‹ L'enseignement obligatoire [microforme]Chapitre 3 sur 27 · M NN · texte numérisé non relu

M NN

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complète son œuvre en prenant les mesures nécessaires pour procurer à tous les enfants les bienfaits de l'instruction, et pour punir les parents coupables de s’y opposer ? Qu'y a-til à craindre de la qualité de l’enseignement qui sera donné ? Il reste sous la direction du Conseil où les évêques sont en nombre égal aux laïques.

L'enseignement obligatoire laïque est contraire au droit naturel, parce qu’il soustrait l'enfant à la direction morale du père de famille et s'empare de la conscience de l'enfant.

L'enseignement obligatoire conforme à Ja volonté du père, ou encore, sous le contrôle de l’autorité morale approuvée par le père, n’est pas contraire au droit naturel ; mais quels sont les pères qui désirent pour eux cette contrainte ? Et puis, elle conduit dans une voie excessivement dangereuse, parce qu’elle contient un principe dont l’aboutissement logique est l’enseignement neutre.

L'expérience démontre qu’un principe, une fois posé dans les faits, développe toutes ses conséquences, et que l’homme, à la recherche du bien qu'il en attend, l’homme, devant qui la perfection recule toujours, ne s'arrêtera pas avait d’en avoir épuisé les effets.

Enfin, l’enseignement obligatoire, dans les meilleures conditions possibles, restera toujours un pis-aller, parce que l'emploi de la force pour produire le bien est la plus précaire des ressources. Nécessaire pour réprimer le mal, son effet négatif ne va pas jusqu’à réveiller la conscience et stimuler la vertu. Elle produit même autant de mal que de bien. Elle est, quoi qu'il en paraisse, un produit de la décadence, et son progrès jalonne la marche ascendante du sucialisme. C’est par elle que le socialisme se distingue de la communauté des prerriers chrétiens, à laquelle on a voulu le comparer.

Mais, si nous passons du domaine de l’abstraction pour considérer les faits et le côté pratique de la proposition, nous trouvons un terrain sur lequel tous les hommes de bonne

volonté peuvent s'entendre. Si le mal existe, il ne doit pas être sans remède, et ce remède, fût-il la suprême ressource de la contrainte, nous devons l’adonter dans la mesure nécessaire et compatible avec le droit.

Serait-il impossible de nous entendre, quand nous voulons tous la même chose ? Nous voulons tous le bien de l’enfant. ‘Il n’y a pas une famille, disait sir Lomer Gouin en “1913, il n’y a pas une famille qui, volontairement, de propos “ délibéré, refuse de donner l'instruction à ses enfants.”

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