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CHAPITRE XI

ROUMANIE

l** Historique. — Avant 1830, il n'y a pas eu en Valachie et en Moldavie de lois réglementant l'enseignement primaire ; mais il y avait dans les églises de petites écoles dirigées par le chantre qui ont conservé par Tinstruction qu'elles donnaient au peuple la tradition de la langue roumaine pendant la période fanariote. Les lois organiques de 1830, connues sous le nom de Règlements organiques j sont les premières dans lesquelles le législateur se soit occupé de cet enseignerûent \ ces règlements prévoyaient la création d'écoles primaires dans les villes chefs-lieux de districts, sous le nom d'écoles pour les commençants (scoale incepatoare) . Jusqu'en 1833, il n'y a pas eu d'écoles primaires dans les communes rurales. Après cette date, quelques écoles ont été ouvertes où les enfants des paysans pouvaient apprendre à écrire et à lire : les besoins de l'enseignement religieux avaient été la raison de ces fondations. Toutefois, malgré une tentative faite en 1838, il faut aller jusqu'en 1847 en Valachie et en 1850 en Moldavie pour trouver des lois l'églementant véritablement l'enseignement primaire en Roumanie ^ Ces deux lois, complétées par des dispositions ministérielles nombreuses, sont restées en vigueur, après l'union des deux principautés en 1859. Ce n'est qu'en 1864 qu'a été votée la loi générale sur l'instruction publique qui a réglementé jusqu'au 1" septembre 1893 la matière (Loi du 5 décembre 1864).

Aujourd'hui renseignement primaire et normal-primaire est régi par la loi du l**" septembre 1893.

2" État légal et organisation administrative. — La loi de 1864 et la Constitution (de 1866) disposent que l'enseignement primaire est obligatoire et ^r«ïiaf pour tous les jeunes Roumains, garçons et filles. L'article 23 de la Constitution dit : « L'enseignement est libre en

1. Voir pour l'iiistoire les deux premiers volumes (les seuls qui aient paru jusqu'ici) de l'Histoire des écoles en Roumanie, par M. Urechia.

Roumanie. Dans les écoles de l'État, l'instruction sera donnée ^ratuitement. Tous les enfants doivent aller à Técole dans toutes les communes où il s'en trouve une. L'enseignement privé est soumis, d'après la loi de 1864, au contrôle et à la surveillance de TÉtat. »

Cette disposition n'est devenue réellement effective que depuis la loi de 1893 qui inflige une amende pour chaque absence des enfants d'âge scolaire.

Aujourd'hui, il y a plusieurs écoles de garçons et plusieurs écoles de filles dans chaque ville, et au moins une école mixte (pour garçons et filles) dans presque toutes les communes rurales. Bientôt, grâce aux mesures prises, chaque commune rurale aura au moins une école. Il y a même aujourd'hui des communes rurales qui en ont deux.

Les communes urbaines contribuent en fournissant les locaux, le mobilier, le salaire du personnel de service et Tenlretien ; TÉtat paie les maîtres d'école et fournit le matériel scolaire.

Dans toutes les écoles publiques de Roumanie appartenant aux communes, aux départements ou à l'État, l'enseignement est absolument gratuit. L'âge pour la fréquentation de l'école est de 8 à 12 ans. Sont dispensés d'aller aux écoles publiques les enfants dont les parents prouvent qu'ils reçoivent une instruction équivalente dans une école privée. Enfin, la loi punit d'une amende les parents, tuteurs, etc., qui n'envoient pas leurs enfants à l'école.

Avant la loi de 1893, ainsi qu'il résulte de la statistique, l'obligation était loin d'être appliquée conformément aux lois, faute de sanction.

L'inspection des écoles est confiée à des inspecteurs généraux. Il y en a quatre, dont l'un porte le titre d'inspecteur général de renseignement primaire et normal, et les trois autres celui d'inspecteurs de circonscription. Il y a de plus un revisem- par district (32) et un pour Bucarest. Enfin, on peut nommer, suivant le besoin du service, autant de sous-reviseurs qu'il est nécessaire. Pour l'enseignement des filles, il y a une inspectrice de l'enseignement primaire et secondaire (loi pour l'organisation de l'administration centrale du ministère des cultes et de l'instruction publique du 30 août 1892, art. 43 et suiv.).

L'État entretient neuf écoles normales pour la préparation des maîtres et des maîtresses d'école : une pour les maîtres d'école (instituteurs) des écoles des communes urbaines, cinq pour ceux des communes rurales, trois pour les maîtresses d'école sans dis-

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tinction. A chaque école normale rurale sont annexés une école primaire et un atelier de travail manuel appliqué à Tagriculture.

Les écoles figurent au budget de 1892-1893 pour 763856 h\ (453264 fr. pour le personnel, 310592 fr. pour le matériel, la valeur des locaux non comprise, bien entendu).

Les chiffres de la statistique relatifs aux élèves ne comprennent pas les élèves des écoles privées. En 1893, le ministère de l'instruction publique a, pour la première fois, publié une statistique de l'enseignement privé, statistique incomplète d'après la déclaration même du chef du bureau qui l'a rédigée.

Le nombre des élèves des écoles primaires publiques était de 221044 en 1891-1892, soit 4.1 élèves par 100 habitants (population 5 304 500) ; mais les écoles privées ne sont pas comprises dans le calcul.

Le service de la statistique n'a pas toujours été régulier jusqu'ici. Un projet de loi a été présenté aux Chambres pour l'organiser d'une manière stable.

La nouvelle loi de 1893 maintient, conformément à la Constitution, l'obligation pour les enfants des citoyens roumains. L'âge de la fréquentation n'est plus de 8 à 12 ans, mais de 7 à 14 ans. Ceux qui ne donnent pas à leurs enfants cette instruction à la maison ou dans des écoles privées, doivent envoyer leurs enfants aux écoles publiques. Si à la 14^ année un enfant n'a pas terminé son instruction élémentaire, il peut être gardé encore un ou deux ans dans l'école.

Les maires doivent chaque année former une liste des enfants âgés de 7 à 14 ans; cette liste est envoyée aux directeurs des écoles publiques le 10 juin au plus tard.

Les représentants légaux des enfants sont condamnés à des amendes pour non-soumission à cette loi .

La loi prévoit trois classes d'écoles primaires :

1° Les écoles de village (section de communes) ;

2" — primaires inférieures ;

3" — — supérieures ;

4° Enfin la loi prescrit des cours primaires supplémentaires (art. 16).

La durée des classes ne doit jamais dépasser par jour trois heures et demie dans les deux premières années, quatre heures et demie dans les autres années (au lieu de sept heures comme auparavant).

Il doit y avoir une école au moins par commune (école primaire inférieure).

Pour les hameaux situés à plus de trois kilomètres de l'école, la loi prévoit une école de hameau; l'enseignement y est donné par le maître de l'école communale ou par son aide, au moins deux fois par semaine, ou par le prêtre da hameau. En été, dans les campagnes, les leçons ne se font que le matin.

Les écoles dans les communes rurales sont mixtes (pour filles et garçons). Un maître par 80 élèves, pas plus.

Les communes rurales doivent fournir au m oins un demi-hectare de terrain, pour que le maître y enseigne aux enfants la culture de la terre (art. 30).

Il doit y avoir plusieurs écoles par commune urhaine pour garçons, pour filles, ou des écoles mixtes du rang d'écoles primaires supérieures. L'enseignement y est de quatre années.

Dans les écoles publiques urbaines ou rurales l'enseignement est gratuit (art. 1").

Dans les communes rurales on instituera des cours complémentaires pour ceux qui ont terminé le cours de l'école primaire. Ils auront lieu une fois par semaine. Leur but est de familiariser les adolescents qui ne sont plus soumis à l'obligation scolaire avec l'écriture, la lecture et le calcul. Ils ne dépasseront pas une durée de six mois chaque année.

Écoles normales. — Ces écoles ont été créées par l'État pour la préparation et la formation du personnel enseignant des écoles primaires.

11 y a quatre espèces d'écoles :

1° Pour les maîtres d'écoles rurales ; 2° — maîtresses — 3° — maîtres d'écoles urbaines \ 4** — maîtresses —

L'enseignement y est soit gratuit, soit payant ; pour les externes, il est toujours gratuit.

L'enseignement dure 5 ans. L'âge d'admission pour les garçons est de 14 à 15 ans, pour les filles de 13 à 14 ans ; les conditions sont d'être né Roumain et d'avoir terminé au moins le cours des écoles primaires supérieures.

Pour les maîtres et maîtresses des écoles urbaines, il y a l'école normale pour instituteurs, de Bucarest, et les écoles péda-

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gogiques de Bucarest, Jassi et Graiova pour les institutrices. L'enseignement dure 5 ans.

L'entretien de l'enseignement primaire est à la charge de l'État et des communes.

L'État rétribue dans les communes rurales le premier maître d'école et fournit la moitié des appointements de tous les autres, la commune payant l'autre moitié. Dans les communes urbaines, il prend à sa charge les appointements de tous les maîtres d'école aujourd'hui en exercice. Les appointements des instituteurs qui seront nommés à l'avenir sont payés moitié par l'État et moitié par la commune.

Les communes ont à leur charge le local, le logement du directeur, le matériel d'enseignement, les petites dépenses d'administration (registres, etc.), le mobilier, le chauffage et le personnel de service. Le ministère fixe le minimum qui doit être consacré à ces dépenses pour chaque commune, et cette somme est inscrite d'office au budget communal.

Telles sont les principales dispositions de la loi qui réglemente en Roumanie l'enseignement primaire. L'introduction toute récente de ces changements ne permet pas encore d'en voir les résultats; on en attend, en général, beaucoup de bien pour le développement de cet enseignement.

y Ressources financières. — On a vu quelles sont les ressources linancières des écoles primaires. Dans plusieurs communes rurales l'école jouit du revenu d'une certaine étendue de terrain. Aussi l'article 15 de la loi de 1889 sur la vente des domaines de l'État prévoit-il que les communes pourraient acheter jusqu'à 15 hectares dont le revenu serait exclusivement consacré à 'l'entretien de l'église et de l'école. Il n'y a pas d'impôt spécial pour l'enseignement.

Les dépenses de l'État pour l'enseignement primaire ont été, d'après les budgets :

Enseignement primaire rural.

CHAQUE ANNÉE

CHAQUE ANNÉE

ANNÉES

ANNÉB8.

Lei ou francs.

Lei ou francs.

Enseignement primaire urbain.

ANNÉES

OHAQUR ANNÉE.

Lei ou francs.

ANNÉES

CHAQUE ANNÉE

Lei ou francs.

N.-B. — A partir de

l'année financière commence le 1" avril. Les sommes indiquées ci-dessus sont toujours pour 12 moi».

Ecoles normales primaires.

CHAQUE ANNÉE

Lei OU franc».

ANNÉES

CHAQUE ANNÉE

Lei ou francs.

A ces sommes il faut ajouter celles que les communes et les départements consacrent à l'enseignement primaire. Nous n'avons pas d'indications pour toutes les années. En voici quelques-unes :

Dépenses pour l'enseignement primaire urbain et rural, ensemble.

{En lei ou francs.)

▲NNÉKS.

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