ÉTAT
TOTAL
4° Mode d'établissement de la statistique. — Les éléments de la statistique de l'enseignement primaire sont recueillis par les instituteurs, les inspecteurs primaires et les inspecteurs d'académie.
Les instituteurs publics doivent tenir deux registres, le registre
matricule et le registre d'appel. C'est à l'aide de ces registres qu'ils remplissent chaque année la feuille de statistique que leur envoie l'inspecteur primaire. C'est avec cette feuille que l'inspecteur primaire à son tour dresse VÉtat de situation de sa circonscription qu'il envoie à l'inspecteur d'académie et que celui-ci transmet au ministre. Les états de situation contiennent, outre certains renseignements administratifs, les données nécessaires pour dresser la statistique annuelle et toutes ou presque toutes les données du volume de la Statistique de l' instruction primai7^e qui est composé tous les cinq ans par les soins de la commission de statistique de l'enseignement primaire et publié par le ministre de l'instruction publique ' .
1. Le registre-matricule, qui est un registre annuel, contient la liste de tous les élèves qui font partie de l'école au i*"" janvier de l'année et de tous les élèves qui y sont inscrits successivement dans le courant de la même année. Il indique la date de la naissance, de l'entrée de l'élève à l'école, de sa sortie, etc. Ce registre avait une importance capitale au temps où les familles payaient la rétribution scolaire, parce qu'il servait à établir le nombre des élèves admis gratuitement, et par suite, l'indemnité annuelle à payer de ce chef à l'instituteur. C'est en général d'après ce document que le nombre des élèves était porté sur la feuille de statistiquepar l'instituteur; mais sur le même registre se trouvaient inscrits les élèves de deux années scolaires, c'està-dire ceux qui avaient été inscrits avant les vacances et dont un certain nombre quittait définitivement l'école aux vacances et les nouveaux qui, après les vacances, avaient été inscrits ; le tolal se trouvait ainsi supérieur au nombre des enfants qui s'étaient trouvés ensemble sur les bancs de l'école et, par conséquent, la statistique pouvait être taxée d'exagération.
Pour remédier à cet inconvénient, la commission de statistique avait recommandé expressément aux inspecteurs et aux instituteurs de porter sur les tableaux non le nombre des inscrits tel qu'il se trouvait sur le registre-matricule de l'année civile, mais le nombre des inscrits pour l'année scolaire, en se bornant à additionner sur le registre de l'année civile les élèves inscrits jusqu'à l'époque des vacances et à ajouter à ce total celui des élèves inscrits sur le registre de l'année précédente depuis la rentrée jusqu'au 31 décembre dont les noms n'auraient pas été reportés (et qui, par conséquent, auraient quitté l'école au l»"" janvier) sur le registre-matricule de l'année suivante. Depuis la loi du 16 juin 1881 sur la gratuité, le registre-matricule n'a plus le même usage financier; aussi, l'instituteur, au lieu de recommencer son cahier chaque année, inscrit sur le môme registre les élèves entrant après les vacances ou à un autre moment à la suite des noms antérieurement inscrits. Beaucoup d'instituteurs préfèrent maintenant compter le nombre de leurs élèves sur le registre d'appel.
Le registre d'appel est un registre sur lequel les instituteurs inscrivent, au commencement de chaque mois, le nom des élèves qu'ils considèrent comme appartenant à l'école; ce nombre est celui des élèves du mois précédent, défalcation faite de ceux qui ont quitté l'école pendant ce mois. L'instituteur y ajoute ensuite, au fur et à mesure, s'il y a lieu, les noms des élèves qui entrent pendant le mois courant.
Il y a une pyge pour chaque mois. Chaque page contient, d'une part, autant de colonnes qu'il y a de jours dans le mois et, d'autre part, des colonnes spéciales pour les notes des élèves (conduite, lecture, écriture, etc.). A chaque classe, le maître note les absents en faisant, eu face du nom de l'élève et dans la colonne du jour, un trait liorizontal — pour la classe du matin, et vertical j pour celle du soir (-}- absence de toute la journée). Des colonnes de récapitulation servent à indiquer le nombre des absences et le nombre des présences de chaque élève pour tout le mois. A la fin du registre , un tableau récapitulatif présente le résultat général des absences et des présences pour l'école.
Il y a des instituteurs qui, indépendamment du registre-matricule et du registre
5° Publications. — Le ministre de rinstruction publique publie deux documents périodiques de statistique de l'enseignement pri-
d'appel, rédigent une feuille annuelle sur laquelle ils inscrivent d'abord, à la rentrée des classes, tous les élèves par ordre alphabétique, puis ù la suite par ordre chronologique ceux qui entrent dans le cours de l'année scolaire. Ils marquent d'un signe particulier ceux qui quittent l'école dans le cours de l'année. Ils ont ainsi le total des inscrits de l'année par entrée et par sortie. Ce procédé simple et commode sera généralisé à partir de l'année 1896-1897 et tous les instituteurs recevront la feuille destinée à dresser ce tableau.
Tous les ans, avant les vacances, les directeurs et directrices d'école primaire, les instituteurs et institutrices et les directrices d'écoles maternelles envoient à leur inspecteur primaire, sur une feuille spéciale de statistique, le relevé du nombre des inscriptions par mois, des présences et des absences, le total des inscrits de l'année groupés en 3 catégories d'âge.
C'est d'après ces feuilles que les Etats de situation sont dressés tous les ans par les inspecteurs primaires. Les inspecteurs d'académie rassemblent ces états de situation par département et les envoient au ministre de l'instruction publique et en gardent eux-mêmes un exemplaire dans leurs archives. Le cadre des états de situation a été simplifié depuis 1887 par la suppression de plusieurs colonnes et en dernier lieu en 1891,
A l'aide de ces documents, le ministère calcule et publie :
1® Le nombre des élèves inscrits dans les écoles pendant le cours de l'année entière ;
2» Le nombre des élèves présents à un jour déterminé. Avant 18S6, les états de situation portaient le nombre des « présents en décembre » et celui des « présents en juin», expressions qui, n'étant pas suffisamment précises, pouvaient occasionner des erreurs. Depuis 1886, ce nombre est donné par des états de situation pour deux jours déterminés, soit, par exemple, le il décembre et le il juin. Le nombre des présents doit (être rapproché du nombre des élèves inscrits pour le mois correspondant.
Le nombre des inscrits pour l'année entière est celui qui est le plus souvent cité ; c'est le nombre fondamental qui est analysé de diverses manières dans les volumes de la statistique de l'instruction primaire ; écoles publiques et privées, écoles de garçons, de filles et mixtes, écoles laïques et congréganistes, etc.
C'est aussi le nombre le plus fort. Il comprend en efï'et tous les élèves qui ont passé par l'école durant l'année scolaire, quelle qu'ait été la durée de leur séjour; il comprend ainsi des élèves qui sont comptés plusieurs fois, lorsqu'au cours de l'année ils ont été inscrits dans plusieurs écoles. Le nombre des inscrits pendant un mois serait égal à celui des inscrits de l'année dans une école où il n'y aurait pas eu de mutation. Mais il est nécessairement inférieur quand il s'agit du total de la France, parce qu'il se produit toujours quelque part des changements dans le cours d'une anne'e.
On peut donc obtenir deux espèces de nombres dont chacun est utile pour la connaissance de la population scolaire :
i® Le total des inscrits de l'année, représentant le maximum des enfants qui ont pu profiter de l'enseignement primaire et dépassant même certainement ce maximum. Il est intéressant de chercher de combien il s'élève au-dessus du contingent réel des écoles et il n'est pas impossible de le calculer approximativement,
20 Le total des inscrits du mois. En calculant la série des inscrits pour chacun des mois de l'année scolaire, on a une notion suffisamment exacte de la répartition du nombre des élèves suivant les saisons : notion intéressante. Pour ne pas trop grossir le volume de statistique, il suffit de publier les chiffres du mois où en général ce nombre est le plus élevé, et de celui où il est le plus faible. Décembre et juin sont en France ceux qui conviennent le mieux pour cet objet. La comparaison du nombre des inscrits durant l'année entière avec la moyenne du nombre des inscrits de chaque mois donne à peu prés (mais non précisément) la mesure de l'exagération de ce dernier.
Les inscrits et les présents sont deux catégories distinctes. Les premiers sont ceux qui pourraient être à l'école ; les seconds y sont effectivement. On obtient les présents en comptant les élèves pendant la classe. La dilférence entre le nombre des présents et celui des inscrits pour le mois correspondant fournit la meilleure mesure de la fréquentation. Si l'on comparait le nombre des présents à celui des inscrits de l'année,
maire : la Statistique de renseignement primaire et le Résumé des états de situation de l'enseignement primaire.
on obtiendrait un taux de fréquentation qui serait 4nfériour à la réalité. En le comparant à celui des inscrits du mois, on rapproche deux quantités qu'on peut considérer comme étant de môme nature. L'exactitude n'est sans doute pas absolue, parce que, le lendemain ou le surlendemain, le nombre des présents pourrait être supérieur, mais l'approximation est très suflîsanle.
Tous les ans, les instituteurs fournissent eux-mêmes le renseignement relatif aux présents un certain jour de décembre et de juin. L'administration française a voulu un contrôle plus certain en faisant elle-même une enquête. Il faut que cette enquête ait lieu le même jour, pendant la même classe, dans toutes les écoles, sans quoi les éléments du total seraient disparates. On ne peut donc pas laisser aux instituteurs le choix. On ne doit pas non plus les prévenir du jour où cette opération aura lieu, parce que les instituteurs recommanderaient à leurs élèves de ne pas s'absenter ce jour-là afln de constater que la fréquentation de leur école est bonne ; le taux général de cette fréquentation risquerait ainsi d'être exagéré. Il faut enûn prendre des précautions en vue de la sincérité de la déclaration.
L'administration n'a fait porter les enquêtes de ce genre que sur les écoles publiques, parce qu'elle n'exerce pas sur les écoles privées une autorité assez complète pour garantir le résultat d'une telle enquête. Elle a employé successivement divers moyens; il sullit de faire connaître celui de l'année 1886-1887 qui parait le plus sûr et qui est le plus simple.
Il importe en ellet d'employer les procédés les plus simples pour ne pas fatiguer par un abus de paperasserie les fonctionnaires et particulièrement les instituteurs dont le devoir essentiel est de faire leur classe.
A la fin de l'année scolaire 1886-1887, les inspecteurs primaires ont reçu du ministre l'ordre de demander les registres d'appel à tous les instituteurs et institutrices de leur ressort. Ces registres avaient été, comme d'ordinaire, tenus au courant chaque jour. Lorsque les inspecteurs ont eu ces documents entre les mains, ils ont reçu du ministre l'ordre de relever sur cliaque registre, en premier lieu, le nombre des élèves inscrits pour le mois de décembre 1886 et pour le mois de juin 1887; en second lieu, le nombre des élèves présents à la classe du matin, le 4 décembre 1886 et le 4 juin 1887. Les instituteurs et les inspecteurs n'ayant eu aucune connaissance de ce projet avant la remise de leur registre à l'inspecteur, il n'était pas à craindre que ces registres eussent été préparés ou modifiés en vue d'exagérer le nombre des élèves présents aux deux dates précitées.
Dans un pareil cas, y aurait-il avantage à centraliser au ministère le dépouillement de ces registres? Nous ne le pensons pas. D'une part, il faudrait organiser un personnel nombreux, coûteux et nécessairement peu expérimenté, parce qu'il serait nouveau. D'autre part, les inspecteurs primaires connaissant bien toutes les écoles de leur ressort, sont seuls compétents pour rectifier les erreurs, s'il s'en glisse dans les registres d'appel de leurs instituteurs.
Le résultat de celte enquête, comparé aux données des états de situation, a prouvé que les dillérences étaient peu considérables et que le pédagogue peut employer avec une certaine confiance les chillres de la statistique.
les états j.^ I^,^^
de situation. ^
Total des élève.s inscrits pendant l'année. 4 444 568 ■>
Nombre des élèves inscrits pour le mois
de décembre 3 861 278 »
Nombre de présents le 11 décembre, ... 3 563 699 •»
— 4 décembre. ... » 3508409 Nombre des élèves inscrits pour le mois de
juin 3 678 225 »
Nombre de présents le 11 juin 3 195 240 »
— ^juiii » 3 216 739
L'administration n'a pas cru devoir user du même moyen de contrôle pour les écoles
1" La Commission de statistique de l'enseignement primaire, instituée au ministère de l'instruction publique en 1876, est chargée de préparer les cadres statistiques, de traiter les questions spéciales que le ministère soumet ^ son examen et de publier tous les cinq ans, en corrélation avec l'année du recensement de la population, une Statistique de l'enseignement primaire. Le tome premier (1 vol. in-4"), qui traite de l'année scolaire 1876-1877, a été publié en 1878 ; le tome second (1 gros vol. in-4°) est un document rétrospectif qui résume, de 1829 à 1877, toutes les statistiques de l'enseignement primaire, publiées ou dressées sans avoir été publiées antérieurement à la création de la Commission de statistique de l'enseignement primaire ; le troisième (1 vol. in-4'') traite de l'année scolaire 1881-1882; le quatrième (1 vol. in-4^) porte sur l'année scolaire 1886-1887 ; le cinquième (1 vol. in-4°) porte sur l'année scolaire 1891-1892 et a été publié en 1895. Ce dernier volume comprend 71 tableaux répartis en sept parties: 1° population à instruire; 2° moyens d'instruction offerts à la population ; établissements scolaires, personnel enseignant ; 3" population des écoles, enquête scolaire et annexes ; 4" enseignement complémentaire et institutions auxiliaires; 5* écoles normales, brevets de capacité; 6° résultats de l'instruction; 7" statistique financière. En appendice se trouve la statistique de l'enseignement primaire dans les colonies françaises et les pays de protectorat. Les tableaux sont précédés d'un rapport (137 pages) adressé au ministre de l'instruction publique par le président, au nom de la Commission, dans lequel sont, comme dans les volumes antérieurs, commentés les résultats de cette statistique et de celle des cinq années précédentes.
2° Depuis 1878, le ministre de l'instruction publie à peu près chaque année (excepté Tannée où il publie la Statistique de l'enseignement primaire) un Résumé des états de situation de l'enseignement primaire, conformément aux cadres dressés par la Commission de statistique de l'enseignement primaire. Le dernier résumé se rap-
privées. Cependant, les directeurs d'un grand nombre d'écoles de cette catégorie, notamment d'écoles des frères de la Doctrine clirétienne, tiennent un registre d'appel et, autant que j'ai pu m'en rendre compte, ce registre est tenu ausdi exactement que celui des écoles publiques.
Les états de liquidation, que fournissaient chaque année les préfets, et les comptes définitifs de l'exercice ont été les documents fondamentaux de la statistique financière jusqu'en 1890. Depuis les changements introduits par la loi de finances de 1889 dans l'organisation de l'enseignement primaire, les comptes du ministère de l'instruction publique sont devenus les documents fondamentaux.
porte à l'année 1894-1895. Ces documents contiennent chacun une vingtaine de tableaux qui traitent de l'inspection des écoles, des classes, des élèves, avec distinction des sexes, des écoles publiques et privées, laïques et congréganistes, des écoles maternelles, primaires élémentaires et primaires supérieures, des classes d'adultes, des titres de capacité du personnel enseignant, des bibliothèques, des caisses d'épargne scolaires, de l'instruction des conscrits et des époux et épouses, des écoles normales primaires et des dépenses ordinaires des écoles publiques.
Quelques-uns de ces tableaux se trouvent reproduits chaque année dans V Annuaire statistique de la France.
3° Outre ces publications périodiques, le ministre a donné de temps à autre des statistiques particulières, notamment: V Enquête sur le brevet de capacité^ publiée en 1880 ; la Statistique de renseignement supérieur, situation au 31 décembre 1884, publiée en 1886 ; le Rappoi^t présenté par la Commission de statistique à M. le ministre de Vinstruclion publique sur les résultats des laïcisations scolaires publié en 1891 ; le Rapport sur les cours d'adultes et d' adolescents , par M. E. Petit (1896). Plusieurs des publications de cette catégorie se trouvent dans le Journal officiel ou dans les Mémoires et documents scolaires publiés par le musée pédagogique.
4° Avant la création de la Commission de statistique de l'enseignement primaire, le ministre de l'instruction publique avait publié des statistiques générales de l'enseignement primaire sous le règne de Louis- Philippe (pour les années 1829, 1832, 1833, 1837, 1840, 1843, 1847) et sous le second Empire (pour les années 1863, 1865, 1866). Ces statistiques sont en partie reproduites dans le second volume de la Statistique de V enseignement primaire .
5° La ville de Paris a publié à diverses époques des statistiques de son enseignement primaire, notamment par les soins de M. Gréard en 1878 {L'Enseignement primaire à Paris et dans le département de la Seine de 1867 à 1877, 1 vol. in-folio). Chaque année V Annuaire statistique de la ville de Paris contient plusieurs tableaux relatifs à l'enseignement primaire.
6^ Principaux résultats de la statistique. — Les tableaux suivants contiennent les principaux résultats de la statistique de l'enseignement primaire en France.
TABLEAU
88 l'enseignement primaire dans les pays civilisés. Écoles normales primaires.
ANNEES
NOMBRE d'Écoles |
pour
instituteu
rs
inst
ilulrices.
NOMBRE DES ÉLÈVES
sortis des écoles
d'instituteurs d'institutrices
Depuis 1886-1887, les écoles normales de l'Algérie (école normale d'instituteurs, à Alger, fondée en 1866, à Gonstantine fondée en 1879, école normale d'institutrices fondée à Milianah en 1875 et à Oran en 1883) sont comprises dans le total des écoles normales. En 1886-1887, tous les départements de France et deux départements algériens avaient une école normale d'instituteurs ; le Doubs en avait deux, l'école de Montbéliard étant exclusivement réservée aux maîtres protestants. Cette dernière école a été fermée en 1889. Le département des Hautes-Pyrénées a réuni son école normale à celle du Gers en 1890, et le département des Basses- Alpes a réuni la sienne à celle du Vaucluse. Depuis 1888, six écoles d'institutrices (Rouen, Guéret, Évreux, Ghâteauroux, Albi, Draguignan) ont été ouvertes, et il y a eu deux réunions : Gers et Hautes- Pyrénées, Basses- Alpes et Vaucluse.
Brevets de capacité.
ANNÉES
ISSTIT
Élémentaire.
CJTEURS.
Supérieur.
INSTIïU Élémentaire.
TKICES.
Supérieur.
obligatoire.
complet.
supérieur.
obligatoire.
complet.
supérieur.
1. liégime de la loi du 28 juin 1833 et de l'ordonnance du 23 juin 1836.