‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 131 sur 219 · Rapport, p · texte numérisé non relu

Rapport, p

2. Le rapport de 1893-1894, dont nous n'avons encore qu'un extrait, porte 5 467 écoles (ce qui correspond à l école par 261 élèves inscrits, proportion exorbitante) dont 253 en pierres, 304 en briques, 4 910 en bois. Sur le total 5 004 étaient des écoles élémentaires. (Extrait de La Colonisation, numéro du 15 janvier 1895.)

Voici la moyenne des traitements pour Tannée 1893 :

t brevetés

Écoles catholiques.

Écoles prolestantes.

(piastres)

(piastres)

Instituteurs .

Institutrices .

\ non brevetés

i brevetées

( non brevetées

La moyenne est faible dans les écoles catholiques, tout à fait insuffisante pour les femmes, principalement pour celles qui, n'étant pas brevetées, ne gagnent que 73 piastres, soit 365 fr. par an.

A Montréal, la moyenne est un peu plus forte, puisqu'elle s'élève à 620 piastres pour les instituteurs brevetés, à 176 pour les institutrices brevetées ; les institutrices non brevetées n'en reçoivent que 113. Le traitement de ces dernières descend dans plusieurs comtés à 60 piastres et même à 45 dans le comté de Nicolet.

Les inspecteurs se plaignent de cette situation. « Il faut, dit celui de Lauzon, donner des salaires raisonnables afin de pouvoir faire un choix. Les sujets ne manqueront pas, j'en suis certain, du moment où nous aurons à offrir quelque chose de plus que ce que peut gagner une domestique. Tout le monde admet maintenant que nos instituteurs et institutrices ne sont pas assez payés, et, chose étrange, personne ne veut prendre l'initiative d'une semblable réforme... Les traitements actuellement payés produisent pour le présent la déconsidération et pour l'avenir la plus profonde misère. » Cet inspecteur cite un ami de l'éducation qui disait que, par suite du libre choix des commissaires et syndics, « ces engagements se faisaient au rabais comme il y a cinquante ans, et que l'élève de l'école normale risquait d'être supplanté par une jeune personne offrant ses services au prix d'une cuisinière de deuxième Qlasse, 60 à 100 dollars par année ; que celui qui avait enseigné 5 et 15 ans avec zèle n'avait aucun droit acquis par la loi ». L'inspecteur de Montréal dit que dans son district la moyenne est de 7,50 piastres par mois et que tant que les traitements ne seront pas plus élevés, « l'institutrice devra compter sur la charité d'un parent ou d'un protecteur ».

Près des deux tiers des instituteurs sont laïques et un peu plus d'un tiers appartiennent aux congrégations religieuses.

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Les instituteurs congréganistes exercent, en général, en vertu d'une lettre d'obédience et sont dispensés d'examen.

Ils appartiennent, les hommes aux frères de la Doctrine chrétienne (281), aux frères de l'Instruction chrétienne (26), aux clercs de Saint- Viateur (116), aux frères de Sainte-Croix (85), aux frères du Sacré-Cœur (93), aux frères de Saint- Vincent-de-Paul (6), aux frères de Saint-Gabriel (12), aux frères Maristes (73), au clergé séculier (10); les femmes aux sœurs de la Congrégation N.-D. (569), aux Ursulines (116), aux religieuses du Sacré-Cœur (59), aux sœurs de Charité (252), aux sœurs de la Providence (160), aux sœurs de la Présentation de Marie (188), aux sœurs de l'Assomption de Marie (106), aux sœiu?s des Saints-Noms de Jésus et de Marie (171), aux sœurs de Jésus-Marie (57), aux sœurs du Bon- Pasteur de Québec (101), aux sœurs du Bon-Pasteur de Montréal (23), aux sœurs Marianites (60), aux sœurs de Sainte- Anne (207), aux sœurs de Saint-Joseph (21), aux sœurs des Petites-Écoles (8). Le rapport de 1893-1894 porte le nombre total des maîtres appartenant à l'Église catholique à 3 336: 448 membres du clergé, 606 membres d'ordres religieux d'hommes et 2 282 membres d'ordres religieux de femmes. Les maîtres laïques étaient au nombre de 6056.

Les instituteurs laïques appartiennent aux écoles catholiques ou protestantes, et sont tenus d'avoir un brevet. Dans les premières, il n'y a guère que le tiers des instituteurs et un vingtième des institutrices qui aient un brevet d'école normale ; mais la majorité possèdent un brevet délivré par un bureau d'examinateurs, comme on le voit par l'état suivant, qui se rapporte à l'année 1892-1893 :

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