III. — Ressources financières
Le total des dépenses faites en 1892-1893 pour les écoles primaires publiques s'est élevé à 163 millions de dollars, soit 815 millions de francs.
L'entretien des écoles incombe surtout aux habitants de la localité, qui paient environ 108 millions de dollars (540 millions de francs) de taxes locales, soit 66 p. 100 de la dépense totale ; c'est ce qu'on appelle en France une charge communale. Cependant, le gouvernement fédéral et le gouvernement des États ne sont pas
1. Bureau of éducation. Circular of information, n., 7, i893: Statislics of public libraries, par Weston Flint.
2. 3 481610 000 exemplaires pour les États-Unis et le Canada réunis. Voir la statistique du Rowell report, reproduite dans The World Almanac and Encyclopedia, 1894, p. 225 (le nombre des publications périodiques en France est évalué dans ce document à 4 300).
8. Le Sunday Herald, par exemple, avait 36 pages imprimées sur 7 colonnes à raison de 222 lignes par colonne, en tout 56 OOO lignes.
restés indifférents et, dans la mesure de leurs pouvoirs, ils exercent leur influence sur le progrès des écoles.
Le gouvernement national y a contribué surtout par des dotations et par la création du Bureau d'éducation.
Dès 1785-1887, le Congrès continental avait décidé par une loi du 20 mai sur la disposition des terres dans le territoire du nordouest que, dans chaque nouveau township, la section n'* 16 serait affectée à la création et à l'entretien de l'école \ En 1836, le Congrès a distribué aux États-Unis une réserve du Trésor de 28 millions de dollars qui ont été appliqués à l'instruction. En 1848, une autre loi a affecté, en outre, la section 36 au même usage ; d'autres dotations se sont ajoutées à ce fonds ^ ; puis une loi a décidé que dans chaque État nouveau, deux lownships seraient consacrés à l'entretien d'écoles normales et d'universités. La valeur de ces terres est estimée à 80 millions de dollars (416 millions de francs) ^
Les intérêts seuls de ces deux espèces de dotation sont répartis chaque année ; le capital reste intact (le fonds a cependant été aliéné dans certains cas, notamment par l'Illinois) et s'accroît même par la plus-value des terrains. Il s'élevait, en 1889, à 129 millions de dollars (645 millions de francs), produisant en 1892-1893 un revenu de 8 674 945 dollars, y compris la rente des terres d'écoles (43 millions 1/3 de francs)*. L'ensemble des revenus du fonds permanent et des rentes représentait, en 1892-1893, 5.3 p. 100 du total des dépenses des écoles primaires publiques.
Les taxes d'État s'élevaient à 34 millions de dollars, représentant environ 20 p. 100 du total. Elles sont employées surtout au paiement du personnel.
Les autres sources du budget des écoles, qui se composent surtout des dons et legs, représentent un peu plus de 9 p. 100 du total.
Parmi les dons et legs les plus considérables, on doit citer le fonds Peabody, dont ce généreux Américain a doté son pays au lendemain de la guerre civile en vue d'améliorer l'état moral qu'il voyait avec bonheur, disait-il, grandir et s'élancer au-dessus des nuages qui l'enveloppaient encore. Grâce au revenu de ce fonds,
1. Cette disposition fut confirmée par la loi du 20 avril 1802 relative au Territoire du nord-ouest et du Mississippi qui donne la 16» section aux habitants de chaque towmhip pour l'entretien de leurs écoles,
2. Cette mesure a été appliquée d'abord au Minnesota en 1858.
3. Et môme 86 millions 1/2 de dollars en 1893, M. Dodge estimait en 1893 que les Common schools avaient reçu 82 millions d'acres,
4. Annual slatement of tJte Commissioner of éducation, 1892. p. 8.
qui est principalement destiné aux écoles du sud, 1 295 204 dollars (6 735 060 fr.) ont été distribués de 1876 à 1888, dont 44 p. 100 aux écoles normales, 51 p. 100 aux écoles publiques, et le reste à des séminaires, des académies, des journaux d'éducation.