‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 106 sur 219 · Il y a 3 Fou et 43 Ken · texte numérisé non relu

Il y a 3 Fou et 43 Ken

le travail manuel, réconomie domestique, l'écriture, le dessin, la musique et la gymnastique, l'école normale leur fait passer, ainsi qu'aux candidats venus du dehors, un examen, et leur délivre, s'il y a lieu, un diplôme. Les élèves brevetés des écoles normales sont tenus de servir dix ans dans l'instruction.

L'école normale supérieure de Tokio forme des maîtres et maîtresses pour les écoles normales ordinaires.

Il y a dans les écoles élémentaires des maîtres ordinaires, des maîtres spéciaux, des maîtres adjoints. Les uns et les autres doivent avoir passé l'examen devant la commission d'examen du Ken ou du Fou ; on a décidé en 1891 qu'ils pourraient être munis d'un titre provisoire, et, en réalité, le Japon n'a encore qu'un nombre insuffisant d'instituteurs bien préparés . Ils sont nommés par le gouverneur du Ken ou du Fou sur une liste de trois candidats présentés par le chef de la ville ou du village. Le traitement est fixé parle gouverneur, qui consulte, à ce sujet, les administrateurs de la cité ou du village. Les instituteurs ont droit, après quinze ans de service, à une pension de retraite qui augmente jusqu'à leur soixantième année d'âge.

Le premier institut d'instituteurs a été créé en 1872 à Tokio. Des sociétés d'éducation ont été organisées depuis 1876 dans les Fou et dans les Ken ; celle de Tokio compte 700 membres, parmi lesquels figurent les directeurs d'école et les instituteurs. La société d'éducation du Japon, société privée, qui en compte plus de 3700, possède une riche bibliothèque, publie une revue mensuelle, des livres d'éducation, et décerne des médailles aux auteurs. La société libre d'éducation de Tokio et d'autres sociétés ont organisé des expositions pédagogiques.

Le Japon s'est inspiré, dans sa transformation pédagogique, de l'Angleterre et de ses School boards, des États-Unis et de ses écoles mixtes, de la France et de ses écoles normales, de l'Allemagne et de ses universités. Il a fait de grands efforts, qui ont eu en vingtcinq ans des résultats considérables et qui sont, avec l'ensemble de sa transformation politique et sociale, un des faits surprenants de l'histoire de la civilisation. Une pareille révolution ne s'opère pas sans tâtonnements et sans résistances. Il y en a eu beaucoup et il y en a encore. Les dépenses avaient été exagérées; il a fallu les réduire, rejeter le fardeau sur les communes et le progi'ès a été enrayé. Les conservateurs se sont inquiétés du développement de l'instruction qu'ils accusent de faire perdre au peuple le sentiment

du respect et de l'obéissance qui le caractérisaient et de contribuer à l'ébranlement moral que le renversement de ses anciennes institutions lui a causé ; l'esprit national résiste à l'invasion de l'esprit étranger. Néanmoins le Japon, quelque hésitation qu'il ait eue dans sa marche, ne sortira plus maintenant de la voie de la civilisation européenne dans laquelle il s'est engagé.

3° Ressources financières. — Les ressources financières des écoles primaires sont de provenance diverse. Le budget total des écoles publiques a beaucoup varié depuis dix ans :

1880 8 723 917 yen' 1887 8 742 783 yen

Les dépenses des écoles élémentaires sont, d'après la loi de 1890, à la charge des cités, villes et villages; la rétribution scolaire doit êti'e exigée de tout élève, excepté lorsque la même famille a plus d'un enfant à l'école ou qu'elle est trop pauvre pour payer.

Le produit des taxes locales et communales a varié, pendant cette période, de 4404000 yen en 1880 à 8492 000 en 1882; il était de 5 885 991 yen en 1891. La rétribution scolaire dans les écoles élémentaires paraît avoir produit, en 1890, 2 092 000 yen.

4° et 5"* Mode d'établissement de la statistique et publications. — Les inspecteurs et les autorités locales fournissent au ministère de l'instruction les données à l'aide desquelles est dressée la statistique. Chaque année le ministre adresse à l'empereur et publie un rapport qui porte pour titre dans la traduction officielle en anglais : Report of the Minister of state for éducation. TiC ministère a exposé le système d'éducation du Japon dans plusieurs éditions successives d'une brochure intitulée: Outlines of modem éducation in Japan.

Page 1