‹ L'enseignement pratique de l'hygiène à la Faculté de Médecine de Paris: Musée - Excursions - LaboratoireChapitre 22 sur 27 · SL · texte numérisé non relu

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2 Montage des fosses : on place alternativement une couche de grilles, une couche de tan et de pots de vinaigre. Le temps nécessaire à la réussite varie suivant la température et les soins qui ont été apportés au montage.

3° Démontage des fosses. Opération pénible qui met l'ouvrier en contact non seulement avec les émanations de la fosse, mais encore avec les parcelles de céruse qui se détachent des grilles.

4 Epluchage, décapage, écaillage : là commencent les progrès accomplis dans cette fabrication, qui a fait tant de victimes, surtout à Clichy, où ces opérations se faisaient à sec. Actuellement elles se font sous l’eau, de sorte qu’il n'y a pas trace de céruse voltigeant dans l'air.

Au moyen de godets la céruse est portée à l'atelier de broyage, et les ouvriers ne sont pas éclaboussés par cette opéralion.

S'il est nécessaire d'obtenir de la céruse à t'état sec (pour la verrerie par exemple), on la retire après le broyage. Mais ce n’est là qu’une exception, et le propre de l’usine est d'obtenir de la céruse à l’huile. Dans ce but elle est mise dans des appareils à force centrifuge, où en peu d’instants elle est débarrassée de son eau ei unie intimement à l'huile.

Elle est ainsi livrée au commerce et son maniement est exempt de dangers.

Plusieurs compagnies dépendant de l'Etat qui pendant longtemps s'étaient refusées à l'emploi de la céruse à l'huile ont été obligées de modifier cet état de choses.

L'état sanitaire de l’usine est excellent ; le service médical régulièrement organisé met les ouvriers à l’abri de toute intoxication ; des vestiaires sont à leur disposition, et l'obligation

GORE de quitter leurs vêtements de travail pour alier prendre leur nourriture est absolue. L'eau leur est abondamment fournie.

Les plus anciens ouvriers de la‘ maison que nous avons examinés n'avaient jamais ressenti les premiers phénomènes de l’intoxication, et leur appareil dentaire peu enviable à la suite de l’abus du tabac à chiquer, ne présentait rien de caractéristique.

16° Fabrique de conserves alimentaires.

Il existe deux procédés pour la conservation des légumes. Âo la dessication ou procédé Chollet, assez délaissée depuis quelques années sauf pour les juliennes.

2% Le procédé Appert: applicable à tous les légumes et à la viande. Appert ne sut pas tirer de son invention tout le bénéfice qu’il en pouvait espérer et mourut misérable en 1840.

Les légumes sont placés dans des vases fermés hermétiquement et portés à uue température un peu supérieure à 100°. Mais il y a un inconvénient : c’est que les légumes jaunaissent, se décolorent, perdent leur goût et prennent une faible saveur d’enfermé, de là perte de leur apparence de primeur et de leur aspect flatteur. On a donc cherché à empêcher ce jaunissement et à leur conserver toutes ces qualités apparentes qui les font rechercher du consommateur et du commerçant. C’est de là qu’est née la pratique dite du reverdissage.

La méthode consiste à plonger les légumes au moment de leur cuisson dans un bain de sulfate de cuivre très étendu. Dans une chaudière on place 100 litres d'eau et de 30 à 70

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grammes de sulfate. On porte à l’ébullition et l’on introduit 60 à 70 litres de légumes verts et nouvellement cueillis contenus dans un panier métallique qui permet de les tremper et de les retirer à volonté. Au bout de 5 à 15 minutes on retire les légumes, on les lave entièrement dans un courant d’eau froide. Ils sont ensuite versés dans leurs boîtes de fer blanc que lon finit de remplir avec une solution aqueuse de sel marin et de sucre. Le couvercle est soudé entièrement et la boîte est portée de 105 à 115 degrès pendant 15 à 30 minutes dans une marmite de Papin. Ces boîtes sont fabriquées d’un seul coup et par emboutissement du métal sauf le couvercle qui est soudé à l'extérieur, toute soudure intérieure, autre que celle à l’étain fin étant interdite (Arrêté, 1880).

Après le refroidissement le couvercle de la boîte devient concave ; toute boîte dont le couvercle présente une disposition inverse n’est pas livrée au commerce. L’on a essayé de remplacer le sulfate de cuivre par d’autres substances : la laque de chlorophylle, le sucrate de chaux, le carbonate de soude et le borax, mais aucun de ces procédés ne donne de légumes aussi beaux d’aspect.

Au congrès d'hygiène de 1878, M. le professeur Gautier terminait ainsi son rapport : « La colique de cuivre n’est plus admise aujourd’hui que comme un phénomène rare, inconstant, de courte durée, sans gravité. Nous concluons qu'il ya lieu, tout en n’acceptant pas en principe la pratique du reverdissage des légumes par les sels de cuivre, de la tolérer momentanément. et de rechercher les méthodes qui permettront d’être bientôt utilement substituées à celles que l’on suit trop généralement aujourd’hui ».

Un peu avant, le conseil d'hygiène avait décidé que la tolé-

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HT GORE rance ne pourrait être admise qu’à la coudition d'obliger le fabricant et le vendeur d'intituler leurs boîtes: Conserves reverdies par les sels de cuivre ; que de plus il n’y avait pas lieu de rapporter les arrêts interdisant l'emploi des vases et des sels de cuivre dans la préparation des aliments.

Des experts sont nommés pour rechercher si les quantités de sulfate de cuivre découvertes dans les conserves sont de nature à porter atteinte à la santé; ces experts répondent qu'à cette dose la toxicité du cuivre n’est pas démontrée. En effet, pour obtenir la mort par les sels de cuivre, il faut une dose relativement massive, et il est à peu près impossible d'en faire prendre à quelqu'un une quantité suffisante, parce que leur goût est horrible, et que les vomissements apparaissent. Dans son rapport, M. Brouardel admet la tolérance jusqu'à 18 milligrammes par kilog. de pois (un peu plus pour les haricots). En pratique, ces chiffres ne sont pas atteints.

En 1880, Galippe reprend la question : « Le jour où le fabricant sera obligé de déclarer la présence du cuivre, la croyance au pouvoir toxique du cuivre, qui persiste dans une certaine partie du public en dépit des travaux établissant son innocuité, serait l'équivalent d’une prohibition absolue et la ruine de l'industrie. Depuis 28 ans que l’on pratique le reverdissage et qu’on livre au commerce 22 millions de boîtes, jamais d'accidents dûment constatés. Six milligrammes de sulfate par boîtes de 300 gr. font 2 milligrammes pour trois personnes ; de plus ce sulfate se trouve à l’état d’albuminate insoluble et par conséquent peu assimilable ».

Enfin, en 1889, tous les arrêtés ou réglements prohibant l'emploi des vases et des sels de cuivre dans la préparation

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et la vente des légumes destinés à l’alimentation, ont été abrogés. La circulaire du ministre rappelle que l'interdiction avait été motivée sur l’avis renouvelé du Comité Consultatif d'hygiène. Dans ces dernières années des études nouvelles, des expériences approfondies,qui n’avaient pas jusque-là été menées à bonne fin, ont permis de fixer certains point restés douteux. Le Comité décide que l’état des counaissances acquises permet aujourd’hui de revenir sur les réserves formulées dans ses précédents avis, et par suite de ne plus s'opposer au reverdissage des légumes. £

17° Parfumerie Piver.

(Usine d’Aubervilliers).

La grande majorité des parfums provient des plantes; un petit nombre seulement est d’origine animale : Les essences odorantes des plantes ne résident pas toutes dans les mêmes parties, ainsi nous trouvons le principe odorant de l'iris dans la racine; le cèdre et le santal dans le bois ; la rose, la violette, dans la fleur ; la menthe dans la feuille ; la cannelle dans l'écorce.

On distingue dans la parfumerie deux sortes d'opérations. La première consiste dans la préparation des essences ellesmêmes que l’on extrait directement des fleurs. La deuxième dans la mise en œuvre de ces essences et dans leur incorporation aux graisses, esprits, vinaigres, savons.

Nous v’entrerons pas dans les détails d'appareils tels que ceux pour l’enfleurage, ou l'appareil de Piver pour saturer les graisses ; nous ne parlerons pas non plus de la substi-

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