‹ L'enseignement intégralChapitre 24 sur 90 · TUEORIE POSITIVISTE DE L^EDUCATION · texte numérisé non relu

TUEORIE POSITIVISTE DE L^EDUCATION

rive oil, sdparesseulement par ime mince cloison, il suffit de quelques coups de pic oil de mine pour qu'ils se rencontrent, se reconnaissent et fraternisent dans I'alldgresse de Toeuvre accomplie. Si Descartes s'enfonce dans les profondeurs de V&me humaine, c'est pour mettre a nu, par Tanalyse, les principes gen6rateurs des sciences ; Comte s'engage dans le d^dale en apparence iniini des sciences, mais pour retrouver finalement les principes d'oii elles procMent. En Education leur accord sera parfait et leur mot d'ordre identique : culture de Tesprit qui engendre toute science, effort personnel qui rend tout esprit f6cond. Ajoutez : mdthode naturelle et savante a la fois pour ramener le complexe au simple, rinconnu au connu. C'est avec une petite pointe de diamant qu'on perce aujourd'hui les rochers, et c'est aussi avec une autre pointe de diamant, la m^thode, trouv6e directeraent dans Tesprit qui la recMe, ou recueillie dans les sciences qui Tenveloppent comme d'une gangue, que Ton percera la montagne des ten^bres, la barri^re d'ignorances qui emp^che le commerce f^cond des esprits.

II faut d'abord rayer de Thistoire de la philosophic cette proposition consacr6e : Comle rdduit aux mathdmatiques la science et la philosophic tout enti^re. Ce n'est pas aux mathdmatiqucs, c'est a la sociologie, c'est h la morale qu'appartient, selon Comte, « la suprematie scientifique, la pr^sidence philosophique, runiverselle

domination. » Chaque fois que I'auteur du Cours de philosophie positive passe d'une science inf^rieure a une science superieure, c'est-k-dire six fois dans tout I'ouvrage, il prend soin de noter « rimmense accroissement nouveau » que regoit la pens6e et c'est m^me, dit M. F. Ravaisson, son principal titre au nom de philosophe que d'avoir, mieux que tout autre, mis en lumi^re rimpossibilit6 radicale de Texplication niat^rialiste du sup^rieur par Tinf^rieur. Rappelons une seule de ces declarations six fois r^p^t^es avec une grande abondance de ddveloppements et d'arguments : « En passant des etudes inorganiques aux etudes purement biologiques on sent avec une 6nergique Evidence que Texistence mat^rielle 6prouve alors un immense accroissement nouveau, tr^s sup^rieur aux deux degrds essentiels d'extension successive qu'elle avait d6ja regus en s'elevant d'abord du simple dtat mathematique ou astronomique a Tdtat physique proprement dit, et m^me de celui-ci a Tetat chimique^ » On pourrait traduire sa pensee sous cette forme : Sociologie, d^fie-toi de la biologie ! ou, d'une mani^re plus generale : Philosophes et savants, d^fiez-vous des math6matiques ! parce que le m6me conseil est donnd a la biologic de « s'affranchir de I'irrationnelle invasion des diverses sciences inorganiques » et qu'en redescendant jusqu'a sa base la serie

1. CoQite. Coiirs de philosophie positive, I. VI. Conclusion gen6rale. — Cf, nps Principes de philosophie scientifique et morale^ liv. I chap. u.

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des sciences, on aboutit k cette conclusion qu'elles doiventtoutes, en s'aidant des mathematiques, s'affranchir sysldmatiquement de leur « irrationnelle invasion ».

Comment dfes lors ne pas protester contre cette interpretation du comtisme qui est promulguee comme article de foi dans la plupart de nos livres classiques : « Comme il n'y a qu*une esp^^ce de ph6nom^nes, dit M. Elie Rabier, il n'y aurait qu*une esp^ce de science, la math^matique, h divers degr^s de complication, hk est la premiere erreur de Comte ; il a conclu a tort, de ce que I'inferieur est une condition n^cessaire du sup^rieur qu'il en est la condition suffisante et to tale ; et, de ce que les phenom^nes ont entre eux des rapports etroits de d^pendance, qu'ils sont radicalement identiques*. » S'il y avail en France, comme il y a en AngleteiTe, une association d'^tudiants se donnant pour but Tdtude des oeuvres d'Auguste Comte, ils seraient bien dtonn^s de trouver qu'il faut prendre justement le contrepied de ce jugement. Ou cette interpretation ou la notre est en effet aux antipodes de la v^rit^: la notre est appuy6e sur des textes qu'on pent multiplier a Tinfini sans sortir du Cotirs de philosophic positive, sans rien emprunterau Systeme de politique positive, en d'autres termes, en s'en tenant a la premiere philosophic

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