‹ L'enseignement obligatoire [microforme]Chapitre 13 sur 27 · NE PAS CONFONDRE L'ÉDUCATION AVEC L'INSTRUCTION · texte numérisé non relu

NE PAS CONFONDRE L'ÉDUCATION AVEC L'INSTRUCTION

Quant à l’éducation, la loi, jusqu’à ce jour, l’a envisagée de la même manière : elle suppose que le père traite ses enfants suivant sa condition. En pratique, on voit que le père traite mieux son enfant qu'il n’a été traité lui-même. Il veut lui épargner les misères qu’il a lui-même endurées.

Et de

Mais l’instruction est nécessaire. L'’ignorance complète est même un vrai danger moral. Il faut l'éducation morale, c'e t-à-dire religieuse, puisqu'il n’y a pas de morale en dehors de la religion. Voilà la chose nécessaire. Voilà ce que chaque enfant doit savoir : vérités primordiales, celles qu’il n’est pas permis de lui refuser, celles auxquelles l’enfant a droit, celles qui lui permettent de passer la vie dans l’accomplissement du devoir nécessaire à soi et aux autres.

L'État n’a pas attendu que l’on eût pourvu à ces impérieuses nécessités pour punir l’enfant coupable de les ignorer. L'État n’a pas cherché autre chose que la sécurité et la prospérité matérielle, et c’est en grande partie sa mission.

L'État qui ne peut pas exister sans la morale, punit le crime : il n’enseigne pas la vertu.

Est-ce cet enseignement nécessaire et primordial, dû à l'enfant, que l’on demande ? Est-ce pour cet objet nécessaire que l’on veut sacrifier l’autorité des parents ?

On me répondra : C’est précisément cet enseignement religieux que vous déclarez hors de notre compétence. Nous n’y pouvonsrien. La religion y pourvoit.

— Oui, la religion y pourvoit ; mais même pour cet intérêt supérieur, l’Église, malgré son zèle pour le salut des hommes, respecte le foyer domestique et enjoint de ne pas enseigner à l’enfant de ceux qui ne partagent pas sa foi une religion différente de celle de leurs parents. ‘“ C’est ‘ d’après leur disposition, dit saint Thomas, qu’il faut en ‘‘ agir avec lui, même en ce qui regarde les choses divines.”(1)

Ainsi, le droit du père de famille est si absolu que, même pour ce qui regarde le salut de son âme, l’Église recule devant le sanctuaire domestique. C’est pourquoi l’État doit hésiter avant de violer ce sanctuaire pour en arracher l'enfant et le livrer à ses instituteurs.

L'enfant a donc droit à l’éducation. Quant à l’instruction profane, le père est tenu de la donner à son enfant dans

(1) Cité par Mgr L.-A. Paquet : Droit public de l’Église.

Page 1