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LES PROTESTANTS

Les protestants ayant abandonné tout espoir d'assimiler les Canadiens Français et de les soumettre à un régime scolaire eutacné d'idées saxonnes, songèrent à leur tour à se protéger eux-mêmes et à se pourvoir d'écoles distinctes

Il est bon de remarquer ici que lors de la suspension de la constitution de 1791, la condition des catholiques, sous le rapport de l'éducation, était aussi iloiissante, sinon meilleure, que celle des protestants. Nous n'avons qu'à consulter les annales du temps pour nous en convaincre.

Aux approches de l'Union, l'oligarchie anglaise, non contente d'avoir confisqué les biens des Jésuites et des Eécollets, voulut s'emparer des biens des Sulpiciens de Montréal. Heureusement qu'il s'est toujours trouvé de nobles Anglais capables de s'élever plus haut que le fanatisme ou la cupidité. Lord Durham et M. Poulett Thompson comprenaient l'importance du Séminaire deSt-Sulpice et le second confirma par une ordonnance en Conseil les droits des Sulpiciens.

lois d'éducation de 1841 à 1846.

Cette législation établissait des commissaires électifs, mais chose étrange, elle confiait la plus grande partie des pouvoirs, surtout celui de l'imposition des taxes, aux nouvelles autorités municipales, créés par Lord Sydenham. Les conseillers, non électifs, étaient choisis et nommés par l'Exécutif. " Le peuple canadien -avait conservé de l'ancien régime français une

profonde horreur des impôts, ce qui fut un grand' obstacle à l'exécution de cette loi et de celles qui suivirent." (1)

Le plus grand tort de la loi de 1841 était de ne pas reconnaître la diversité des besoins du Haut et du Bas-Canada. Ainsi, un seul surintendant fut nommé pour les deux provinces.

On ne tarda pas à comprendre toute la fausseté de cette position. M. Jameson, président du conseil législatif et vice-chancelier du Haut-Canada, fut nommé surintendant général, et ses fonctions se bornèrent à recevoir les rapports des deux autres surirtendants qut furent nommés pour chaque province.

M. le Dr Meilleur fut nommé surintendant pour le Bas-Canada et M. Murray pour le Haut- Canada.

Sous Sir Chs. "Ragot, en 1843, M. Morin fut chargé de proposer une loi d'éducation pour le Bas-Canada pendant que M. Hincks en présentait une autre pour la Province sœur. Ces deux politiciens étaient alors membres du premier cabinet Baldvvin-Lafontaine. Le projet de M. Hincks fut adopté, mais celui de M. Morin expira au b^au milieu d'un orage politique.

(1) Chaareau,

Les intérêts de l'instruction publique furent •donc de nouveau confiés à la loi très impopulaire de 1841.

Quatre ans plus tard,l'administration Viger- Draper voulut remédier à la loi en substituant le système de la contribution volontaire à celui de la cotisation légale. Cette malheureuse mesure eut des effets désastreux. Le peu de terrain qui avait été gagné fut perdu, et dans la session suivante le gouvernement fut obligé d'adopter une loi plus parfaite. Cette loi de 1846 fut excessivement favorable à l'instruction primaire dans la province de Québec.

Le système d'éducation de 1846 a subi bien des tempêtes L'agitation fut extrême dans certains quartiers, suivant un écrivain de ce temps. Mais grâce au clergé catholique et à la grande masse des laïques instruits, les préjugés populaires furent foulés aux pieds. L'organisation paroissiale du Bas-Canada fut alors choisie comme base du nouveau système. La loi d'éducation de 1846, amendée en 1848-49-50, obtint des résultats infiniment précieux.

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