiçaise telle ,q;u'elle est aujourd'hui, all^Emeè pacifique de toutes les croyances;, de toutes les opinions, de toutes les sectes dans le sein d'une même nation.

C'est dire que c)iacunè de ces églises a l'autorité d'un systènie considérable, mais qu'aucune, d'elles n'est plus le principe vital de cette société. Pour qu'elle subsiste, il faut que l'esprit qui l'a faite continue de se répandre par 1 éducation» de génération en gêné-

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ratioa. Là est la raison d'être de renseignement laïque sans acception d'aucun dogme particulier.

Toutes les obj ectiôns iront se briser contre ce fait : Nulle église particulière n^étant Tâme delà France ^ renseignement qui doit répandre l'âme de cette société doit être indépetfdant de tonte église particulière.

Si le prêtre peut faire tout ce qœ fait rinstituteur » Cekû-ci est inutile. Mais, d autre part, si Fidistituteur enseigne une moralesociaie qu'il est impossible au prêtre d^enseigner sans apostasier, le premier e^t évidemment indépendant des dogmes du second ; car il e?ist absurde d'assujettir l'enseignement le plus universel au plus, étroit et d'enfenner le plus grand dans le plus petit.

Linstituteur n'e^t pas seulement le répétiteur du prêtre; il enseigne ce qu'aucun prêtre ne peut enseigner, l'alliance des églises dans une même société.

L'iostituteur a ud dogme plus universel que le prêtre, car il parle topt ensemble au

fit QÙBlit Est b* frAISOfl d'ÊTM

eMlWli^ne^ nti protestant, àU juif« et il h»

fait entrer dans la même eommwmiii civile.

L'instituteur doit dire : Vous êtes tous enfonts d'un même Dieu et d'une même patrie; tenea^rotis par la maiili jusqua la tnort. Le prêtre doit dire : Vous êtes las elr* fauts d'églises différentes; tiiais» parmi ces mères, il n'y en a qu'une qui soit légilitpe. Toué ceux qui ne lui a^pa^Hennent pas sont maudits; ib restèrent by^bdiiiSi Soyez (iotic séparés les lins dèà autres dftas le temps y puisque vous de^es l'être dans Féternité*' *

Croyez^ vous que ce $e'rait nn maUtam* irrépai*ab{e pour votre enfant de n^tre aissi à la vie oivilé dans uii sentiment de Ooftcorde 9 de paix, d'alliance avee tous ses frères? Le premier sourire qui- lui a été donné du cid, est-ce pour maudire? Faot^il que son premier bégaiement soit un anaihèii'e? — Maïs vous contraignez mon fils de n'avoir ni eolère ni exécration coûtre eeux qui ne pensent pas, ne erment pas,

»C t.II!«8U6HKM£JNT LAÏQUE? 11 (

Bft prient pas comaie moi. C'est Moe violidon de la liberté du pare d^ famille. *-^ Eh) que n* le disiez-vous plu$ tôt 1

Ainsi Théritage obligé de<i discordjBs ^ oMêt ce qu'ils appellent la liberté. ISe pa« être élevé dans la haine» ce$|: oppreMÎ0i|.

Imposer forcément à son fiU $niii e$pri|t de eolère et jdft malédictioQi e'est ce qu ils ap>* pellent leur drpiu .

Ai||nt «uxyjiodin disait déjà au x\i* siècle que tout était perdu depuis que la loi moderne avait ôté a^ cbef de famille le drpit de vie etde mort sur s^s enfants.

La société laïque possède aujourd*hui plus de justice que TÉglise. C'est la raison pouitjuoi son droit civil et politique s'est constitué indépendant du droit canon.

Lasociétélaïquepossèdeaujourd'huiplus de vérités que TÉglise. C'est la raison pour laquelle son eoseignemenf doit se constituer indépendamme.nt de Tinstf^ction cléricale.

La prétention des castes sacerdotalos a toujours été d'être seylj^s Çtapfiibleji de doii- Aer 9m fondement au)[ institutions civiles

172 QUELLE EST LA BÂtSON o'iTfiE

et politiques. Voyez-les partout où elles ont été maîtresses, chez les Indous, comme dans les États Romains. Tant quelles régnent, chaque détail de Tétat civil , l^admir nistration, la police même « sont çhpses sacrées; dans la théocratie de^ Moïse, le moindre règlement d'hygiène, dagricul* ture, émane de la sagesse d'en haut. Toute ordonnance du prêtre est d'institution di* vine; la pensée du ciel circule dans ^t Ifs corps des lois. .

Sitôt que la société laïque s affranchit du gouvernement sacerdotal, elle est censée rompre toute, relation avec Tordre éternel.

Ces mémçs lois qui auparavant étaient pleines de Dieu ne sont plus que des caprices du hasard. Cet état que Ton disait d'institution divine, depuis quil se passe du prêtre, on le proclame athée. Hier il était la sagesse éternelle, manifestée, écrite dans les lois. Aujourd'hui, cest un aveugle qui repousse son guide. Il ne sait rien , il ne voit rien. Séparé du prêtre, que lui reste -t-il à enseigner? Pas même la

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