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CHAPITRE XXII COLONIES FRANÇAISES D'ASIE

J. — Inde française.

L'instruction est surveillée et inspectée par des commissions d'instruction publique créées en 1843 et réorganisées en 1879, et par un inspecteur primaire .

En 1863, les cinq villes de l'Inde française avaient:

V Pondichéi-y : 1 école laïque gratuite française de garçons et 2 écoles françaises de filles dirigées par les sœurs du Saint-Esprit et destinées l'une aux indiennes, l'autre aux jeunes filles blanches, renfermant 240 élèveS; et 4 écoles indiennes recevant 303 élèves ; en outre, 1 ouvroir et 2 orphelinats ;

2" Ghandernagor : 2 écoles congréganistes, l'une de garçons, l'autre de filles ;

3° Karikal: 88 écoles primaires (dont 80 libres) avec 2000 élèves (?) ;

4*' Yanaon : 1 école primaire de filles tenue par les religieuses de Saint-Joseph, de Lyon ;

5°Mahé : 2 écoles de garçons, avec 118 élèves.

En 1887, les cinq villes de l'Inde française avaient 33 écoles publiques de garçons et 20 écoles publiques de filles, avec 199 maîtres ou maîtresses, qui donnaient l'instruction à 4 646 enfants (2 880 garçons et 1 766 filles) ; 254 écoles libres de garçons ou mixtes, avec 274 maîtres donnant l'instruction à 5 461 enfants ; en tout 307 écoles et 10 107 élèves.

En 1889, elles avaient 19 écoles publiques de garçons et 22 de filles avec 196 maîtres ou maîtresses et 5592 élèves ; 277 écoles libres de garçons et 3 de filles, avec 304 maîtres ou maîtresses et 5 963 élèves ; en tout, 321 écoles et 11 555 élèves (8 683 garçons et 2 872 filles).

COLONIES FRANÇAISES d'aSIE. — INDO-CHINE FRANÇAISE. 289

Situation en 1892-1893 des cinq villes de l'Inde française.

DÉSIGNATION

ÉCOL.KS.

MAÎTRES

ÉLivKS.

... , Garçons

Ecoles primaires communales . .

^ Filles

. , . , i Garçons

Écoles privées , .^ ^,.^jV^

Totaux

IL — Indo-Chine française.

Cochinchine.

ANHÉBS.

KCOL.ES coloniales.

ÉCOLES cantonales et communales.

ÉCOLES Écoles.

LIBEBS.

Élèves.

TOTAL

Écoles.

Élèves.

Écoles.

Élèves.

Écoles.

Les écoles coloniales sont entretenues par le budget de la colonie ; les écoles cantonales par les cantons et les écoles communales par les communes. On a dépensé plusieurs millions pour construire des écoles spéciales et le budget total de l'instruction publique s'élève aujourd'hui à près de 3 millions de francs. Il y a des instituteurs français, laïques ou congréganistes au nombre de plus de 100 et un nombre encore plus considérable d'instituteurs annamites.

L'enseignement classique chinois a été presque entièrement écarté des écoles publiques de la Cochinchine. L'enseignement français s'est au contraire très développé, ainsi que l'enseignement annamitefrançais qui consiste dans l'écriture de la langue annamite en caractères latins et dans l'étude de certains manuels élémentaires (arithmétique, géographie et histoire de l'Annam) des écoles fran-

çaises traduits en annamite.

En 1885, sur les 23 888 élèves, 3 160 ne savaient pas encore lire, 7 330 savaient lire^ les autres savaient lire et écrire.

Cambodge.

En 1889, le Cambodge avait 3 écoles renfermant 191 élèves.

Situation des écoles primaires en 1892-1893.

DESIGN ATIOK.

ÉCOLES

MAÎTRES

Écoles publiques

Écoles privées {tnilT''. '.'.'.'.'.'.'.

Totaux

Annaiïi. — Tonkin.

Il y a dans TAnnam des écoles subventionnées par le protectorat dans lesquelles on enseigne la langue française aux jeunes Annamites.

Situation des écoles primaires au Tonkin en 1892-1893.

DÉSIGNATION

ÉCOLES

MAÎTRES

ÉLÈVES

Écoles publiques j ^^l^ll""'] \\\]][]

Écoles privées { Finr". '. '.■..:::

Totaux

Les écoles privées sont congréganistes ; celle des garçons a reçu de 1884 à 1893 plus de 800 élèves auxquels on enseigne gratuitement les caractères chinois, peu à peu le français, un peu d'arithmétique, de géographie et de dessin; l'école des filles n'a été ouverte qu'en 1894.

Dans l'Annam, l'enseignement classique chinois est en gi-and honneur et est considéré comme indispensable aux jeunes gens qui aspirent aux fonctions publiques. L'enseignement annamite-français est donné dans quelques écoles congréganistes ; les écoles de la province de Binh-Ding, où il était donné, n'existent plus. L'enseignement français donné par des Français est nul ; l'école mixte de

COLONIES FRANÇAISES d'aSIE. INDO-CHINE FRANÇAISE. 291

Touraiie a été fermée. Toutefois, il y a dans le palais du roi une école où le français est enseigné par des Annamites. L'Alliance française a ouvert un cours de français à Tourane. On enseigne le français dans l'orphelinat des sœurs de Saint- Paul de Chartres.

Au Tonkin, il n'y a jusqu'ici qu'un beau bâtiment, le groupe scolaire d'Haïphong -, presque partout ailleurs les écoles sont logées dans des paillotes. Il y avait, en 1896, 22 instituteurs et institutrices français et une cinquantaine d'agents indigènes. Hanoï possédait, en 1896, 2 écoles primaires municipales, l'une pour les garçons et l'autre pour les filles, fréquentées par des Français et des métis, 3 écoles franco-annamites, 1 école des frères, 1 école des sœurs (Saint- Paul de Chartres), 1 école de la mission pour les Annamites ; 1 cours du soir de l'Alliance française ; Haïphong possédait 2 écoles primaires, 1 école fi:anco-annamite, 1 école des sœm-s (Saint-Paul de Chartres), 1 cours du soir de l'Alliance française ; Nam-Dinh, 1 école de filles et 1 école franco-annamite. 9 autres localités ont aussi une école franco -annamite. Il y a, en outre, plusieurs écoles confessionnelles dans lesquelles on enseigne le quôc-ngu, c'est-à-dire l'annamite écrit en caractères latins (le quôc-ngu a l'avantage de simplifier l'écriture et de faciliter l'étude du français, mais il a l'inconvénient de ne pas préparer à l'étude du chinois).

Le traitement des instituteurs et institutrices français au Tonkin est de 3500 fr. poui' les adjoints, de 4000, 5000 et 6000 fr. pour les titulaires, plus une indemnité de vivres de 400 fr. et le logement pour les directeurs *, les instituteurs indigènes dans les écoles françaises ont de 157 à 625 piastres (la piastre valait, à la fin de 1886, 2 fr. 65 c).

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