LE LABORATOIRE
Le laboratoire d'hygiène est situé dans les nouveaux bâtiments de l'Ecole pratique, il occupe une grande partie du rez-de-chaussée de l'aile qui longe la rue Antoine-Dubois.
Son existence est un peu plus récente que celle du musée. Il est placé sous la direction de M. Netter, agrégé de la Fa-
culté, dont la compétence au point de vue de la bactériologie est connue de tous.
Un laboratoire d'hygiène doit viser à trois points: 1° Etre une annexe du cours ; 2° Un lieu d'enseignement ; 3° Un laboratoire de recherches.
Comme annexe du cours il est destiné à compléter l’enseignement didactique. Ainsi lorsque M. le professeur Proust a traité des maladies transmissibles par l’air et par le sol, les élèves pouvaient trouver au laboratoire tout ce qui était né-
cessaire pour rechercher et voir les micro-organismes de Pair et du sol.
Comme lieu d'enseignement, il a déjà atteint le but auquel il tendait, et le nombre des auditeurs qui sont venus assister aux conférences de microbiologie de M. Netter montrent assez l'importance et l'intérêt qui sont attachés à cette étude. Là,en effet, on apprend le moyen de distinguer les différents
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microbes, de les rechercher, de les cultiver, de les inoculer ; puis on passe en revue les maladies dues à ces différents mierobes.
Ainsi les études ont porté ces temps derniers sur le charbon, le télanos, la septicémie, la fièvre typhoïde, le choléra, la tuberculose, etc. Il est, du reste, dans l’intention du chef de laboratoire d'étendre encore davantage l'enseignement de ces diverses matières; ce cours entiérement gratuit et d’une durée de an mois, aurait lieu trois fois par an.
Enfin comme laboratoire de recherches, tout étudiant peut y venir faire des travaux originaux.
« L'hygiène, nous dit Bertin-Sans, en vient à réclamer des laboratoires pour ses expérimentations particulières. Sans doute les recherches de l'hygiéniste porteront toujours sur des opérations de physique et de chimie, sur des analyses qualitatives et quantitatives, par les réactifs et la balance, sur des observations de météorologie, sur des constatations physiologiques ou sur le contrôle de la structure intime des corps à l’aide du microscope; l’hygiéniste n’a pas de domaine propre à explorer, et dès qu'il veut expérimenter il est physicien ou chimiste, naturaliste, physiologiste, micrographe, tout, excepté lui-même; mais ses efforts tendent à adapter aux besoins de son art les procédés de sciences étrangères, à en créer qui lui soient spéciaux par leur caractère pratique, à découvrir des faits ou ‘procédés nouveaux en vue de sauvegarder la:santé de l'homme ; et si ces recherches ne lui appartiennent pas par leur nature il les fait siennes par leur finalité ».
“Et bien le laboratoire de la Faculté de Paris ne vise pas, Godart 11
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pour le moment du moins, à d'aussi hautes destinées. Lors que les ressources je permettront, il étendra son enseignement dans le sens indiqué plus haut et pourra devenir un « loslitut » indépendant. En attendant, l'étudiant trouve dans les laboratoires de physique, de chimie, de physiologie, et au laboratoire municipal toutes les ressources qui lui sont nécessaires pour ses travaux et ses recherches.
« Compléter et forüfier l'enseignement de l'hygiène dans nos facultés nous dit le D' Martin, n'est pas seulement une chose utile au point de vue scientifique, c’est encore, ne craignons pas de le dire, une chose nécessaire au point de vue politique et social. Beaucoup de questions sociales en effet, ne sont en réalité que des questions d'hygiène dont la solution deviendra possible quand on aura créé toute une pépimère de médecins hygiénistes capables d’assurer sur tous les points du territoire l'exécution des mesures nécessaires au maintien et à l'amélioration de la santé publique. Ce qui manque, pour la réalisation de ce vœu, ce n’est pas la bonne volonté du corps médical; ce qui manque, c’esl dans nos écoles un enseignement Ra Dent étendu de la science hygiénique ».
Et bien avec les ressources actuelles que nous offre le musée et le laboratoire, l'on peut dire que le désideratum formulé par le D' Martin est en partie comblé. Tous ceux qui sont désireux de se perfectionner dans l’hygiène, trouvent actuellement à l’École de médecine tous les matériaux nécessaires à leur éducation, est surtout des maîtres qui mettent sans compter leur science à leur portée, et leur permettent d’être ainsi à la hauteur de leur mission. Et le jour n’est