‹ L'enseignement obligatoire [microforme]Chapitre 10 sur 27 · DEUX POUVOIRS · texte numérisé non relu

DEUX POUVOIRS

Mais, comme la matière de l'éducation n’est pas de sa compétence, il lui faut alors subordonner son intervention, non pas à la majorité des pères de famille, —car, en cette matière, l’autorité de chacun est souveraine, et le droit de chacun est aussi sacré que le droit de la majorité, — mais au droit des parents interprété par la seule autorité qui domine les consciences, celle de. Dieu, représentée par l'Église. En réalité l'instruction est inséparable de l’éducation.

Nous, catholiques, nous n’allons pas jusqu’à soumettre le pouvoir temporel au pouvoir spirituel, quoi qu’on en dise. Au contraire, nous reconnaissons, avec Léon XIII, l’indépendance des deux pouvoirs.

“ Dieu, dit-il, a divisé le gouvernement du genre humain entre deux “puissances : la puissance ecclésiastique et la puissance civile ; celle-lA “ préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune ‘* d’elles, en son genre, est souveraine, chacune est renfermée dans des limi- ‘tes parfaitement déterminées et tracées en conformité de sa nature et de “son but spécial. Il y a donc comme une sphère circonscrite dans la quelle ‘‘ chacune exerce son action jure proprio.”

Et pourtant nous savons qu'il se produit des conflits entre l'autorité religieuse et l'autorité civile, conflits dont le

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règlement offre de grandes difficultés. Aussi, le Saint- Père ajoute-t-il :

“Toutefois, leur autorité s’exerçant sur les mêmes sujets, il peut arriver ‘‘ qu’une seule et même chose, bien qu'à un titre différent, mais pourtant ‘une seule et même chose, ressortisse à la juridiction et au jugement de l’une et de l’autre puissance. Il était donc digne de la sage providence ‘‘ de Dieu qui les a établies toutes les deux, de leur tracer leur voie et leurs ‘rapports entre elles. ‘“ Les Puissances qui sont, ont été disposées par “Dieu”. S'ilen était autrement, il naîtrait souvent des causes de funestes ‘ contentions et de conflits, et souvent l’homme devrait hésiter perplexe, ‘comme en face d’une double voie, ne sachant que faire, par suite des ‘ ordres contraires de deux puissances dont il ne peut en conscience se- ‘“ couer le joug...

“* Il est donc nécessaire qu'il y ait entre les deux puissances un système ‘ de rapports bien ordonné, non sans analogie avec celui qui, dans l’homme, “ constitue l’union de l’âme et du corps.”

“On ne peut se faire une juste idée de la nature et de la force de ces ‘* rapports qu’en considérant, comme nous l’avons dit, la nature de chacune ‘‘ des deux puissances et en tenant compte de l’excellence et de la noblesse “ de leurs buts, puisque l’une a pur fin prochaine et spéciale de s’occuper ‘‘ des intérêts terrestres, et l’autre de procurer les biens célestes et éternels.

“Ainsi, tout ce qui, dans les choses humaines, est sacré à un titre quel- ‘ conque, tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit ‘‘ par sa nature, soit par rapport à son but, tout cela est du ressort de ‘ l'autorité de l’Église.” — ( neige Immortale Dei.)

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