PREFACE
'La première pensée que j*ai eue du présent ouvrage remonte à plus de vingt années.
J'avais exposé sommairement dans VHistob^e des classes ouvrières en France le développement de l'instruction primaire . Etant membre du jury du groupe de l'enseignement à l'Exposition universelle de Vienne en 1873 et chargé de faire le rapport, j'ai essayé de dresser un état comparé de l'enseignement primaire dans les pays qui avaient pris part à cette exposition.
L'occasion était favorable. En 1869, à la session du Congrès international de statistique tenue à la Haye, les chefs de bureau de statistique avaient formé un vaste plan de statistiques internationales dont chacun avait accepté de composer une partie; le représentant de l'Autriche, M. Ficker, avait choisi l'instruction et il venait, à la session de Saint-Pétersbourg, en 1872, de confirmer son acceptation. En vue de rassembler les matériaux nécessaires, il avait fait inviter par l'Autriche les gouvernements à préparer et à exposer des documents statistiques relatifs à cette question*. Ces documents étaient alors bien moins nombreux qu'ils le sont aujourd'hui. M. Ficker est mort avant d'avoir pu s'acquitter de sa promesse.
Dans mon rapport, j'exprimais le regret que la France fût
1. C'est en partie à cette invitation qu'est dû le grand rapport de M. Gréard sur V Enseignement primaire à Paris et dans le département de la Seine de 1867 à 1877, qui n'a paru qu'après la clôture de l'exposition.