‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 41 sur 219 · II. — Royaume de Saxe · texte numérisé non relu

II. — Royaume de Saxe

1° Historique. — En 1543, l'électeur Maurice de Saxe convertit plusieurs couvents, à Meissen, etc., en écoles et les dota. D'autres princes protestants firent comme lui et les écoles secondaires et primaires profitèrent des biens des églises et maisons religieuses qui furent supprimées.

Dès le milieu du xvi^ siècle un règlement (1557) obligea les sacristains des paroisses à enseigner aux enfants le chant et le catéchisme et deux autres règlements (1" janvier 1580 et 1673), les obligèrent à enseigner aussi la lecture, l'écriture et le calcul moyennant une rétribution scolaire. Dans la première moitié du xviii^ siècle, un autre règlement (20 novembre 1724) imposa la même obligation à l'égard des filles.

Ces règlements furent confirmés et complétés par les ordonnances du 24 juillet 1769, du 17 mars 1773 et du 4 mars 1805. L'ordonnance du 24 juillet 1769 prescrivit que les garçons et les filles de 6 à 14 ans aillent aux écoles aussi durant la saison d'été, excepté pendant la moisson. Le règlement du 17 mars 1773 enjoignit aux maîtres d'enseigner aussi aux enfants les rudiments de la géographie, de l'histoire profane (spécialement de l'histoire de Saxe), et de l'histoire naturelle. Conformément au règlement du 4 mars 1805, non seulement l'enseignement primaire, mais encore le paiement d'une rétribution scolaire étaient obligatoires.

Plus tard, la loi du 6 juin 1835 remania l'organisation administrative et plaça les écoles sous la surveillance des autorités ecclésiastiques.

Après de longs débats, cette organisation a été modifiée par la loi du 26 avril 1873 qui a développé le programme de l'enseignement, créé les écoles complémentaires (Fortbildungsschulen), précisé l'obligation scolaire, distingué les écoles en simples {einfache Volksschulen)^ moyennes {minière Volksschulen) et supérieures (hôhere Volksschulen), confié l'inspection scolaire à l'inspecteur royal du district ainsi qu'à la municipalité dans les villes et ailleurs au sous-préfet et à l'inspecteur.

2° État légal et organisation administrative. — L'enseignement

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primaire est régi aujourd'hui par cette loi complétée par l'arrêté ministériel du 25 août 1874.

11 y a trois degrés dans l'enseignement primaire (einfache, minière, hohere Schule) : école primaire ordinaire, moyenne, supérieure. Les écoles se distinguent d'après les termes mêmes de la loi par leur but et par leur programme.

La haute direction de l'enseignement appartient au ministre de l'instruction publique et des cultes. Il prépare les projets de loi et de règlement concernant l'instruction primaire, préside à l'introduction des méthodes, programmes et livres d'éducation dans les écoles. 11 est chargé du soin de faire inspecter les écoles, particulièrement au point de vue sanitaire, de régler l'emploi des fonds concédés par l'État pour l'instruction primaire et de prendre toutes les mesures nécessaires dans les questions qui se rapportent à l'instruction primaire.

C'est à lui qu'il appartient d'organiser les écoles normales entretenues par l'État.

Dans les questions concernant l'instruction religieuse il doit se mettre d'accord avec les autorités ecclésiastiques.

Chaque commune peut créer une ou plusieurs écoles ; elle peut se syndiquer avec d'autres communes pour créer une école et constituer une circonscription scolaire (Schulbezirk)] une ou plusieurs communes forment alors ce qu'on appelle en Saxe la commune scolaire (Schulgemeinde) qui ne doit pas être confondue avec la. politische Gemeinde, commune politique. Chaque circonscription scolaire doit être complètement délimitée ; elle ne doit pas s'étendre au delà d'un rayon d'un demi-mille. Toutefois les maisons isolées ou dispersées n'entrent pas en ligne de compte.

Dans certains cas, les écoles d'une même commune peuvent former des circonscriptions scolaires différentes ; dans d'autres cas, les écoles de différentes communes peuvent être réunies dans une même circonscription.

L'enseignement primaire est obligatoire.

Les écoles publiques sont presque toutes des écoles mixtes. Leur nombre n'a pas beaucoup augmenté depuis 1877 (2254 écoles en 1894) parce qu'il y a longtemps que le système des écoles saxonnes est complètement organisé ; mais le nombre des maîtres a augmenté davantage : 18940 en 1894 (sans compter les maîtresses de travaux à l'aiguille qui ne sont pas diplômées). Il n'y a qu'un très petit nombre d'écoles privées (64 en 1894). Le nombre des

élèves des écoles publiques s'est élevé de 456 686 en 1877 à 617 848 en 1894; dans les écoles privées le nombre a diminué.

Les candidats à un poste d'instituteur sont présentés soit par le conseil municipal, soit par le patron de l'école et nommés, après une épreuve sur leur talent d'enseigner, par le comité de l'école. •

Les séminaires dans lesquels les maîtres sont formés sont au nombre de 19 (dont 2 pour les institutrices). Contrairement à ce qui a lieu en Amérique, le nombre des instituteurs (8 672 en 1894) est beaucoup plus considérable que celui des institutrices (268) dans les écoles publiques.

Les instituteurs sont payés mensuellement et d'avance par la caisse scolaire.

Le traitement total des instituteurs, qui ne peut être inférieur à 1000 marcs, s'élève en moyenne à environ 1500 marcs par an. Les instituteurs reçoivent en outre une indemnité de logement ou le logement même. Le service de l'église n'est compris dans le traitement de l'instituteur qu'autant que celui-ci dépasse 900 marcs.

Les directeurs qui ont sous leur autorité plus de dix maîtres titulaires ou auxiliaires reçoivent un traitement annuel d'au moins 2 700 marcs ; les autres un traitement d'au moins 2 250 marcs. Ils ont, en outre, le logement ou une indemnité équivalente. Les maîtres auxiliaires reçoivent au moins 720 marcs, non compris le logement et le chauffage ou une indemnité accordée par l'inspection de l'arrondissement scolaire. Les maîtres titulaires dans les écoles de plus de 40 élèves reçoivent de la commune scolaire, outre leur traitement, une augmentation réglée de telle sorte qu'à partir de vingt-cinq ans leur traitement doit s'élever :

Après 5 ans de service à 1 200 marcs

Les instituteurs dans les écoles de 40 élèves et moins reçoivent dans les mêmes conditions une augmentation de 75 marcs tous les cinq ans.

Des inspecteurs de l'État (BezirksschuUnspektoren) sont chargés de l'inspection des écoles primaires au point de vue de l'instruction et de l'édacation. Ils sont choisis parmi les hommes d'une compétence reconnue. Chaque inspecteur est chargé d'une cir-

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conscription scolaire. Ils sont placés au-dessus des autorités scolaires de la région et reçoivent leur traitement de la caisse de l'État.

Ils doivent inspecter périodiquement les écoles de leur région, régler les difficultés qui peuvent se présenter, autoriser les règlements et plans d'études des maîtres ou directeurs, les horaires, etc., et pourvoir sans retard aux vacances qui peuvent se présenter dans leur ressort. Ils président au moins une fois chaque année les conférences des instituteurs.

Tous les inspecteurs régionaux se réunissent une fois par an au ministère de l'instruction publique en conférence et y examinent les réformes à apporter aux méthodes, au plan d'études, etc. Quelques instituteurs, des ecclésiastiques et des membres du collège médical sont invités à prendre part à ces réunions. Les conclusions prises n'ont de résultat pratique qu'autant qu'elles reçoivent la sanction du ministre.

Indépendamment de l'inspection régionale, il existe une inspection locale. Cette inspection est exercée au nom de l'État parle directeur dans les écoles qui ont un directeur; dans celles qui n'en ont pas, l'inspection appartient à recclésiastique, membre du conseil de direction, à moins que le ministre ne désigne lui-même un autre inspecteur local.

Le titre d'inspecteur local {Ortsschulinspektor) est honorifique et les fonctions en sont gratuites.

L'inspecteur local est chargé d'aider l'instituteur dans l'exercice de ses fonctions, de s'assurer de l'état de l'école au point de vue de la fréquentation et d'appeler l'attention de l'instituteur sur les desiderata qu'il aurait pu remarquer.

L'inspection religieuse des écoles appartient à l'autorité ecclésiastique supérieure et est exercée par l'intermédiaire de l'ecclésiastique de la localité.

L'autorisation d'ouvrir une école où les enfants puissent remplir l'obligation scolaire est accordée par le gouvernement.

Mais, en fait, cette autorisation ne peut être refusée à celui qui justifie de la moralité et de la capacité requises et quand aucunes raisons fondées ne peuvent être alléguées contre la situation de l'école. Ces établissements ne peuvent accepter comme maîtres et maîtresses que des personnes ayant au moins subi un des examens prescrits par la loi. Des écoles de fabrique ne peuvent être autorisées que par suite d'une nécessité absolue.

Les corporations religieuses ne peuvent ouvrir d'écoles qu'après une autorisation accordée par une loi spéciale.

Toutes les écoles privées sont sous la surveillance des autorités scolaires.

Des écoles complémentaires (écoles du soir et du dimanche) annexées à l'école primaire permettent aux enfants ayant satisfait à l'obligation scolaire de fortifier ou d'étendre leurs connaissances premières. A partir de quatorze ans et pendant trois ans ils sont obligés de fréquenter cette école. Les communes peuvent également établir une école complémentaire pour les filles, que celles-ci sont obligées de fréquenter deux ans. Ces écoles ou cours d'adultes, publics ou privés, comptaient en 1894 81 488 élèves (79 741 garçons et 1747 filles).

La Saxe est citée depuis longtemps comme un des pays où l'enseignement primaire est le mieux organisé et le plus développé : il n'y a guère plus d'un conscrit sur 10000 qui soit entièrement illettré.

3° Ressources financières. — Une caisse scolaire (Schulkasse) administrée par la commune scolaire subvient aux dépenses de l'enseignement primaire du premier et du second degré {Volksschuley Fortbildungsschule) . Elle est alimentée par des legs, fondations et autres libéralités, par la rétribution scolaire, par des impôts spéciaux levés dans la circonscription, par la subvention de l'État et par certaines recettes locales. Elle est chargée du paiement du personnel enseignant, de la construction et de l'entretien des bâtiments scolaires, du mobilier scolaire, du chaufi'age, de l'éclairage, du nettoyage des classes et de toutes les dépenses accessoires se rapportant à l'enseignement primaire.

Les dépenses de l'enseignement primaire se sont élevées à 23387144 marcs en 1893, y compris les dépenses pour de nouvelles constructions.

L'État a contribué à cette dépense pour 4011 656 marcs ; la rétribution scolaire a produit 4245614 marcs et le surplus, 15 129874 marcs, a été fourni par les impositions locales et par différentes recettes.

4° Mode d'établissement de la statistique. — Les inspecteurs régionaux adressent chaque année un rapport au ministre sur la situation de l'enseignement primaire dans leur circonscription. Dans ces rapports se trouvent les éléments d'une statistique de l'enseignement primaire.

Le ministre de rinstniction publique a, de son côté, ordonné plusieurs enquêtes sur la situation de l'enseignement primaire, embrassant tout le pays pour les années 1876-1877, 1877-1878, 1879-1880, 1883-1884, 1888-1889 et 1893-1894.

Les résultats en ont été consignés dans différentes publications. Les dernières enquêtes ont été faites avec le secours du bureau de statistique du ministère de l'intérieur.

D'autres publications ordonnées par les autorités scolaires complètent les renseignements fournis par la statistique ofÊcielle.

L'enquête du l^"" décembre 1894, la dernière qui ait été faite et qui comprend l'ensemble des écoles publiques et privées, a été exécutée en partie à l'aide de questionnaires, en partie par des bulletins individuels.

Trois formulaires principaux avaient été adressés : le premier comprend les questions ayant trait à l'organisation de l'école (espèce, but, caractère, confession, nombre des classes et des salles d'école, Klassenrâumé), à la fréquentation de l'école, au nombre des élèves, au nombre d'épileptiques qui peuvent s'y rencontrer, à la religion, à la fréquentation de chaque cours d'après le sexe, au nombre des enfants apprenant une langue étrangère, à la gymnastique ou aux travaux manuels.

Le formulaire n** 2 concerne les finances de l'école — dépenses du personnel, du mobilier scolaire et des bâtiments et moyens employés pour couvrir ces dépenses.

Le formulaire n° 3 (accompagné des cartes pour le recensement) concerne le personnel enseignant (nombre des instituteurs rangés par classe, changements survenus dans le personnel enseignant pendant l'année précédente, sexe, âge, années de service, genre d'emploi, traitement).

5* Publications. — Les rapports sur les enquêtes énumérées cidessus ont seuls été publiés :

Berichte ûber den Stand der dem Ministerium des Kultus und ôffentlichen Unterrichts unterstellten Unterrichts- und Erziehungs-Anstallen im Kônigreich Sachsen, 1878, 1879 et 1881.

Les résultats des enquêtes de 1884, 1889 et 1894 ont été consignés dans les rapports 1, 2 et 3 sur l'ensemble des établissements d'instruction et d'éducation du royaume de Saxe.

L'almanach du royaume de Saxe et l'annuaire de statistique contiennent un certain nombre de renseignements concernant l'instruction primaire.

Enfin, tous les trois ans, les résultats généraux fournis par les statistiques particulières ordonnées par les autorités locales ou régionales sont réunis dans le Handbuch der Schulstatistik fur das Kônigreich Sachsen (Verlag von Ramming, Dresden); il fournit un très grand nombre de renseignements utiles.

6" Principaux résultats de la statistique. ~ Les tableaux suivants contiennent les principaux résultats de la statistique scolaire pour le royaume de Saxe :

Enseignement des écoles normales (Séminaires).

ANirB ES.

NOMBKB D'É l'ABIilSSBMENTS

pour

NOMBRE D*ÉLèvKS

ayant suhi

l'un ou l'autre des examens

exigés des instituteurs.

instituteurs.

institutrices.

Instituteurs.

Institutrices.

'r décembre)

GO

Kindergartan.

KOMBRB

d'établissements.

NOMBRE

(approximatif) des enfants.

Ecoles primaires.

ÉCOLES PUBLIQUES

ÉCOLES PRIVÉES

pour

pour

TOTAL

garçons.

filles.

les deux sexes.

Total.

garçons.

filles.

les deux

sexes.

Total.

général.

* Dont i 171 protestantes et 39 catholiques.

** 4213 protestantes, 41 catholiques. Il y a en outre, en 1894, 1 970 Forlbildungssehulen,

Maîtres des écoles primaires.

ECOLES PUBLIQUES

lusti tuteurs y compris

les directeurs)

tutrices.

Maîtresses

de travaux

Total.

à l'aiguille.

COLE s PRIVEES.

Instituteurs.

Institut ri COS.

Total.

* Ces maîtresses n'ont pas passé d'examen.

** Sans les maltresses accessoires pour les travaux pratiques dans les écoles de filles.

Élèves des écoles primaires et des écoles d'adultes.

ECOLES PUBLIQUES

Garçons.

Filles.

Total**.

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