‹ L'enseignement obligatoire [microforme]Chapitre 24 sur 27 · IMPUISSANCE ET BANQUEROUTE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE ET BANQUEROUTE

La confiance que l’on a dans les mesures législatives, sous le régime démocratique, est étonnante. On fait tellement de lois que le législateur lui-même les ignore. Un grand nombre sont lettre norte. Elles ne sont pas observées, parce que tout le fonctionnarisme n’y suffirait pas et parce que l'autorité n’ose pas molester l'électeur. Et, pour ce qui concerne les lois scolaires en particulier, les témoignages que l’on a cités démontrent la faillite de l’école obligatoire. Les témoignages en sont encore dans toutes les mémoires.

Dira-t-on que, si el est le cas, la loi n’est pas à craindre ; que, si elle est inefficace pour le bien, elle le sera également pour le mal.

Plurimæ leges, corruptissima respublica. Même si la loi n'est pas observée, elle restera comme une menace constante pour la liberté. On voudra toujours augmenter la contrainte pour obtenir des résultats.

La loi ne produit pas la vertu. Les lois somptuaires n'ont jamais atteint leur but, et le célibat a été combattu sans succès par le législateur.

En France on cherche dans les lois le remède à la dépopulation. Ce remède n’est pas dans les lois. La loi n’a jamais réformé les mœurs.

Avant de s'engager dans la voie de la coercition, il importe de bien connaître le mal auquel on veut remédier,— s’il existe, — et son étendue. Il serait facile de le constater par une enquête dont on ne pourrait pas contester les résultats. (Le Conseil de l’Instruction publique vient d’ordonner cette enquête.)

Une enquête coûtera infiniment moins cher que la mise en pratique d’une loi de coercition. Sur le rapport de cette enquête on pourra baser une législation appropriée aux circonstances, sans être contraire aux principes dr droit naturel.

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Mais avant d'admettre le principe d’une loi semblable il faut en connaître les détails. Il n’y a rien qui éclairera la situation comme la rédaction des clauses de la loi.

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