‹ L'enseignement manuel de l'enfant dans l'école primaire [microforme]Chapitre 4 sur 31 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

CONGRÈS INTERNATIONAL D’INSTITUTEURS AU HAVRE.—(/in).

Après avoir discuté et voté l'introduction de l’enséignement manuel de l’enfant dans l’école primaire, le congrès international du Havre eut à résoudre les questions suivantes :

‘ En quoi consistera cet enseignement ? Quels en seront l’objet et le caractère et dans quelle mesure devra-t-on tenir compte des besoins de la région et des industries locales ? ”

Le rapporteur, M. R. Leblanc avait, dans son rapport, répondu à ces questions, et nous avons déjà donné le résumé de sa réponse.

Devant le congrès, M. R. Leblanc fournit quelques explications complémentaires d’après lesquelles l'enseignement doit être le même à l’école urbaine et à l’école rurale, cet enseignement, à l’école primaire, devant être considéré comme un moyen pédagogique. 3

D’après les programmes officiels, dit M. Leblanc, “les exercices i manuels comprennent: lo. pour le cours élémentaire, une sorte î

d'extension de la méthode Frœbel; 20. pour le cours moyen, une série d'exercices relatifs au croquis, dessin en général, exécution de quelques parties principales au moyen de matières telles que le papier, le carton, le plâtre, etc.”

Pour les élèves arrivés au cours supérieur, on continuera les exercices du cours moyen en les complétant par des travaux spé- ï ciaux, dans lesquels on donnera la prépondérance à ce qui se rap- à porte aux besoins locaux. Alors on pourra dire avec raison : ‘ L'atelier à l’école urbaine, le jardin où le champ d'expérience à l'école rurale.”

Le congrès, après discussion, adopta la résolution suivante qui répondait à la deuxième question :

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Vint ensuite la discussion de la troisième question posée au congrès.

‘A qui l’enseignement manuel sera-t-il confié, à l'institateur luimême ou à des maîtres étrangers à l’école ? ”

Dans ce congrès composé de tant d'instituteurs d’âges différents, d’aptitudes diverses ; les uns aspirant au progrès, les autres voulant s’en tonir aux anciennes méthodes, los opinions devaient sensiblement différer sur cette question. Les partisans de la routine 8’0pposèrent à ce que l’instituteur fut chargé de l'enseignement manuel.

M. Chanial, instituteur en France, voulait que l’ensoignement manuel fut donné par des ouvriers et non par les instituteurs; “ ce n’est pas leur place, disait-il, car si les instituteurs deviennent des ouvriers, ils oublieront leurs devoirs d’instituteurs.” Il serait impossible d’ailleurs à des instituteurs déjà £gés de donner cet enseiseignement, car à leur âge, ils ne pourraient pas apprendre ce qu'ils devraient montrer aux enfants.

M. Chanial combattait donc formellement l'enseignement du travail manuel par l’instituteur.

M. Dousselin, instituteur à Poitiers, prétendait que cet enseignement ne pourrait avoir de bons résultats qu’autant que l'instituteur y serait aussi compétent que dans les autres matières, ‘ Comment, disait-il, voulez-vous que moi qui n'ai jamais touché un outil, je puisse m'ériger en maître-ouvrier près d'enfants qui voient tous les Jours manier avec habileté les outils propres au métier de leurs parents ?” Il concluait donc à ce que l’enseignement manuel ne fut donné dans l’école que lorsque l'instituteur l'aurait appris.

Les partisans de l’enseignement manuel donné par l'instituteur étaient en majorité et les raisons qu'ils donnèrent portèrent la conviction dans l'assemblée.

D'ailleurs, comme le fit remarquer M. Goret, instituteur à Paris, ils ne demandaient pas que le travail manuel fut enseigné de suite par les instituteurs; ils demandaient à faire admettre le principe, sauf à voir plus tard les moyens à prendre pour l'appliquer, Puis M. Goret prouvait que l’enseignement manuel ne peut être donné que par l'instituteur. “Car, disait-il, il faut qu'on fasse étudier à l'enfant les propriétés des corps qu’il va mettre en œuvre; que pour les mieux connaître on lui fasse dessiner les principaux outils qui Jui serviront à transformer la matière; qu'on l'oblige à se rendre compte par approximation et par le calcul des dimensions de la surface dn volume, du poids, de la valeur des matériaux employés et des objets fabriqués. Il faut, en un mot- que l'atelier scolaire soit une sorte de liboratoire dans lequel on mettra en pratique les leçons forcément cn .oriques de la classe. Ainsi compris le travail manuel devient le complément nécessaire des études, et comme tel

de tous les cantons de la Suisse, de vacances, et, pendant ce temps vail de 6 heures du matin à 7 he heures des repas.

soixantaine environ d'instituteurs

exige un savoir, des aptitudes péda Ogiques qu'on ne peut rencontrer chez l’ouvrier même le plus habile; on fera plutôt de l'instituteur un ouvrier, que de l'ouvrier un instituteur”

L'âge de l’instituteuz, selon M. Seidel, instituteur en Juisse, ne l'empêckera pas de s'instruire dans le t

r'avail manuel, ‘ L'oxpé.

rience a prouvé le contraire on Allemagne où on a vu des maîtres d'école à cheveux blancs qui ont appri

maines” Ce qui so passe à Berne montre

cet enseignement doit être donné par

bref délaï, car dans les Pays où cet enseignement est établi, il n’est donné absolument que par des instituteurs, Ainsi, en Suède, il ya pins de six cents écoles rurales où urbaines, dont los instituteurs ont assisté aux cours normaux de Nüüs, ‘ L'enseignement manuel est donné exclusivement, en Suède, par l'instituteur, et on n'établit cet enseignement dans les écoles nouvelles que lorsqu'on a un insti. tuteur préparé pour l'enseigner lui-même.”

Après ces Observations de M. Salicis, le Congrès eut à voter sur la résolution suivante :

“ L'enseignement du travail manuel sera donné soit directement par l’instituteur, soit Provisoirement, sous sa direction, par des ouvriers qui présenteront toutes les garanties désirables de capacité, de moralité et de tenue.”

Cette résolution fut aussi adoptée à une grande majorité,

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