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TUEORIE POSITIVISTE DE L'^DUCATION

tions qu'il tranchait et qu'un caract^re si desint6ress6 ne fut pas averti par ses propres sentiments, moraux malgre lui, de Fimmorale faussete de ses idees. C'est la condition du mat^rialisme math^maticien. Je ne tentai m^me pas de discuter avec M. Comte, sa sinc^rit^, son d^vouement et son aveuglement m'inspiraient cette estime tacite qui se r^fugie dans le silence* ». Bizarres antitheses : modestie evidente, orgueil prodigieux ; esprit vigoureux, penseurnaif; sentiments moraux, id6es immorales. Aujourd'hui, le vulgaire de nos pedagogues n'a pas meme, pour Comte, cette estime tacite qui se r^fugie dans le silence : on Tignore ou on la d6nigre ; et on fait commun^ment les deux a la fois, pour s'epargner de lire les ouvrages compacts du fondateur du positivisme. Les eloges de Guizot sont mdrites. Des deux critiques qu'il formule, la premiere est d'une psychologic superficielle, lasecondeconstitueTundesplusregrettablescontre-sens philosophiques, une des injustices les plus persistantes et les mieux enracin^es de noire siecle. Orgueilleux, oui cerles Comte Tetait ; mais on a fait le m^me reproche a Descartes et, comment un reformateur, un r^novateur aurait-il le courage de rompre avec les traditions et I'energie r^volulionnaire que reclame son entreprise, s'il n'avait au coeur cet orgueil qui n'est que la foi a son g^nie ou plutot la foi au g^nie humain. Le grand

1. Guizot. Memoires pour servir a Vhisloire de mon temps ^ tome HI, p. 126.

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( lomeille disait ^implement : " Je sais ce que je vaux et crois ce qu'on m'en dil. » L'accusation de r^duirc loute sfiiynce anx malh^matiquea et toute existence k la mali^re est aussi juste que l'accusation qu'on a longtemps adress^e au plus dogmalique des moralJstes, k Kant, du n'^lre qu'un sceptique d(?guisd. II faut rfitablir d'abord hi v^rit6 des fails, car, si Ton omet celte precaution, les t'riprits prevenus ne manqueront pas d'user du proc^d^ I'Dniniodcdu marquis deMolidre: tartea lacrfeme, «mal<'^rialisme math^maticien, » ccia ri^pond a tout et dispiMise a la fois d'admirer et dc disculer.

On ne relit jamais les Mtldiiations du Bescaries sans (Hru tente d'appliquer a leur auteur ce qu'il dit de son liieu, " d'admirer et d'adorer I 'incomparable bcaut6 de iotle immense lumifere', » Une des raisons de placer trcs haut Ic g^nie m6connu et calomni^, surtout en [■'ranee, du fondateur du positJvisme c'est qu'il a r^ussi, lion sans doute k ^galer le g^nie de Descartes, mais a I'orapl^ter, acouronner I'oeuvre de son devancier sans marcher sur ses traces et mfime en suivant une voie liiametralement oppos^e. On comparerail volon tiers leur (I'uvre commune au percement d'un tunnel : deux ^quipcs (i'ouvriers attaquent simuUan(?ment les tiancs opposi^s ill? la montagne qui semble les si5parer a jamais : ils ileblaient le sable, ils creusent le roc et le moment ar-

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