IX. — Brésil
Au Brésil, pays de langue portugaise, l'instruction primaire est encore peu répandue, comme dans la plupart des Républiques hispano-américaines : en 1881, on évaluait à 84 p. 100 la partie de la population illettrée.
Une loi de 1823 avait autorisé tout Brésilien à ouvrir une école sans avoir besoin d'un diplôme ; quelques écoles mutuelles avaient été en effet fondées. Mais l'instruction primaire ne fut organisée dans le Municipe neutre que par la loi de 1851, complétée par le décret de 1854.
Noirs et blancs sont admis dans les mêmes écoles publiques.
Les bonnes écoles sont divisées en degré inférieur et degré supérieur ; le premier ne comprend d'ordinaire que la lecture, l'écriture, la grammaire portugaise, l'arithmétique, la religion et, pour les filles, la couture. Le programme est un peu plus développé à Rio-de-Janeiro.
APPENDICE A l'aMÉRIQUE. 489
Les instituteurs sont nommés par le gouvernement et choisis parmi les élèves des écoles normales ou les adjoints.
Un inspecteur général, assisté d'un conseil supérieur des études, administre les écoles du Municipe neutre et exerce une certaine autorité sur les provinces. Dans les provinces, c'est l'assemblée provinciale, assistée d'inspecteurs, qui administre.
D'après la Constitution, l'instruction est donnée gratuitement aux enfants *, elle est administrée et payée par l'État fédéral à Rio-de- Janeiro et par les États particuliers dans le reste de la Fédération ; la moitié environ des États l'avaient déclarée obligatoire avant l'établissement de la République.
Le nombre des écoles était de 2 595 en 1857 avec 70 000 élèves ; de 5 890 avec 187 915 élèves en 1875'. En 1889, on évaluait à 7500 le nombre des écoles primaires publiques et privées et à 300 000 le nombre des élèves.
D'après les renseignements recueillis par le Bureau d'éducation de Washington, ce nombre ne serait que de 266 100, et les dépenses totales des provinces et du Municipe neutre pour l'instruction publique s'élèveraient à plus de 26 millions de francs. En 1890, les vingt provinces de la République ont fourni 26 millions de francs pour l'instruction et l'État a donné près de 10 millions de francs.
Dans rÉtat de Rio-de-Janeiro la population est dite scolaire de 7 à 14 ans pour les garçons et 7 à 12 pour les filles. Elle forme le cinquième de la population totale, soit 216600 enfants en 1892. Les 4/5 environ (82 p. 100) de cette population ne fréquentaient pas l'école ; ce sont surtout les garçons de 13 et de 14 ans qui font défaut. Les écoles n'ont reçu en effet que 39421 élèves en 1892 (yoîv Recenseamento do Estado do Rio de Janeiro [30 agosto de 1892]^ par J. P. Favilla Nunes).
1. Tous les essais de statistique ne s'accordent pas sur cette matière. Nous renvoyons à la notice qui se trouve dans le rapport du Commissaire de l'éducation des États-Unis pour 1888-1889, p. 248 et suivantes.