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produire? Mais il faudrait que cette situation fut prise hardiment , sans pei^re un seul jour , quaucuue càpituintion ne jpùt avoir lieB avec aucun des éléments du présent; il faudrait surtout un grand fonds de conBance de la part <le ceux qui font cet appel à la mort. Ot, si ce système répond à la première de ces conditions, il ne répond malheureusement pas ù la seconde. Au moment même oii son auteur le conseille à l'Europe , il avoue qu'il en croît la défaite inévitable (1) , quoi qu on fasse.
Tout bien Considéré, il ne s agît donc dans ce plan proposé pour lancienne société, que de disparaître avec plus d'éclat et de logique; ce qui doit naturellement conduire à rechercher s'il n'existe pas un * moyen plus sûr de vaincre la révolution.
Ce second système est celni dé la Russie.
(() M Tout anoonce une crise prochaioe et funeste, » un cataclysme comme jamais les hommes n*en ont n vu... Aujourd'hui, en Europe, toutes les voies ^ w même les plus opposées, conduisent à la perdition. » Diwours à U Chambre des députes d'Espa{înp.
Identifier le principe de 1 autorité religieuse avec celui derautoritépolftique, réunir dans la même tête le pape et l'empereur, séculariser TÉglise et la confondre avec TÉtat; joindre au fanatisme du prêtre ia toutepuissance du roi absolu, mettre par la réunion de ces deux légitimités dans la main du czar la plus grande concentration de force qui se soit encore montrée, et tournft cette double puissance contré la révolution française^ telle eèt la machine de guerre qui peut être opposée à la logique de la démocratie.
En face de ces deux systèmes, quel sera le nôtre, soit qu'ils se présentent tous deux ensemble, soit quils agissent isolément?
Dans le premier cas , à un catholicisme convaincu et logique qui marche tout armé opposerez-vous un catholicisme de convention, mutilé d'avance par la tolérance pour les autres cuites? Personne ne peut le soutenir. Si vous entrez dans la logique de votre adversaire, il faut accepter le catho-
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licisme tout entier avec ses déductions politiques; ce qui équivaut à b coBtrerévolution, sans nulle résistance de la part de la démocratie.
Dans le second cas, que ferez r voua?
Lorsque s'ébranlera le principe del'afiilorité russe fondé sur Tufiité de la religiûo nationale et delà souveraineté politique, an nom de quellie autorite morale 'Vous arinereâsvous? A là prétention de Tuniversalité de FÉglise rosse, répondre!^ vous parla même prétention de TÉgUse catholique?
Mais voyez ce qui vous menatie, si vous vous abritez derrière cette Église? Sur tous les grands cliamps de bataille, depuis. trois siècles, le principe catholique a été vaiocu ; au xv!*" siècle par la réformation dans la guerre de Trente ans, au xvni* par la philosophie dans les guerres de la Révolution française. U le serait infailliblement de nouveau par TÉglise rosse; car ôelle-ci, outre qu'elle se présente dans la Imte avec la même ambition d'orthodoxie, a fait divorcé avec le moyen âge.
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Si, pourmattriseràressord enthousiasme et de domination qui saisit peu à peu la race slave , la France se barricadait dans le système de TÉglise du moyen âge, nul ne peut douter du rësnkat. D*un côté, Tentrainement de toute une race d'hommes vers lavenir ; Tenlfaousiasme et le fanatisme de Tinconnu ; Tesprit moderne qui, chaque jour , sécularise TÉglise russe ; de l'autre , le moyen âge sans Ténergie de la foi ; la retraite {irécipitée , désordonnée de la Révolution française dans, le système gothique ; Timitation et la routine du passé ; ici le Czar , là Pie IX ; des deu,x parts la même accusation de schisme et d'hérésie; qui n avouera que dans cette situation sans vérité la France serait irrévocablement perdue ?
Au slavisme du czar opposer le latinisme du pape ; à la secte grecque , la secte romaine? Y songez-vous? La supériorité du système russe sur le système catholique, c'est qu il fait sa part à Tesprit moderne par l'abolition delà caste sacerdotale, et par
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IjdentiScation du pouvoir religieux et du pouvoir civil. La Russie a pri9 cette avance sur rOccident qu eliea détruit la caste dans la religion. Ce progrès seul oblige la France de s'élever d'ua degré nouveau dans 1 échelle sociale.
, Depuis iSûBy la France s'est donnée comme puissance sectaire ; elle s*est liée par une chaîne d airain aux destinées de la papauté romaine. Gomme ci^s Gaulois qui se succédaient à une place de bataille où ils étaient frappés de .mort Vun après l'au* tre 9 on a vu divers peuples frappés dans cette même position. D*abord» Tltalie a couvert de son corps la papauté, Tltalie a été effocée du rang des peuples. Plus tard, TEspagne a pris la place de Tltalie; l'Espagne a été brisée à son tour; alors , est venue la Pologne catholique, leméme coup Ta frappée. Aujourd'hui, la France prend, à Borne, la place encore chaude de ces cadavres de peuples ; elle accepte la même situation, elle Ta revendiquée par la force. C'est bien. Faibles patriotes que nous
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sotnmôs , {3ouFqaoi contrarier cette nation 31 elle veut ajouter son hécatombe à Thécaton>be de tant de peuples ?
J ai peur seulement que vous ne preniez pas assez ta mort au sérieux. Vous compte:^ sur vos doigts les peuples qui sont tombés à la même place et pour la même cause.
Vous mesurez exactement leurs tombes et vous dkes : C'est *mo\ qui ai fait celle-ci j elle est la plus profonde. 'Cette ïiutre n est que commencée , pour qui est-elle prépâ* rée? Je pourrais là combler; mais, après tout, qu'importe? ils renaîtront demain ou après-demain.
Prenez garde! c'est se consoler trop tôt.
Si Ton ôtaitainsi le sérieux à la mort sociale, quel peuple lutterait désormais avec acharnement, et sans capituler , pour défendre sa nationalité? li'histoire est moins cérémonieuse; elle retient pesamment dans le tombeau ceux qttelle ensevelit; et, par là, elle enseigne à ceux qui survivent encore, qu'ils aient à bien veiller sur eux-mêmes.
Je ne dis pas que les peuples catholiques ,
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terrassésaujourd'buiy ne puissent ressusciter plust^rd. Je l'espère, auoontraire. Je dis seuleiùent que cela ne s'est pas epcore va , qu aucun na pu renaître et refleurir; et j ajoute qu'il est ifnprudent de tant se fier aux ^omplaisiinces de la délaite.
Aujourd'hui la djémocratie n a contre elle en France qu'un rideau de contre^révolutÎQo sans système « sans unité, sans puis* sanca; d'où il isuit quelle est assurée de l'emporter , puisque ses adversaires n'ont pi) parvenir ^ mettre Jq pied sur un terrain solide. Dégagé de toute inquiétude à eot égard, sa grande préoccupation doit être de se préparer à' régner.
En face d'un principe gothique, elle peut impunément chercher sa bannière; mai^, le lendemain de son avénecnent > il finit qu'elle soit formée d avance ; qar elle trouvera, en face d'elle , un système vér itaUir et tout armé de contre^révolution.. Ce aéra le système russe. Là, commencera véritablement le combat.
Qui ne voit par là que, pour résister à la
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menace toujours pendante de lorthodoxie universelle et russe, la nationalité française aura besoin , dans le péril , de se réfugier dans une orthodoxie plus universelle que celle de rÉglise grecque et de FÉgUse romaine, c'est-à-dire qu elle ne potirra vain* cre qu à la condition de sortir de tout esprit de secte 9 de déployer une . bannière , acceptée à la fois par le Latin , le Grec, rÂllemand, le Slave, c'est-à-dire par Thumauitéméme?
Ainsi se retrouve en terminant, la quea* tion par laquelle j ai commencé : Qu est-ce qu'une religion? Coioibrmément à tout ce qui précède , je réponde : c'est Tidéal vers lequel tend une nation et quelle réalise de plus en plus dans ses institutions civiles; c'est la substance dont vivent les générations diverses d'une même race d'hommes.
Un peuplé qui perdrait l'idée de Dieu, perdrait par là même tout idéal. Je ne m'explique pas sur quoi il pourrait continuer à orienter sa marche.
Il est plus difficile que l'on ne croit de
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découvrir oe que Ton appelle rathéisme ; il n'a pu se développer ni se réaliser sur aucune échelle sociale dans le passé.
Je crois qu un peuple rédieinent athée ^ c est-à-dire privé de toute relation avec hi vie universelle , périrait par la famine morale> Gotnipe-un peuple qui s'enfoncerait trop avant daas le désert y périrait de soif(l).
Toutefois y le monde ne fera plus de révolutions religieuses dans l'ancien sens du mot. Pourquoi cela? Il n'en a plus besoin.
Chacun aconquid la liberté du vote intérieur dans la cité divine. A quoi bon désormais une émeute dans l'infini?
Après la réformation t^ui de chaque homme a fait un papey l'idée de soumettre la conscience religieuse à une autorité extérieure, c'est-*à^dire à un sacerdoce, ne peut
(i) On remarquait l'autre jour que les peuples sauvnQes d'Amérique meurent avec leurs fétiches, si, après avoir cessé de croire en eux, ils ne peuvent les reriiplacer par un idéal supérieur. Ceci est vrai de tous les peuples^ et des policés encore plus que dessanvaçes.
plus émouvoir rbuuianité. Voilà pourquoi aucun mouvement ne se produira plus parmi les hommes pour substituer à un clergé ancien un clergé nouveau.
Dans les< pays oatholique^ , lorsqu on cesse de croire, on lie. cesse pas pour cela dé regretter 1 autorisé qui pesait sur la conscience. Les plus affranchis croient long-^ temps que c est une condition anormale que ce droit de chacun substitué au principe de lancieiine autorité. Par la longue habitude d'une conscience en tutelle, on ap* pelle désordre, la nédéssicé où chacun se trouve de se diriger lui - même dans le monde religieux et moral. Il arrive ainsi que la ]iberté.de conscience nest accep* tée que comme un pis-aller. Les hommes qui ne croient plus attendent impatiemment quil se forme un nouveau système auquel ils soient contraints d'obéir et qui les débarrasse du fardeau de leur liberté ; car ils la considèrent comme une transition entre deux autorités également indiscutables, celle du passé dont ils ne
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veulent piu9 e| celle de laveiiir qu'iU implorent*
Les enfants qui oommeneem à marcher croient aussi ne pouvoir m paasur de la Hsière« Ils la regrettent, ila la redemandent en pleurant. Voua la leur r^fiisez^; peu à peu ils apprennent k se tenir debout*
Vous voulez bien, dites*vous, aeœpter d^étfe libres > juaqu au moment o^ le vrai système d antorké religieuse sera décpuvert. Chacun alor3> ajo^teiB-vous^^^r^ tenu . à^ soumettre sa canseie^e à cçtj^ SUbUme orthodoxie. Glestrà-dii^âppare^inieni qu Câpres s être affranchi du ^ath^lii^isine» on tient en-réserve les t^naille^ et )es,b9Achers pour le moment où seva déoouv^t Iç t^tholici&me nouveau* Vaine illuaioji d*un 6ouve|iir! Vous éte9 libres et le reiiterez, malgré vous. Nul ne.pinirra vous remplacer désormais dans le gauvernement de votre conscience. Vous êtes responsables » vous redemandez vos chaînes? Elles sont rompues.
O le curieux spectacle que tant d'esprits
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étonnes de n éire plus en esclavage ! Us se retournent, ils voudraient au moins empor*ter leurs têts pour s'en accommoder à la prochaiile oGcasion. Mats non l La liberté intérieure a été proclamée jusqu'au fond des abtmes! Les esprits sont libres ; ils redemafident d*étre remia en tutelle ^ ib. ne l'obtiendront pas.
Ceiteâ, il t'était (Soaiinode d'avoir une autorité qui pensait , priait pour toi. Déjà tu voudrais t'en reformer une autre pour lui donner en dépôt ta penséie , ta conscience; va! nul ici* bas, que toi-même, n'aura plus la responsabilité de ton cœur.
Porte-le jusqu'au bout sans fléchir.
Après dix-huit cents ans de servage, voilà l*bomme bien embarrassé de se trou ver rot absolu du monde spirituel. Déjà^ il songe à abdiquer et à prendre la tonsure. C'est en vain ! II est forcé 4'étre lil)re. l^chatné sur le trôiie des esprits , il est contraint de régner.
On demande ce que c'est qne le socia-