‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 120 sur 219 · V. — Nouvelle-Zélande · texte numérisé non relu

V. — Nouvelle-Zélande

1° Historique. — Jusqu'en 1877, il n'y a pas eu de système uniforme d'enseignement dans la Nouvelle-Zélande ; chacune des neuf provinces avait le sien : les unes subventionnaient des écoles appartenant à diverses religions ; les autres n'admettaient que les écoles non confessionnelles. En 1874, on comptait 500 écoles publiques. Le régime provincial ayant été supprimé en 1875, Veducational act de 1877 organisa ce service sous l'autorité d'un ministre de l'instruction publique. La population était alors (sans les Maoris) de 417 622 âmes ; elle était, à la fin de 1892, de 650 433.

2" État légal et organisation administrative. — D'après la loi de 1877, les écoles sont entretenues au moyen de subventions que le Revenu consolidé de la colonie (Consolidated revenue) leur paie à raison de 75 shillings par an et par tête d'élève fréquentant en moyenne. La fréquentation est calculée par le nombre total des présences enregistrées à chaque classe, matin et soir, pendant le trimestre, et divisé par le nombre total des classes \ En 1892, la fréquentation moyenne a été de 99070. Le Parlement vote, en outre, chaque année une subvention pour les constructions d'écoles qui s'est élevée une fois jusqu'à 175000 £ et qui était de 30 000 en 1892. Il vote aussi 4 000 £ pour l'inspection. L'instruction est donnée gratuitement aux élèves dans les écoles primaires publiques.

La Nouvelle-Zélande est divisée en 13 districts divisés euxmêmes en districts scolaires au nombre de 1095. Le nombre des écoles publiques était en 1892 de 1 302. Dans chaque district scolaire, les propriétaires élisent chaque année un comité scolaire. Les comités scolaires du district élisent un Bureau d'éducation (Education hoard) qui nomme les inspecteurs et les instituteurs du district, après avoir pris, pour la nomination ou le renvoi d'un instituteur,, l'avis du comité scolaire. C'est, à cet égard, le même système que celui de l'Ontario. Le gouvernement consacre tous les ans une forte somme à la construction des écoles.

L'instruction est exclusivement laïque, mais le comité scolaire

1. Ce qui distingue le système néo-zélandais du système anglais qui accorde la subvention d'après l'examen.

peut autoriser renseignement religieux dans le bâtiment de l'école en dehors des heures de classe. Elle est gratuite.

L'instruction est obligatoire de sept à treize ans. Toutefois, cette obligation n'est applicable qu'autant que le comité scolaire a pris une résolution à cet égard. Les enfants ne sont pas admis au-dessous de cinq ans dans les écoles et ne le sont au-dessus de quinze qu'avec autorisation du comité scolaire.

L'instruction est commune aux deux sexes. La Nouvelle-Zélande met largement en pratique à tous les degrés le principe de la coéducation.

Le ministre de l'instruction répartit les subventions entre les bureaux d'éducation et délivre des brevets aux instituteurs après examen et noviciat. Un Board ne peut pas nommer un instituteur sans brevet, quand il se présente des candidats munis de brevet ; il nomme les élèves-maîtres, il les fait préparer conformément au règlement.

Les élèves ont six degrés d'examen ; ils doivent en moyenne en passer un par an, après être restés toutefois une ou deux années dans la classe préparatoire. Les matières du progi-amme d'études sont : lecture, écriture, arithmétique, dessin, chant, leçons de choses jusqu'au troisième degré, grammaire anglaise, composition anglaise, géographie, histoire d'Angleterre (trois facultés qui ne figurent qu'à partir du troisième degré), premières notions scientifiques (à partir du quatrième degré), couture pour les filles.

L'âge scolaire est de 5 à 15 ans.

Le nombre des élèves inscrits sur les registres des écoles publiques à la fin de l'année 1892 était de 122620. La population étant de 650 432 âmes (non compris les Maoris), la proportion des inscrits était de 18.9 élèves par 100 habitants \

Dans les 67 écoles indigènes, il y avait 2 133 élèves inscrits, avec une fréquentation moyenne de 1 634 pendant Tannée ^ Ces écoles sont administrées directement par le ministère de l'instruction et ne figurent pas dans la statistique des écoles publiques. Il y a, en outre, 4 pensionnats pour les enfants des Maoris, dont 3 appartiennent à l'Église d'Angleterre et 1 à l'Église catholique -, ces pensionnats, qui sont jusqu'à un certain point des établissements

1. Il y avait, il est vrai, sur les registres, 597 Maoris et métis, mais, d'autre part, il y avait 360 Européens clans les écoles indigènes : ce qui rétablit à peu près l'équilibre.

2. Sur ce nombre, 73 p. lOO étaient des Maoris, 17 des Européens, lo des métis.

Page 1