‹ L'enseignement du peupleChapitre 32 sur 32 · DE LA DIRECTION MORALE · texte numérisé non relu

DE LA DIRECTION MORALE

lisme. Diaprés les principes é|abHs plus haut , je crois pouvoir le dire. Tous les peuples l'ont connu. Le socialisme est une religion qui s'incarne . dans les institutions civiles et politiques.

Quand le dogme de Brahma s est réalisé parles castes dans les institutions ci vUes, c'était le socialisme indien ;

Quand le dogme 4e Jéhova s'est réalisé par Tabolition dea castes dans les institutions de Moïse, c'était le socialisme^hébraï-

ue:

Quand les plébéiens osèrent demander

de participer à la religion des nobles « et

d avoir en conséquence le droit de former

comme eux des mariages et des familles

légitimes , ce fut le scandale de ranti*-

quité romaine , et le premier pas fait dans

le socialisme païen.

Quand le dogme du. Coran s'est réalisé par l'égalité radicale dans les institutions civiles des Arabes, c'était le socialisnte raahométan.

Quand le dogme de l'Eglise romaine s'est

réalisé dans les institutions par le servage, par la féodalité,* par la monarchie de droit divin . par Tabsolutisme , pdr rinquisition civile et po]jtique, c'était le socialisme catholique.

Aujourd'hui , le christianisme universel tend à se réaliser par la liberté, par Tégalité, par la fraternité, par la sanctification du travail, dans les institutions civiles ;c*est ce qui sappelle le socialisme dé Thumanité moderne.

Il y a des religions qui, dès leur apparition , se sont incarnées dans les institutions, par exemple le Coran. Toutes ses conséquences sociales ont été immédiatement réalisées chez les Arabes. Le socialisme malK)métan a été contemporain de Mahomet.

Il y a des religions , au contraire , dont Tidéal resté longtemps suspendu dans les cieux avant de pénétrer les choses humaines ; témoin le christianisme. Pendant dixhuit cents ans on Ta considéré comme un

idéal étranger à la terre.

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Quand uii idéal religieux se précipite du haut des dogmes dans les &its so^ ciaux , aucune puissance de la terre ne peut empêcher son travail ,de S accomplir. ' ' '

Voyez dans le centre du globe ce minéral se former d'après Ik loi géométrique dit polyèdre. Qui lui a enseigné cette loi dans les ténèbres? Qui la lui â rëviléé ? Pourtant il la suit aveuglément ; et *ïi6n^' seulement il y obéit,' mais aucune puissance au monde n'est capable de Tèntiiôtràirè- un mommit.

Que pourraient toui^ les; rois absoFtts potir empêcher cette loî de crfstàllisatîoù de s accomplir dans un coin qùel^nque de la nature? De même qui sera ^ssez fort pour empêcher là société nîéderne de s'ordonner sur le pltfn dé s<wâ idéal religieux ?

Voilà pourquoi on voit la démoerafe grandir par ses échecs autant> que par ses victoires, par ses fautes autant que par ses combinMSons les meilleures : eHe ne réussirait pas à se détruire quandmême elle y

serait tout occupée. L'homme ne peut plus rien à une telle ceuvre pour la contrarier.

Les défaillances., les craintes , les exaltations, les fautes, les haines, les sympathies, les menaces, les bons et les mauvais calculs » tout cela e8!it secondaire; quand les choses sont arrivées à ce point que le principe d'une religion commence à se répandre dans les faits, ou seuleoient quand ces questions sont posées, tout est décidé. Il n y a plus Ueu ni de craindre ni d espérer.

Ce que vous craigne:z et ce que vous espérez , .tenez4e déjà pour accompli ; il lest en effet !

S'il est vrai que quelques uns en soient anûvés là ^dfB croire que Imvasion de la France empêcherait la transformation qu ils craignent, je veux leur montrer «n un mot qu'ils sont aussi insensés que criminels^ Il y eut aussi dQS ^Romains qui se prirent à espérer àwas les Gotb$ » les Vandales , pour sauver le vieux monde. CeuK - ci arrivèrent; pas une pierre ne resta debout.

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De même il est certain que si Tinvasioiï russe, suspendue sur TOccklent , finis^ sait par s'y précipiter et S6 consomiÉier, pas une pierre de ki' société actuelle ne survivrait.

L'invasion de la France y c'est la disparition du système des nationalités. Celles-ci retranchées de l'humanité actuelle, qui peut dire ce qui en resterait? Otez la patrie, je vois disparaître la famille, et avec elle, jusqu'au dernier vestige du droit sur lequel le monde a vécu jusqu'ici. Le vainqueur disparaîtrait bientôt lui-même dans Ténor* mité de sa victoire.

Jusqu'à ce jour, ces deux idées , patrie, &mille, ont été corrélatives; la première n'a jamais disparu que la seconde n'ait été atteinte.

L'esclave, qui n a plus de patrie, n'a phis de famille.

O blasphème 1 Faut - il que ma plume écrive ces mots ! Si l'anéantissement de la patrie française pouvait se consommer

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jamais , tout serait englouti dans cette mort. Ce seraient vraiment alors les funérailles d'Achille; Tancien monde tout entier serait immolé sur ce tombeau 1

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