SON DEVOIR
Mais, au nom de l’enfant lui-même sacrifié à l’égoisme du père, au nom de celui envers qui la famille ne remplit pas sa fonction, on demande d'intervenir. Laisserons-nous dans l'ignorance l'enfant que le père lui-même refuse de faire instruire, et qu'y a-t-il de subversif dans la proposition de venir au secours de l’enfant par la coercition exercée en sa faveur ? On ajoutera que nous ne sommes plus au temps où l’on pouvait se contenter de la condition générale, alors que les gens instruits étaient rares. Aujourd’hui, l’ignorant est dans un état d’infériorité relativement au grand nombre. On cite des cas déplorables de négligence des parents, et l’on a vite fait de créer une atmosphère sympathique à l’école obligatoire.
Le droit du père sur son enfant n’est pas un bien dont il peut disposer, comme d’un droit de propriété. C’est le caractère propre de ces droits de famille qu'ils n’existent pas dans l’intérêt de celui qui les possède, Ainsi le droit du père s'exerce en faveur de l'enfant. C’est un devoir en même temps qu’un droit. Quelle est donc la nature et l'étendue de ce devoir ?
Le père doit à son enfant la nourriture, et cette obligation de droit naturel est sanctionnée par des prescriptions du droit criminel contre les parents coupables. Dans les cas extrêmes, ils sont traités à l’égal du meurtrier.
Cependant, cette loi n’est que répressive ; elle ne contient aucune disposition enjoignant tel genre de nourriture ni telle qualité de régime. Personne n’est astreint à donner à ses enfants un autre genre de vie que celui de la famille.