FRÉQUENT ATION
Nombre d'élèves qui ont
suivi l'école au moins
140 jours.
Proportion des élèves
fréquentant à 100 élevés
inscrits
dans l'année.
dans un trimestre.
IL — Victoria.
1° Historique. — L'organisation des écoles publiques de la colonie de Victoria date de la loi du l^' janvier 1873 qui a adopté le principe de l'école obligatoire, gratuite et laïque et institué un Bureau national d'éducation. En 1870, on comptait déjà 942 écoles où 1259 maîtres donnaient l'instruction à 135190 élèves inscrits (107 537 dans les écoles publiques et 27 653 dans les écoles privées). Il y avait alors 182800 enfants de 5 à 15 ans. En 1874, on comptait 162000 élèves, soit 20 élèves par 100 habitants. Plusieurs lois ont modifié et complété l'organisation pédagogique : celle de 1876, celle de 1888, celle de 1889. La loi du 10 juillet 1890, an Act to consolidate the law relating the éducation, est la dernière qui ait remanié cette organisation et qui ait constitué complètement les écoles publiques {State schools). Une loi du 3 mars 1893 a récemment modifié les dispositions du Public service Act de 1890 relatif aux instituteurs.
2° État légal et organisation administrative. — L'Education department est dirigé par le ministre de l'instruction publique,
ministre responsable, assisté d'un secrétaire, d'un inspecteur général, d'inspecteiu's, etc., nommés par le gouverneur en conseil. Il administre les propriétés, revenus et fonds, qui sont affectés à l'instruction publique.
Le gouverneur en conseil peut créer et délimiter des districts scolaires renfermant une ou plusieurs écoles. Il fait les règlements relatifs aux bureaux d'avis, aux élections, aux bourses, an taux de la rétribution scolaire ; il veille à l'exécution des lois, à l'inspection des écoles. Il doit soumettre au Parlement les règlements quatorze jours au plus après les avoir publiés.
Sous le régime de la loi de 1872 il y avait des écoles subventionnées par le gouvernement. Sous le régime de la loi de 1890, les écoles publiques (State schools) sont la propriété du ministère de l'instruction publique ; il fournit, quand il y a lieu, les terrains qu'il prend sur les terres de la Couronne ; il nomme et paie les instituteurs.
Il y a 352 districts scolaires créés par ordre en conseil. Dans chacun d'eux est un Board of advice qui concourt avec le ministère à l'administration des bâtiments d'école, à l'exécution de la loi sur l'obligation, à la création de bibliothèques, à la plantation d'arbres sur le terrain de l'école. Les membres du Board sont élus pour trois ans par les contribuables; ils sont au nombre de cinq à sept. Un returning officer est nommé par le gouverneur.
Au 31 décembre 1891, le nombre des écoles d'État en activité était de 2 233, dont 2216 écoles de jour et 17 écoles du soir (dont 7 pour les garçons, 10 pour garçons et filles). Sur les 2216 écoles de jour il y avaii 1658 écoles classées, 489 écoles non classées et 69 écoles de demi-temps ; ces écoles étaient fréquentées par les enfants de 2285 localités. Le nombre des écoles a plus que doublé depuis l'année 1872. En décembre 1894, ce nombre n'était plus que de 1 956.
La colonie fait de grandes dépenses pour la construction et l'entretien de ses écoles. En 1891-1892, 14 écoles nouvelles ont été construites, 4 en briques et 10 en bois. Au 30 juin 1892, le ministère de l'instruction possédait 2 033 bâtiments d'école et 1 452 maisons pour les instituteurs.
Le gouverneur peut établir des écoles non classées temporaires dans les localités où il y a une vingtaine d'enfants d'âge scolaire et en nommer les maîtres sans être tenu de les prendre sur la liste de classement. Quand une école temporaire continue pendant plus
de six mois à avoir une fréquentation de vingt élèves au moins, elle doit être convertie en école d'État classée.
Depuis le Public service Ad du 10 juillet 1890, modifié par la loi du 3 mars 1893, il existe un comité de classement {Committee ofclassifîers)y composé de trois personnes : l'inspecteur général, un directeur d'école publique ayant plus de 400 élèves, élu pour trois ans par ses collègues, et une personne étrangère à l'administration et nommée par le gouverneur. Ce comité désigne les écoles qui, dans un district, font fonction d'école normale et examine les candidats au professorat dans ces écoles. Quand une nouvelle école est ouverte, le comité la classe suivant le nombre de ses élèves (1" classe, 700 élèves au moins... 5'^ classe, moins de 50 élèves) ; il tient an registre d'emploi, sur lequel sont inscrits tous les maîtres et candidats qualifiés pour un emploi d'instituteur, d'élèvemaître, de maîtresse de dessin, etc.
Les noms sont inscrits par catégorie suivant les titres des candidats et dans chaque catégorie suivant la date de la demande. L'inscription n'a pas lieu quand le postulant est déclaré indigne par le secrétaire du ministère.
La première catégorie du registre contient les instituteurs qui dirigent une école de première classe ou possèdent un diplôme de l'université de Melbourne ; ils ont un traitement de 280 £ au moins qui augmente annuellement de 10 £ jusqu'à 330 £. La seconde contient les instituteurs qui dirigent une école de seconde classe et les institutrices qui sont adjointes dans une école de première classe ; leur traitement varie de 220 à 270 £ pour les hommes et de 176 à 216 £ pour les femmes. La cinquième et dernière contient les instituteurs dirigeant une école de cinquième classe, certains instituteurs adjoints et les remplaçants ; leur traitement varie de 88 à 136 £ pour les hommes et de 64 à 83 £ pour les femmes.
Chaque catégorie (excepté la première) est subdivisée en souscalégories; le comité de classement place dans la première les instituteurs qui ont les meilleures notes.
Tout instituteur qui a obtenu de bons résultats à l'inspection peut recevoir une gratification égale à la moitié de son traitement. Tout directeur d'école reçoit aussi pour l'entretien de l'école (nettoyage, chauffage, eau, plumes, papier, etc.) une allocation proportionnelle au nombre de ses élèves. Les listes sont publiées dans la Gazette du Gouvernement.
Le registre de classement est refait tous les trois ans à l'aide des
rapports fournis par le ministère et fait autorité pendant la période triennale ; cependant, dans l'intervalle une école peut être changée de classe quand le directeur cesse ses fonctions ; un instituteur qui s'est rendu coupable d'une faute grave peut être porté dans une catégorie inférieure à celle où il était. Tout instituteur peut en appeler au Board au sujet de la place qui lui est assignée dans le classement et demander, dans ce cas, copie des rapports d'inspection.
Les inscriptions et l'avancement sur le registre de classe sont faits par le ministre à la requête du secrétaire.
Quand il y a une vacance à remplir, le plus ancien candidat est nommé, à moins que le comité de classement ne fasse savoir par écrit au ministre quelles sont les raisons d'en préférer un autre. Le Board, à la requête du ministre, désigne l'instituteur qui a les titres requis. C'est le gouverneur qui nomme.
Au 31 décembre 1891, le total des maîtres employés par le ministère de l'instruction était de 4862 • au 31 décembre 1894, 4 629.
Il se composait, en 1891, de 2 141 directeurs d'école (1 423 directeurs et 718 directrices) depuis la 1'^ jusqu'à la 5^ classe et y compris 179 instituteurs et 297 institutrices non classés provisoirement, de 901 adjoints (207 adjoints et 694 adjointes), 74 remplaçants, 1240 élèves-maîtres (234 hommes et 1006 femmes) et 506 maîtresses de couture.
Les écoles classées ont en général six classes. Il y a chaque année des examens. Des 151 000 enfants qui en ont passé en 1891, 38.4 p. 100 étaient en première classe, 17.9 en deuxième, 17.1 en * troisième, 13.8 en quatrième, 8.9 en cinquième, 3.9 en sixième ; il n'y a donc qu'une minorité qui poursuive son éducation jusqu'au bout. En 1891, 10 374 élèves ont obtenu le certificat d'études complètes. La lecture, l'épellation et la composition, la récitation de morceaux de poésie, l'écriture, l'arithmétique, la grammaire, l'histoire, la géographie sont les matières des examens ainsi que le chant, le dessin, la gymnastique et les exercices physiques, l'enseignement de la morale et de la bonne tenue. Il ya aussi des matières extraordinaires, telles que la tenue des livres (928 élèves), le français (428 élèves).
L'instruction primaire est obligatoire pour les enfants de 6 à 12 ans (ces deux années comprises) qui doivent assister aux classes au moins 40 jours (depuis 1890, auparavant 30 jours) par trimestre.
L'instruction est gratuite pour les matières obligatoires du progi'amme. Pour les matières facultatives {extra subjects)^ les parents
paient une rétribution à linstituteur. Les élèves doivent se pourvoir eux-mêmes de livres et de fournitures de classe ; toutefois les élèves pauvres peuvent les obtenir gratuitement.
L'instruction est laïque. Mais une ou deux fois par semaine la classe se termine à 3 heures et demie et l'instituteur invite les élèves dont les parents n'ont pas fait d'objection à rester pour recevoir l'instruction religieuse du ministre du culte.
Les châtiments corporels ne sont permis qu'au directeur de l'école, et chaque fois qu'ils sont infligés, mention doit en être faite sur un registre spécial.
Le nombre total des inscriptions, en 1891, dans les écoles publiques de jour s'élevait à 251 059 (129 083 garçons et 121 976 filles) ; dans les écoles du soir, à 2 410 (2199 garçons, 211 filles): au total 253 469 inscriptions. Les rapports des instituteurs ont constaté qu'au 2 décembre 1891, 16 p. 100 avaient été inscrits dans plus d'une école ^ ; en adoptant ce coefficient on trouve que le nombre des inscriptions se réduit pour les écoles de jour de 251 059 à 216 173. Pour les écoles du soir, les doubles emplois se sont trouvés être de 26 p. 100 : ce qui réduirait à 1 909 le nombre réel des élèves inscrits dans ces écoles.
En 1894, le total des inscriptions dans les écoles publiques était de 231 321, celui des écoles privées de 35 742.
De 1872 à 1891, le nombre des inscriptions a augmenté de 86 p. 100; celui de la fréquentation moyenne, de 106 p. 100. La fréquentation en 1872 était de 50.3 présents sur 100 inscriptions; en 1892, elle était de 55.7^ (64.7 d'après le nombre réel probable des inscrits).
Sur 248 702 inscriptions dont l'âge a pu être constaté, il y en avait 32 113 au-dessous de 6 ans et 42 090 au-dessus de 13 ans; les autres (174499), soit 70.2 p. 100 du total, avaient l'âge scolaire. Sur 100 élèves inscrits il y avait 51.4 garçons et 48.6 filles.
Dans les écoles du soir, les élèves avaient de 13 à 16 ans et audessus. D'après le rapport du ministre de l'instruction, les écoles privées, qui étaient en 1891 au nombre de 779 (dont 627 écoles mixtes, 90 écoles de garçons et 62 écoles de filles), comptaient
1. Sur 143 320 élèves présents le 2 décembre, 12.91 p. 100 avaient été inscrits dans une autre école ; 1.37 l'avaient été dans deux autres ; 0. 18 l'avaient été dans trois autres.
2. Le ministre fait observer que le rapport est calculé sur le nombre brut des inscriptions et que la différence serait plus grande et plus avantageuse s'il était calculé sur le nombre réel des inscrits, parce qu'il y a moins de doubles emplois que par le passé.
47 744 inscriptions; ce qui donnait, après élimination des doubles emplois, 44000. De 1886 à 1891, le nombre des écoles mixtes avait augmenté de 76, et celui des écoles de filles avait diminué de 15. Mais le statisticien de l'État qui recueille directement aussi des renseignements sur les écoles privées a trouvé des nombres différents : en 1891, 791 écoles et 40181 élèves. D'après le statisticien, le nombre des écoles privées aurait diminué de 129 en vingt ans (888 en 1873 et 759 en 1892), mais le nombre des maîtres (1841 en 1873 et 1 995 en 1892 aurait augmenté ainsi que celui des élèves (24 781 et 37 203).
Le total, pour les écoles publiques et privées, d'après le ministre de l'instruction, était de 171 467 élèves d'âge scolaire et le nombre des enfants de cet âge, d'après le statisticien de l'État, était de 172 325 en décembre 1891*. Le recensement de 1891 avait accusé, en outre, 5612 enfants d'âge scolaire recevant l'instruction dans leur famille.
Si l'inscription laisse peu à désirer, il n'en est pas de même de la fréquentation. Il n'y a eu que 39.8 élèves p. 100 dans le premier trimestre (janvier, février, mars), 64.7 dans le second, 71.1 dans le troisième, 51.2 dans le quatrième qui ont été présents à l'école au moins quarante jours par trimestre.
Les Boards of advice font pourtant des efforts pour assurer la fréquentation. Sur 352 districts il y en avait 265 en mars 1891 qui avaient institué un truant offi^er. Les Boards et le ministère ont, dans le cours de l'année, exercé 9 276 poursuites et obtenu 7 877 condamnations. En 1891-1892, les agents de police avaient aiTêté dans les rues 1420 enfants qui faisaient l'école buissonnière ou n'étaient inscrits dans aucune école ; l'année précédente ce nombre avait été de 1653.
Les écoles d'État n'ont aucun caractère religieux et, pendant les heures consacrées aux classes (deux heures le matin et deux heures
1. Voir Report of the Minister of public Instruction for the year 1891-92, p. IX. De son côté le stalisticien de l'État dit {Viclorian Yearbook, 1892, t. II, p. 399j que le nombre des enfants de 6 à 13 ans au recensement du ô avril i89i était de i 73 368 et que les relevés des écoles en portaient 6 756 inscrits dans les écoles de plus qu'il n'en existait. « Les personnes qui dressent la statistique des écoles privées reçoivent le relevé des élèves sur les registres à l'époque de leur visite en février; mais il y a lieu de croire que, dans beaucoup de cas, les nombres fournis représentent tous ceux dont les noms ont figuré à une époque quelconque de l'année précédente et, comme il y en a qui restent peu de temps et vont ensuite dans une autre école privée sur le registre de laquelle ils figurent aussi, ou dans une école d'État où ils sont également inscrits, ils se trouvent en conséquence comptés plus d'une fois, peut-être même plusieurs fois. »
l'après-midi), tout enseignement de ce genre est interdit, mais il peut être autorisé dans les salles en dehors des heures de classe. Une partie, au contraire, des écoles privées ont un caractère confessionnel ; c'est ainsi que sur les 37 203 élèves (déduction faite des doubles emplois dans les inscriptions) de ces écoles en 1892, il y en avait 21 799 dans 208 écoles catholiques, 1323 dans 32 écoles anglicanes, 576 dans 3 écoles presbytériennes, etc.
D'après les recensements, voici quelle était la proportion des enfants d'âge scolaire lettrés et illettrés sur 100 enfants :
Sachant lire
Sachant écrire
Ne sachant ni lire ni écrire
Filles.
Garçons,
Filles.
Classés d'après la religion, les enfants juifs occupaient le premier rang sous le rapport de l'instruction, les luthériens le dernier.
Parmi lés personnes de 15 ans et au-dessus, en 1891, il y en avait 2 sur 100 qui savaient lire seulement, 95.7 qui savaient lire et écrire et 2.3 qui ne savaient ni lire ni écrire.
3° Ressources financières. — En 1891-1892 (année fiscale finissant au 30 juin) les dépenses du ministère de l'instruction se sont élevées à 855 797 £ dont 740554 pour l'instruction primaire et, en outre, à 65 570 £ pour construction, entretien d'écoles et loyers.
Les traitements des maîtres (maîtres des écoles publiques de tout degré) qui étaient de 405365 £, et les additions aux traitements d'après les résultats qui étaient de 159409 £, sont payés entièrement par le ministère de l'instruction.
En 1891-1892 le coût moyen d'un élève dans les écoles du jour aétéde4 1iv. 12 s. 11 d. 1/4.
Les dépenses de l'État avaient été de 512 861 £ en 1879-1880^ de 535 347 en 1884-1885, de 689651 en 1889-1890.
4° et 5" Mode d'établissement de la statistique et publications. — Les instituteurs doivent tenir un registre, School roll , pour le premier semestre (1" janvier-30 juin) et pour le second (l*"" juillet- 31 décembre), contenant les noms de tous les élèves au-dessus de 3 ans, avec indication de leur âge. A chaque classe du matin et du soir, les présents doivent être marqués et le total inscrit. Les excuses pour les absences doivent être indiquées. Ils tiennent
aussi un registre de présence des maîtres de l'école (teachers roll). Ces registres sont à la disposition des inspecteurs et des membres du Board of advice.
Les inspecteurs envoient tous les ans un rapport au secrétaire du département de l'instruction publique. Le ministre de l'instruction publique présente à son tour, chaque année, un rapport au gouverneur de la colonie qui le transmet au Parlement. Le dernier rapport est intitulé: 1892 Victoria. Education. Report of the Minister of public instruction for the year 1891-1892.
Chaque année aussi le Yictorian Yearbook, rédigé par le statisticien de la colonie, consacre un chapitre à la statistique de l'instruction.
6° Principaux résultats de la statistique. — Les tableaux suivants contiennent les principaux résultats de la statistique de Victoria.
Écoles.
ÉCOLES P
(State i
UBLIQUBS.
chooU.)
Écoles privées.
Écoles du jour et écoles du soir.
Ecoles
du jour
seulement.
{Private tchooU.)
ÉCOLES PUBLIQUES
{State achools.)
Écoles du jour et écoles du soir.
Écoles
du jour
seulement.
Écoles privées.
(Private schools.)
Maîtres.
MAÎTRBS
M AÎTRE8
des écoles
des écoles
publiques a).
privées.
jj
ANNÉES
MAITRES
des écoles publiques a).
M AITRKÏ
des écoles privées.
Les maltresses de travaux à l'aiguille <.^)06 en lis9J) sont comprises dans ces nombres.