‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 132 sur 219 · INSTITUTEURS ET INSTITUTRICES · texte numérisé non relu

INSTITUTEURS ET INSTITUTRICES

Écoles

Écoles

Écoles

Écoles

catholiques.

protestantes.

catholiques.

protestantes.

BreTetés enseignant dans une école élé-

mentaire

Brevetés enseignant dans une école mo-

dèle ou une académie

Brevetés d'une école normale

Brevetés d'un bureau d'examinateurs. . .

Brevetés pour une école élémentaire . . .

Brevetés pour une école modèle

Non brevetés enseignant dans une école

sous contrôle

Non brevetés enseignant dans une école

indépendante

En 1892-1893, les bureaux d'examinateurs ont examiné 55 candidats et 921 candidates ; ils ont délivré 615 brevets pour le français et 421 pour l'anglais, dont 702 pour les écoles élémentaires, 327 pour les écoles modèles et 7 pour les académies.

En 1892, le conseil de l'instruction publique a invité les inspecteurs à faire, pendant leurs tournées, des conférences pédagogiques, conformément à un programme qui leur serait fourni par le conseil.

En 1893, une proposition a été faite au conseil de l'instruction publique (comité catholique), portant «qu'aucune personne ne devrait enseigner dans une école subventionnée par le gouvernement sans être pourvue d'un brevet de capacité correspondant au degré du cours dans lequel elle est appelée à enseigner -, que les examinateurs des religieuses institutrices devront être des ecclésiastiques approuvés par l'évêque du diocèse des candidates » ; la proposition a été écartée par Tamendement suivant, qui a été voté : « Attendu que la loi (art. 1959) des statuts refondus de Québec, qui oblige toute personne désirant se livrer à l'enseignement à subir un examen et à se munir d'un brevet de capacité, reçoit une exception par l'article 1960, qui exempte tous prêtres, ministres du culte ou ecclésiastiques, ou faisant partie d'un corps religieux enseignant, et toute personne du sexe féminin faisant partie d'une communauté religieuse, de l'obligation de subir tel examen et d'obtenir tel brevet de capacité ; attendu qiie cette loi est en force depuis quarante-cinq ans et qu'aucune plainte régulière n'a jamais été portée devant le conseil contre cette loi, ni contre la manière dont elle a fonctionné ; mais qu'au contraire elle a donné généralement satisfaction ; qu'en conséquence et en toute justice pour ces corps et communautés, le conseil ne croit pas qu'il y ait lieu de recommander l'adoption des amendements suggérés par la motion principale. »

Trois écoles normales préparent des maîtres, deux catholiques: celle de Laval, à Québec, comprenant le département des garçons et le département des filles, qui comptait 46 élèves du sexe masculin et 66 du sexe féminin, et celle de Jacques Cartier, à Montréal, pour instituteurs, qui comptait 61 élèves en 1892-1893 et qui en a présenté à l'examen 21 à la fin de l'année scolaire (6 pour le brevet d'académie, 8 pour le brevet d'école modèle, 7 pour le brevet d'école élémentaire); une protestante, celle de M. Gill, fondée en 1857, à Montréal, pour instituteurs et institutrices, qui a reçu,

en 1892-1893, 102 élèves institutrices et 3 élèves-maîtres ; sur ces 105 élèves plus de la moitié ont dû renoncer avant de subir leur dernier examen,

A chacune des écoles normales est annexée une école modèle (deux à Laval, une pour les garçons, une pour les lilles).

Les commissaires ou syndics d'écoles sont les administrateurs des écoles. Outre la nomination des instituteurs et la construction des écoles, ils ont dans leurs attributions l'inspection des écoles qui doit avoir lieu une fois au moins tous les six mois ; la gestion des finances dont les comptes sont tenus par le secrétaire-trésorier ; l'adoption des mesures nécessaires pour que le programme adopté par le comité catholique (ou protestant, suivant le cas) soit suivi dans l'école et pour qu'on n'y emploie que les livres autorisés par le conseil de l'instruction publique, excepté pour les livres de religion et de morale dont la désignation appartient au curé ou au comité protestant. Ils doivent imposer dans leur municipalité des taxes suffisantes pour le maintien des écoles placées sous leur contrôle et les réijartir proportionnellement à la valeur des propriétés foncières de la municipalité ; ces taxes ne peuvent pas être inférieures à rallocation accordée à la municipalité sur le fonds des écoles publiques. Les commissaires et syndics sont élus, chaque année, par l'assemblée générale de tous les propriétaires de biensfonds de la municipalité payant cotisation ou rétribution mensuelle.

Le cours des écoles élémentaires comprend un premier degré divisé en trois années et un second degré en quatrième année, quelquefois aussi une cinquième année sous le nom de cours modèle. Le programme des écoles catholiques porte sur l'instruction morale et religieuse (prières, catéchisme, histoire sainte et, en quatrième année, lecture latine) « qui doit tenir le -premier rang parmi les matières du programme des études », les élèves qui se préparent à leur première communion pouvant être dispensés d'une partie de leurs devoirs, ot sur les bienséances, c'est-à-dire le respect, la politesse, la bonne tenue, etc., qui font partie de l'éducation morale, sur la langue française, et dans certaines écoles la langue anglaise, sur la lecture et l'écriture, sur les mathématiques, sur la géographie et l'histoire du Canada^ sur le dessin et sur des

1. L'inspecteur de Montréal signale parmi les matières enseignées l'histoire de France: 85 élèves l'éludiaienl sur un total d'environ 5 000 élèves.

connaissances usuelles données sous forme de leçons de choses, sur la valeur desquelles les opinions diffèrent au Canada. Mais le programme, exactement suivi dans une partie des écoles, ne Test pas dans l'autre. « Je constate, dit un inspecteur, qu'on s'occupe bien peu du programme d'études et je suis d'opinion qu'il sera toujours difficile d'arriver à une bonne classification tant qu'on n'exigera pas de ceux qui se destinent à l'enseignement une connaissance complète de ce programme. Il se rencontre certaines institutrices qui ne savent nullement ce qu'elles sont tenues d'enseigner». Cependant le même inspecteur félicite un grand nombre d'institutrices qui se servent avec intelligence du programme ^

L'inspecteur de Montréal a constaté que si, dans bien des cas, le progi-amme n'est pas suivi, la faute en est moins aux institutrices qu'aux parents et à certains commissaires qui s'obstinent à rester dans la routine.

Le cours des écoles modèles, qui comprend deux années, cinquième et sixième années, faisant suite à l'école élémentaire, est le développement des mêmes matières. L'inspecteur de Sainte- Julie faisait observer que les écoles modèles étaient très peu fréquentées par les garçons et que, pour obtenir de meilleurs résultats, il serait désirable qu'il y eût un maître spécial pour les garçons, l'institutrice pouvant suffire pour les filles.

En 1892-1893, on comptait dans les écoles élémentaires (catholiques et protestantes) pour lesquelles les inspecteurs ont fourni des bulletins d'inspection^ :

75 612 élèves de première année; 52 455 — deuxième —

36 851 — troisième —

20 772 — quatrième —

2 337 — du cours modèle.

Le nombre des élèves diminue rapidement d'une classe à l'autre.

L'inspecteur de Montréal, qui signale une décroissance plus rapide encore, l'attribue, en premier lieu, à ce que les parents, peu pénétrés de l'utilité de l'instruction, n'envoient en général les

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