‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 68 sur 219 · CHAPITRE XII EMPIRE DE RUSSIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII EMPIRE DE RUSSIE

J. — Russie d'Europe

1** Historique. — Les premières écoles primaires de Russie datent de la fin du x^ siècle, aussitôt après que le gi-and-duc Vladimir eut embrassé la foi chrétienne. Au xi* siècle, il existait des écoles fondées par des églises, des monastères ou établies dans les maisons des évêques, organisées et entretenues aux frais du clergé et des grands-ducs. Les prêtres et les moines y enseignaient la lecture, l'écriture et la religion. Le but principal que poursuivaient les Grands-ducs et le clergé, était de former des lettrés capables de devenir prêtres. Ce caractère ecclésiastique et spécial, l'école primaire russe le conserva longtemps.

Ainsi, dans la seconde moitié du xv^ siècle, l'archevêque Ghennadi s'adressa au grand-duc de 'Moscou, Jean III, pour obtenir de ce prince, dans l'intérêt de sa dignité souveraine, l'autorisation de créer des écoles, ne fût-ce que pour l'instruction du clergé. Au xvi^ siècle, le concile ecclésiastique de 1551 dit « Des Cent Chapitres », décida d'organiser dans toutes les villes, dans les maisons des prêtres, des diacres etdesmarguilliers, des écoles pour apprendre à lire et à écrire aux enfants des diacres et de tous les chrétiens orthodoxes.

Jusqu'au xvii'' siècle, il n'existait pas en Russie d'écoles plus ou moins bien organisées. Toute personne sachant lire et écrire pouvait s'occuper d'enseignement élémentaire. Ce ne fut qu'après l'annexion de la Petite- Russie, en 1654, sous le règne du tzar de Moscou, Alexis Mikhaïlovitch, qu'on vit des écoles organisées à peu près à l'instar des établissements similaires de l'Europe occidentale. La base de l'organisation des écoles laïques fut posée au commencement du xviii^ siècle par l'empereur Pierre I". Comprenant l'importance de l'instruction publique dans un État, le grand réformateur de la Russie imposa aux magistrats des villes l'obligation de

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veiller à l'établissement de petites écoles où l'on enseignerait la lecture, l'écriture et le calcul. Un oukase du 28 décembre 1715 prescrivit l'établissement d'écoles dites « écoles d'arithmétique » pour les jeunes enfants de tout rang. Ces établissements étaient déjà des écoles primaires dans lesquelles on admettait des enfants de 10 à 15 ans appartenant à toutes les classes sociales. On y enseignait la lecture, l'écriture, les chiffres (l'arithmétique) et les éléments de la géométrie. En organisant ces écoles, Pierre le Grand travaillait au bien du pays et se proposait de préparer des hommes capables et instruits pour le service de l'État.

La fréquentation des écoles d'arithmétique fut déclarée obligatoire, d'abord pour les enfants des employés qui se préparaient à entrer au service de l'État, et plus tard pour les enfants appartenant à toutes les classes sociales, celle des nobles exceptée. Ce premier essai, unique jusqu'alors, de l'introduction en Russie de l'instruction obligatoire, ne réussit pas ; non seulement le nombre des écoles n'augmenta pas, mais même il diminua, et les habitants des bourgades (j)ossadskies) des gouvernements de Novgorod, Pskov, Yaroslav, Vologda et Moscou présentèrent en 1720 des suppliques, demandant qu'on « ne forçât pas leurs enfants d'aller à l'école » .

A répoqpie du règne de Pierre I*"", l'instruction primaire en Russie entra dans une période pour ainsi dire officielle ; elle fut organisée en vue des besoins de l'État et presque exclusivement à ses frais, la participation des habitants étant à peu près nulle. Cette période dura depuis le commencement du xviii® siècle jusqu'à la seconde moitié du xix^ où, sous le règne de l'empereur Alexandre II, des changements importants eurent lieu.

L'histoire de l'instruction primaire en Russie au xviii^ siècle est remarquable par des événements d'une très grande importance. Dans la seconde moitié de ce siècle, l'impératrice Catherine II posa les bases d'un système général d'instruction primaire en Russie. Avant elle l'instruction élémentaire ne pénétrait que dans un cercle restreint composé d'enfants appartenant aux classes privilégiées et au clergé; les enfants du peuple restaient complètement illettrés, l'enseignement domestique n'existant qu'à l'état rudimentaire. Les réformes de l'impératrice commencèrent en 1775, année où fut promulgué le statut concernant « l'organisation des provinces » en vertu duquel on institua dans chaque province un « Comité spécial de charité publique, ayant l'obligation d'organiser des écoles dans toutes les villes et les bourgades populeuses ». En 1782, Catherine

institua la célèbre « Commission d'organisation des écoles populaires » qui eut également pour mission d'élaborer un projet de système d'instruction populaire et un projet d'écoles populaires, de préparer des maîtres capables, de fonder des écoles dans tout l'empire et de composer des manuels scolaires. Les travaux de cette commission eurent une grande influence sur le développement de l'instruction primaire en Russie.

Pendant l'automne de 1786, l'impératrice Catherine II confirma les statuts des écoles populaires rédigés par cette commission. Conformément à ces statuts, on devait fonder dans les chefs-lieux de gouvernement des écoles populaires principales, à quatre classes, et dans les villes de district une petite école populaire primaire à deux classes ; l'entretien des premières était à la charge du comité de charité publique ; celui des autres, à la charge des villes. Les deux catégories d'établissements dépendaient du comité présidé par le gouverneur de la province.

Les premiers statuts généraux, adoptés pour les écoles populaires en Russie, avaient été élaborés sur le modèle du « Règlement général pour les écoles autrichiennes normales et pour les écoles principales et triviales (populaires) allemandes » . Ce règlement lui-même avait été emprunté à la Prusse (pour ce qui concernait l'organisation de la partie scientifique).

Les statuts de 1786 avaient organisé l'instruction populaire dans les villes seulement, en exécution de la volonté de l'impératrice qui avait ordonné « de commencer par les villes ». Ils concernaient aussi l'instruction privée à laquelle ils imposaient des conditions, exigeant un brevet de capacité délivré par les autorités scolaires ; à cause du servage généralement en vigueur à cette époque, ce règlement concernant l'instruction populaire que la commission de 1782 avait placée à la base de ses travaux, ne fut pas appliqué à tout le pays, ni sous le règne de Catherine IL ni même un demisiècle plus tard.

Cependant les bases posées par Catherine avaient sans conteste une grande importance : à partir de ce moment, la législation sur l'instruction populaire s'élargit peu à peu; on étudia différents types ou modèles d'écoles populaires pour les enfants de toutes les classes sociales, pour les villes aussi bien que pour les populations rurales. Les dispositions législatives adoptées depuis la fin du siècle dernier jusqu'à nos jours ont continué et complété l'œuvre.

Le 8 septembre 1802, sous le règne d'Alexandre I", « la Com-

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mission des écoles populaires » fut transformée en ministère de l'instruction publique. Les réformes effectuées sous ce règne s'adressèrent aussi à l'organisation de l'instruction primaire.

Les nouveaux statuts concernant les écoles avaient été promulgués au début même du nouveau règne *, le règlement préliminaire de rinstructioQ publique fut revêtu de la sanction suprême le 24 janvier 1803, il préconisait deux types d'écoles populaires (de jjaroisse et de district) ; la direction de ces établissements fut attribuée aux curateurs des arrondissements scolaires. Ces arrondissements avaient été créés par le « règlement préliminaire » ; chacun d'eux embrassait plusieurs provinces.

Ces dispositions furent conservées dans les « statuts des établissements d'instruction dépendant des universités ». Revêtus de la sanction impériale le 5 novembre 1804, ces nouveaux statuts définitifs, qui remplaçaient le règlement préliminaire, prescrivaient l'établissement dans chaque paroisse d'une école paroissiale et d'une école populaire dans chaque ville de district.

Les arrondissements scolaires étaient au nombre de 6 : Pétersbourg, Moscou, Kharkov, Kazan, Vilna et Dorpat.

Les écoles paroissiales (à une classe) préparaient pour les écoles de district (à deux classes) et celles-ci formaient des élèves pour les gymnases.

C'est ainsi' que les statuts de 1804 ont établi un lien organique entre tous les établissements d'instruction de l'empire. Les écoles populaires principales, fondées sous le règne de Catherine, furent transformées en gymnases et les petites écoles populaires en écoles de paroisse et de district. La surveillance de tous ces établissements fut enlevée aux commissions de charité publique et confiée à des directeurs des écoles, nommés dans chaque province par l'université, et ayant pour mission « de surveiller la marche de l'enseignement dans toutes les provinces de l'arrondissement scolaire ».

Dans chaque université on institua un comité scolaire pour l'expédition des affaires se rapportant aux écoles. Ce comité se composait de professeurs présidés par le recteur et ayant pour mission de veiller à l'enseignement dans les écoles de l'arrondissement scolaire. Les statuts de 1804 renferment les premières données concernant les écoles rurales ; l'article 118 prescrivait à « chaque paroisse isolée, ou à deux paroisses réunies d'avoir au moins une école de paroisse » .

Les statuts de 1804 restèrent en vigueur environ 20 ans. A la

fin du règne de l'empereur Alexandre I*"" et au commencement du règne de l'empereur Nicolas I", on avait déjà procédé à de nouvelles réformes dans le système de rinstruction primaire. Dans ces réformes figurent en principe les dispositions suivantes :

1° « L'éducation populaire, dans tout l'empire, malgré les différences de confession et de langue, doit être purement nationale (russe) ;

2° « Les branches d'enseignement superflues doivent être supprimées, et, dans la répartition des études, il faut prendre en considération la classe sociale des élèves ^

3** « Il convient d'épurer les sciences de toutes les idées nuisibles qui leur sont étrangères, préparer des fils fidèles de l'église et de loyaux sujets. »

Le 8 décembre 1828 les nouveaux statuts des gymnases, des écoles de district et de paroisse furent revêtus de la sanction suprême. Grâce à ces statuts qui appliquaient les principes posés par le ministre de l'instruction publique, A. S. Ghichkow, le système scolaire du commencement du règne de l'empereur Alexandi'e I" fut modifié ; le lien organique entre les écoles paroissiales, les écoles de district et les gymnases fut rompu ; ces catégories d'écoles adoptèrent chacune un programme d'études sufiisant pour l'instruction définitive des classes sociales pour lesquelles elles étaient destinées. C'est ainsi que A. S. Ghichkow écrivit qu'en Russie, les écoles paroissiales sont destinées aux paysans, aux bourgeois et aux petits marchands appartenant à la classe inférieure ; les écoles de district aux enfants des commerçants, des ofiiciers des grades inférieurs et des nobles. Les statuts de 1828 introduisirent encore, sous d'autres rapports, des changements importants ; ainsi le programme d'études des écoles de district fut abrégé.

L'entretien de ces établissements fut mis à la charge du Trésor ; les écoles de paroisse furent entretenues dans les villes par les municipalités, dans les bourgades appartenant àlaGouronne, aux frais des communes rurales, dans les villages appartenant à des propriétaires, par les propriétaires eux-mêmes, qui devaient les surveiller. Les allocations du Trésor pour ces établissements ayant augmenté, le nombre des écoles s'accrut également. Les écoles de paroisse et de district organisées, conformément aux statuts de 1828, subsistent encore aujourd'hui.

Le 25 juin 1835, le « règlement des arrondissements scolaires du ministère de l'instruction publique * fut revêtu de la sanction su-

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prême ; il retira aux universités la suiTeillance des écoles qui fut confiée aux curateui-s des arrondissements scolaires.

Le développement de l'instruction primaire en Russie était favorisé, dans une mesure plus ou moins importante en dehors du ministère de rinstruction publique, par d'autres ministères ou Sociétés agissant pour leur propre compte, indépendamment les uns des autres.

Ainsi le ministère des domaines organisa des écoles dans les villages des paysans de la Couronne. En 1830, l'autorisation suprême fut sollicitée et accordée pour l'ouverture d'une école ayant pour but spécial de préparer des scribes pour les bailliages (volostys) et les villages, et le 23 novembre 1842, l'ordre fut donné à tous les villages de la Couronne, qui possédaient des écoles, de les organiser sur le plan général des écoles de paroisse. La direction des apanages organisa des écoles dans les villages de son ressort. Le ministère des domaines commença à ouvrir ses écoles en 1830; celles dn ressort des apanages furent organisées en 1832. Les premières étaient entretenues aux frais du Trésor ; les secondes, au moyen des revenus des biens des apanages. Le programme d'études de ces deux catégories d'établissements était à peu près le même que celui des écoles du ministère de l'instruction publique ; le personnel enseignant se composait surtout de prêtres, de diacres, de desservants d'église et de séminaristes ayant terminé leurs études. La surveillance de ces écoles était exercée par les autorités locales dirigeant les chambres des domaines et les comptoirs des apanages. Le ministère de l'instruction publique fut cependant investi du droit de contrôler les écoles du ministère des domaines et d'exiger des renseignements sur la situation des écoles des apanages.

Le ressort ecclésiastique (Saint-Synode) institua pareillement, près des églises, des écoles entièrement indépendantes des autres ministères. Ces écoles furent créées auprès de quelques églises en vertu des règlements des consistoires (1843).

Le ministère de la guerre, de son côté, ouvrit des écoles destinées aux soldats et aux enfants de soldats.

Nonobstant les efforts de tous les ministères et d'autres institutions, le nombre des écoles primaires en Russie fut peu considérable jusqu'à la seconde moitié du xix* siècle. En 1850, les écoles rurales des domaines, selon un rapport officiel, étaient au nombre de 2 642 avec 139 320 élèves ; les apanages, en 1853, comptaient 204 écoles avec 7 477 écoliers ; le ministère de l'instruction pu-

blique, à la fin de 1861, d'après des données officielles, n'avait pas sous sa direction, dans toute la Russie d'Europe, plus d'un millier d'écoles, y compris les écoles de paroisse, les classes préparatoires près les écoles de district et les écoles primaires populaires. Les serfs appartenant aux propriétaires étaient, à très peu d'exceptions près, entièrement privés d'instruction. Les écoles paroissiales étaient aussi peu nombreuses ; quant aux écoles élémentaires particulières, organisées par les paysans eux-mêmes, elles échappaient à tout contrôle.

Une nouvelle ère dans l'histoire de l'instruction publique en Russie, commence à l'avènement de l'empereur Alexandre II. Le 19 février 1861, l'alTranchissement des serfs fit disparaître l'obstacle le plus puissant à l'extension de l'instruction primaire parmi le peuple. Déjà pendant les premières années du règne du tzar libérateur, on constatait un redoublement de zèle sous ce rapport. D'un côté, des écoles étaient ouvertes avec le concours du ministère de l'intérieur dans plusieurs villages de paysans libérés du servage ; d'un autre, des écoles étaient organisées avec l'aide du clergé dans les villages et dans les villes ; quelques particuliers obtenaient l'autorisation de tenir des écoles du dimanche. Le 14 juillet 1864, l'Empereur donna sa sanction à un « Règlement pour les écoles primaires populaires » qui réunissait en un seul groupe les écoles primaires des différentes dénominations et confiait la direction de ces établissements à des institutions collégiales, dites conseils scolaires, plaçait dans ces conseils des représentants des différents ministères, des institutions et des délégations provinciales {zemstvos) et leur confiait la nomination des curateurs et des curatrices des écoles. Les statuts des institutions provinciales de 1864 admettaient l'ingérence de la délégation provinciale dans la surveillance de l'instruction publique principalement sous le rapport économique et dans les limites fixées par la loi (§ 2) ; l'enseignement religieux et la tendance morale des écoles étaient soumis au contrôle des prêtres.

Dix ans plus tard, de nouveaux statuts, revêtus de la sanction suprême le 25 mai 1874, remplacèrent ceux de 1864. Les modifications portaient surtout sur le mode de surveillance des écoles ; une part plus large était attribuée à la noblesse; cependant les traits essentiels des statuts de 1864 furent conservés. Dans les provinces où les délégations provinciales {zemstvos) furent chargées de veiller à l'exécution des lois, l'instruction fit de grands progrès, et, à partir

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de cette époque, le développement de l'instruction primaire a suivi une marche rapide.

Les autres actes législatifs concernant l'instruction populaire élémentaire élaborés sous le règne précédent, n'ont guère été que le complément de ceux qui viennent d'être mentionnés. Ainsi, en 1869, le ministère de l'instruction publique créa le type des écoles rurales modèles à deux classes et aune classe ; peu de temps auparavant, avait paru le règlement sur les écoles et les bibliothèques de la maison des enfants trouvés à Saint-Pétersbourg ; un règlement pareil pour la maison des enfants trouvés à Moscou a été édicté en 1873. En 1869, la surveillance de l'instruction primaire populaire avait été renforcée par la création d'un nouveau poste d'inspecteur des écoles populaires. En 1874, les fonctions de ces inspecteurs ont été modifiées, les titulaires prenant le nom de directeurs et leurs adjoints celui d'inspecteurs.

C'est sous le règne du même prince qu'avait eu lieu la création d'écoles spéciales ayant pour but de préparer des maîtres pour les écoles primaires, telles que les séminaires et les instituts pédagogiques, et qu'avait paru le 22 avril 1868 le règlement sur les examens imposés aux personnes désirant obtenir le titre de maître dans les écoles primaires.

La dernière décade est remarquable par quelques actes législatifs qui ont assuré à l'œuvre de l'instruction publique le concours du clergé orthodoxe, en lui donnant une influence prépondérante sur l'enseignement des écoles primaires inférieures. En 1884, conformément au « règlement sur les écoles de paroisse » élaboré par le Saint-Synode, les prêtres de paroisse ont été chargés de « l'administration immédiate des écoles de paroisse, dont ils assumaient la responsabilité » (§ 19).

Les délégations provinciales (zemstvos) et d'autres institutions publiques et particulières ont été invitées à participer à l'entretien de ces écoles. Le règlement de 1884 a soumis aussi à l'influence immédiate du clergé les écoles élémentaires, établissements particuliers qui sont entretenus par les paysans et qui existaient déjà en Russie du temps du prince Vladimir. Ces écoles qui, à partir du règne de l'impératrice Catherine II, n'avaient plus de sanction légale, ont été autorisées par une circulaire du ministre de l'instruction publique, le baron Nicolaï, en février 1882. Le règlement de 1884 sur les écoles de paroisse et le règlement de 1891 sur les écoles élémentaires spéciales, ont placé les écoles particulières des

paysans sous la dépendance du clergé local. En 1888 (14 décembre), a paru l'arrêté du Saint-Synode réglant le transfert dans le ressort ecclésiastique des écoles entretenues aux frais des délégations provinciales. En 1891, le procureur général du Saint-Synode informa le ministère de l'instruction publique que les écoles du dimanche plus que les autres devaient revêtir le caractère religieux des écoles paroissiales orthodoxes ; en effet, les écoles du dimanche, destinées aux adultes illettrés, se composaient en grande partie d'artisans, d'ouvriers et des enfants les plus pauvres ; en conséquence, et avec l'assentiment du ministre de l'instruction publique, les écoles du dimanche fonctionnant depuis 1891 ont été placées sous la dépendance du ressort ecclésiastique.

2° État légal et organisation administrative. — La direction des établissements d'instruction primaire n'est pas concentrée dans un seul et même ressort ; elle est répartie entre plusieurs administrations ; la plus importante est le ministère de l'instruction publique, qui administre d'une manière générale les affaires de l'instruction publique ; puis viennent le Saint-Synode, les ministères des domaines, de la guerre, etc., et le ressort des établissements de l'impératrice Marie.

La direction des écoles primaires populaires du ministère de l'instruction publique est organisée de la manière suivante :

A) Administration centrale. Le ministère se compose d'un ministre, de son adjoint, d'un conseil du ministre et d'un département.

Le ministre est nommé directement par l'Empereur.

T;e conseil du ministre est l'institution supérieure du ministère ; il est composé de l'adjoint du ministre, de deux membres spéciaux nommés en vertu d'un ordre suprême, du directeur du département, du président du comité scientifique près le ministère et d'autres personnes consultées dans certains cas particuliers. Toutes les affaires importantes sont soumises au conseil, telles que le budget annuel, la surveillance des établissements et des pei'sonnes dépendant du ministère et autres questions semblables qui sont de sa compétence.

Chaque projet de loi élaboré au ministère passe au conseil du ministre avant d'être soumis au conseil de l'empire. Cependant les décisions du conseil du ministre ayant le caractère consultatif, ne sont pas obligatoires pour le ministre. Le département du ministère organise l'administration ; c'est dans le département que se concentre tout ce qui a rapport à l'organisation, aux affaires judi-

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claires, à la partie économique, financière, aux fonctionnaires du ministère et autres questions du même genre. Près le ministère fonctionne une inslitution spéciale, le Comité scientifique, qui connaît de toutes les questions ayant trait à la partie pédagogique. Il examine les programmes et les plans d'études, les projets des sociétés savantes, les rapports des personnes qui ont été chargées de missions spéciales scientifiques par le ministère ; le comité procède encore à l'examen des livres de lecture et des manuels destinés aux établissements d'instniction ; il n'examine que les livres présentés par leurs auteurs en vue d'obtenir l'approbation officielle du ministère ; ceux qu'il approuve ou recommande pour les établissements d'instruction sont relativement en petit nombre, parce qu'il n'admet que ceux qui lui paraissent les meilleurs. Le comité possède, en outre, une section spéciale qui s'occupe de l'examen des ouvrages destinés à des lectures publiques et décide quels sont les livres approuvés qui peuvent être lus devant un auditoire composé de gens du peuple \ Ces lectures sont autorisées dans les chefs-lieux de province (depuis 1876), dans l'arrondissement scolaire de Kharkov et dans les chefs-lieux de district (depuis 1888). Dans toutes les autres villes et dans les villages, les lectures populaires ne sont permises que dans certains cas, et sur demande spéciale.

B) La direction des affaires concernant l'instruction primaire populaire est dévolue en premier lieu aux curateurs des arrondissements scolaires qui sont les principaux représentants de la haute administration du ressort scolaire. L'empire de Russie est divisé en 11 arrondissements scolaires: Saint-Pétersbourg, Moscou, Dorpat, Kazan, Kiev, Kharkov, Odessa, Varsovie, Orenbourg, Vilna, Caucase.

Un arrondissement comprend plusieurs provinces, chaque province compte un directeur des écoles populaires, nommé par le curateur de l'arrondissement, et chargé de la surveillance de la partie scientifique de toutes les écoles primaires populaires delà province dans laquelle il réside.

Les directeurs ont pour adjoints les inspecteurs des écoles populaires, nommés par le curateur d'arrondissement. Ces deux catégories de fonctionnaires veillent à tout ce qui concerne l'école, publique ou privée, au point de vue pédagogique ; ils exercent leur

1 Jusqu'à présent on a approuvé 153 brochures pour des lectures populaires avec aatorne magique.

suiTeillance sur les élèves, ils se tiennent au courant des tendances pédagogiques et morales des écoles et des garanties que présentent les maîtres, sous le rapport de la moralité et de la politique ; ils assurent la marche régulière des études dans l'école et à l'extérieur ; ils veillent à leur prospérité matérielle et à leur approvisionnement en livres, manuels et accessoires; ils écartent des bibliothèques les ouvrages non approuvés par le comité scientifique ; ils ont encore dans leurs attributions l'ouverture et la fermeture des écoles et autres devoirs de ce genre.

Dans les provinces où les zemstvos sont organisés, les conseils ont une part dans l'administration des écoles.

Les établissements d'instruction primaire populaire, dépendant du ministère de l'instruction publique, se divisent en deux catégories principales, placées sous la surveillance exclusive des directions des écoles populaires : les écoles paroissiales urbaines entretenues aux frais du Trésor (statuts de 1828) et les écoles rurales modèles à une et à deux classes ; les autres sont sous la surveillance des conseils scolaires de province et de district.

Les écoles paroissiales sont des écoles populaires élémentaires destinées à répandre dans les basses classes les connaissances élémentaires plus ou moins nécessaires (art. 4). Ces établissements fonctionnent aussi bien dans les campagnes que dans les villes et sont entretenus aux frais du Trésor. Le cours d'études de ces écoles €omprend les branches suivantes : religion, lecture des livres imprimés en alphabet slave et en russe, lecture de l'écriture manuscrite, calligraphie, plus les quatre premières opérations de l'arithmétique.

Les écoles rurales modèles (à une et à deux classes) appartiennent à un type plus élevé d'écoles primaires : elles ont pour but « de donner aux enfants de la classe rurale une instruction élémentaire plus complète que celle qu'on acquiert dans les autres écoles primaires rurales. Dans les écoles modèles, l'étude des branches suivantes est obligatoire : religion, langue russe, calligraphie, arithmétique, histoire, géographie et sciences naturelles, chant d'église ; et, en outre, dessin linéaire dans les écoles à deux classes. Quand les ressources de l'école le permettent on y joint la gymnastique, on installe, pour les garçons, des ateliers d'apprentissage et des ouvroirs pour les jeunes filles. Le cours des études comprend cinq années dans les écoles à deux classes et trois années dans celles qui n'ont qu'une classe. Les établissements d'instruction particuliers

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(privés), dont les programmes d'études sont plus étendus que ceux des écoles primaires, sont également placés par le « règlement » du 25 mai 1874 sous la surveillance des directeurs et des inspecteurs des écoles populaires.

La seconde catégorie d'écoles primaires populaires se compose de celles qui sont sous la surveillance des conseils scolaires de province et de district. Ces conseils, créés conformément au règlement sanctionné par l'Empereur le 25 mai 1874, comptent parmi leurs membres, à titre de représentants du ministère de l'instruction publique, les directeurs (dans les conseils de province) et les inspecteurs (dans les conseils de district) des écoles populaires. Les conseils des deux catégories sont placés sous l'autorité du ministère de l'instruction publique ; ils se composent : du maréchal de la noblesse du district, qui préside, de l'inspecteur des écoles populaires et des membres suivants : un fonctionnaire du ministère de l'instruction publique nommé par le curateur de l'arrondissement scolaire, un délégué du ministère de l'intérieur, nommé par le gouverneur de la province, un représentant de l'éparchie choisi par l'évêque, deux membres nommés par l'assemblée provinciale de district et un représentant de la municipalité urbaine quand celle-ci participe à l'entretien des écoles ^ la nomination de ce membre est réservée à l'assemblée provinciale et à la municipalité.

Les conseils scolaires de province sont composés d'une manière analogue à ceux de district ; ils sont présidés par le maréchal de la noblesse de la province et comprennent : le directeur des écoles populaires, un membre au choix du ministère, un représentant du ministère de l'intérieur, un membre nommé par l'éparchie et deux personnes qui représentent l'assemblée provinciale générale. Ces deux dernières sont élues par l'assemblée, les autres personnes sont choisies par leur direction respective. Le membre représentant le ministère de l'intérieur est d'ordinaire le commissaire ^ de police rurale, chef supérieur de la police de district. Les conseils ne tiennent pas de séances périodiques, mais se réunissent suivant les besoins.

Les conseils de district ont pour mission d'ouvrir des écoles et de les pourvoir d'un matériel scolaire suffisant ; ils confirment dans leurs fonctions les instituteurs et les institutrices nommés par les

1. A Saint-Pétersbourg, Moscou et Odessa, c'est le maire do la ville qui préside les couseils scolaires.

inspecteurs des écoles populaires, ils ont le droit de fermer les écoles reconnues nuisibles et de révoquer les membres du corps enseignant •, enfin, ils ont encore d'autres attributions concernant les écoles. Les conseils scolaires de province ont la haute surveillance sur les écoles primaires populaires de la province, ils contrôlent les dépenses et ont différentes attributions de ce genre. Après examen des conclusions des directeurs sur les rapports des conseils scolaires de district, les conseils de province ont le droit de faire leurs observations spéciales et de les communiquer, par l'entremise des directeurs, aux curateurs d'arrondissement scolaire. Ils n'ont pas le droit de s'ingérer dans ce qui concerne la partie scientifique.

Les municipalités élisent deux membres des conseils scolaires, elles nomment aussi des curatrices et des curateurs spéciaux pour veiller à la partie économique des écoles ; les uns et les autres n'ont aucun droit d'ingérence dans ce qui a trait à l'enseignement.

Le rôle des délégations provinciales, en matière scolaire, est fixé par les articles 2 et 10 du nouveau règlement sur les institutions provinciales. Les délégations sont chargées exclusivement d'accroître les ressources nécessaires au développement de l'instruction populaire et participent, dans les limites établies par la loi, à la surveillance sur les écoles et autres établissements entretenus aux frais de ces institutions (nomination des membres des conseils scolaires et des curateurs). La haute surveillance sur les études est dévolue au directeur des écoles populaires.

La haute surveillance sur l'enseignement religieux et sur la tendance morale des écoles est exercée par l'évêque local de l'éparchie, lequel confirme également dans leurs fonctions les maîtres de religion (exclusivement ecclésiastiques). La surveillance générale sur la marche et les tendances de l'instruction primaire est réservée au gouverneur. Ainsi l'école primaire a, à sa tête, les représentants les plus élevés de l'administration de province, et dans les districts ceux de trois ressorts (instruction publique, intérieur et ressort ecclésiastique).

Les maîtres des écoles rurales fondées par le ministère de l'instruction publique sont nommés par le directeur des écoles primaires de la province sur la proposition de l'inspecteur ; ceux des écoles urbaines sont nommés par les autorités locales sur la proposition de l'inspecteur et avec l'agrément du gouvernement quand ces écoles sont subventionnées. Les traitements sont payés soit par

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l'État, soit par le clergé, soit par le zemstvo ; ils varient d'une province et d'une autorité à l'autre. La moyenne paraît être inférieure à 200 roubles et ne pas dépasser en réalité 500 fr. ; elle est de 222 roubles dans le gouvernement de Saint-Pétersbourg et de 118 dans celui de Kiev. Dans les écoles urbaines, elle s'élève à 540 roubles, plus le logement et certaines indemnités pécuniaires.

Le cours des études dans les écoles primaires populaires comprend les branches suivantes : religion (catéchisme abrégé et histoire sainte), lecture des livres slavons et russes, écriture, les quatre premières opérations de l'arithmétique et le chant d^église facultatif. Le programme d'études et le nombre des branches d'enseignement sont strictement arrêtés par la loi (règlement de 1874) ; les programmes ne peuvent être modifiés qu'en vertu d'une autorisation spéciale. L'enseignement dans ces établissements est en grande partie gratuit ; cependant, la gratuité de l'enseignement n'est pas légalement obligatoire. L'enseignement obligatoire n'existe pas dans l'Empire de Russie. Les personnes ayant obtenu un certificat d'études primaires bénéficient d'une réduction du service militaire.

A côté du ministère de l'instruction publique et indépendamment de lui, fonctionne une catégorie d'établissements dont l'organisation dans ses traits principaux est à peu près semblable à celle qui vient d'être exposée ; ce sont les écoles de paroisse placées sous la haute direction du Saint-Synode, qui veille à la répartition des sommes allouées aux écoles. Dans chaque éparchie, il existe un conseil scolaire éparchial, dont le président et les membres sont nommés par l'évêque de l'éparchie. Ces derniers sont choisis parmi les ecclésiastiques et les personnes laïques disposées à propager parmi le peuple l'instruction dans l'esprit de l'église orthodoxe. Les directeurs des écoles populaires font également partie de ce conseil. Dans le but d'établir un lien plus intime entre ces établissements, on a organisé dans quelques villes de district des sections éparchiales de district du conseil des écoles de paroisse, dont les membres sont également des ecclésiastiques et des personnes laïques nommés par l'évêque. Ce dernier nomme^ révoque et récompense les maîtres, visite les écoles, présente au Saint-Synode des rapports sur les écoles de paroisse et nomme de sa propre autorité, pour exercer une surveillance spéciale sur les écoles, des prêtres choisis parmi les plus capables et offrant le plus de garanties. Les prêtres de paroisse assument la responsabilité d'une surveillance immédiate sur les

écoles de paroisse « et, en général, ils doivent enseigner au peuple les principes de la foi orthodoxe et de la vraie piété ». Les prêtres ou d'autres membres du clergé de la paroisse enseignent dans les écoles, ou veillent à l'enseignement et à la conduite des instituteurs et des institutrices.

Les écoles de paroisse admettent le concours de personnes n'appartenant pas au clergé : les laïques qui se sont signalés par un zèle spécial pour répandre parmi le peuple l'instruction dans l'esprit de l'église orthodoxe sont honorés par le Saint-Synode du titre de curateurs honoraires des écoles de paroisse ; ceux qui ont fondé à leurs propres frais une école de paroisse sont nommés par l'évêque de l'éparchie curateurs de cette école. L'élément laïque est encore représenté dans le conseil scolaire éparchial par les membres de la délégation provinciale qui en font partie.

Les écoles de paroisse ont pour but principal (§ 1 du règlement) de « fortifier dans le peuple la foi orthodoxe et d'inculquer la morale chrétienne » ; elles doivent, « conjointement avec l'église, inspirer aux enfants l'amour de l'église et de l' office divin » (§ 9). Les branches d'enseignement sont : 1" la religion (principalement les prières, la sainte liturgie et l'explication des cérémonies du service divin), le catéchisme abrégé ; 2° le chant d'église ; 3" la lecture des livres d'église ; 4" la lecture des livres laïques -, 5" l'écriture ; 6" les notions élémentaires de l'arithmétique. Le degré de l'enseignement et les branches qu'il embrasse sont strictement déterminées par des programmes spéciaux confirmés par le Saint-Synode. Les écoles de paroisse ne comptent d'ordinaire qu'une seule classe, comprenant un cours d'études de deux ans et non de trois ans, comme les écoles organisées conformément au règlement de 1874. Pareillement les études des écoles à deux classes sont réparties sur quatre années. Dans ces écoles, l'enseignement a lieu au moyen de livres indiqués par le Saint-Synode, près lequel, depuis 1867, existe un comité pédagogique qui examine et approuve les livres destinés aux établissements d'instruction du ressort ecclésiastique.

Les écoles du dimanche ont été régies, jusqu'en 1891, par le règlement de 1874. Actuellement, elles dépendent du ressort ecclésiastique. On y admet des adultes aussi bien que des enfants ; l'enseignement est conforme au programme des écoles de paroisse.

En dehors de la surveillance qu'il exerce sur les écoles de paroisse et du dimanche, le clergé doit encore s'occuper des écoles

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élémentaires (de lecture et d'écriture). Ces établissements, d'un type particulier, existent depuis les temps anciens et ont joué un rôle important dans la ditTusion des notions élémentaires de lecture et d'écriture parmi le peuple. Ces écoles présentent cette particularité que les personnes qui y pratiquent l'enseignement ne sont pas astreintes à posséder un certificat quelconque de capacité ; elles n'ont besoin que de l'autorisation du prêtre chargé de la surveillance de l'école. Conformément au § 6 du règlement sur les écoles élémentaires, les maîtres sont choisis parmi « les personnes de confession orthodoxe menant une vie pieuse » . La fréquentation des classes n'est limitée par aucun terme. Ceux qui ont terminé leurs études dans les écoles élémentaires n'ont pas droit à une réduction du service militaire. Le programme des études est moins étendu que celui des écoles de paroisse. Les prêtres ont la « responsabilité des tendances morales et religieuses, au point de vue orthodoxe » de ces écoles (§ 2) qu'ils surveillent et dirigent.

En dehors du ressort ecclésiastique et du ministère de l'instruction publique, d'autres ressorts participent au développement de l'instruction populaire au moyen d'écoles spéciales.

Ainsi le ministère de la guerre entretient des écoles pour les soldats et les enfants de soldats. L'administration des établissements de l'Impératrice Marie possède des asiles et des orphelinats où les enfants reçoivent une instruction primaire. Les maisons des enfants trouvés dépendant de ce ressort ont également des écoles destinées à répandre les connaissances élémentaires parmi leurs élèves placés à la campagne. Ces établissements dépendent des chefs des arrondissements où se trouvent les maisons des enfants trouvés ; des surveillants habitant la localité et des médecins d'arrondissement veillent aux études et à l'état sanitaire. Ces écoles, installées dans les villages, admettent également des enfants de paysans, mais pour cela, il faut le consentement des maîtres et celui des parents qui payent une faible rétribution. Le cours des études est de 4 à 5 ans. L'enseignement comporte, outre la religion et la langue maternelle, des notions élémentaires d'histoire naturelle, de mathématiques, de géographie physique, de géographie et d'histoire de Russie. L'enseignement est confié à des instituteurs sortant des séminaires pédagogiques près les maisons des enfants trouvés, ou à des institutrices préparées spécialement à ces fonctions dans les écoles primaires de jeunes filles dépendant de ces maisons.

A Saint-Pétersbourg, les écoles primaires étaient, en 1892, au

nombre de 291, dont 167 de 3^ degré, 122 de 2' degré et 2 de 1*' degré ; elles étaient fréquentées par 14 403 élèves (7 954 garçons et 6449 filles). Le nombre a augmenté beaucoup depuis quinze ans: en 1877-1878, il y avait seulement 23 écoles et 899 élèves ; en 1879-1880, 53 écoles et 2 362 élèves ; en 1884-1885, 183 écoles et 8 600 élèves ; en 1889-1890, 259 écoles et 12 760 élèves \

3° Ressources financières. — Les dépenses occasionnées par les écoles populaires et, en général, par l'instruction populaire ne sont pas obligatoires pour les délégations provinciales ; elles sont fixées par ces institutions mêmes. Elles ne sont pas obligatoires, non plus, pour les communes rnrales. Aux termes du « règlement sur les anciens serfs » (19 février 1861) : les communes rurales peuvent, en cas de besoin et dans la mesure de leurs ressources, établir nn impôt communal pour entretenir les écoles et rétribuer les maîtres. Le nouveau règlement concernant les villes (sanctionné par l'Empereur le 11 juin 1892) impose aux municipalités urbaines le soin de pourvoir aux dépenses nécessaires au développement de l'instruction populaire (art. 2, § IX). Néanmoins, ce sont les délégations provinciales et les communes rurales qui apportent le concours le plus efficace, comme on le voit par les tableaux ci-annexés. Viennent ensuite les sommes fournies par le Trésor, les institutions de bienfaisance et les particuliers -, le prix de Técolage payé par les parents des élèves ne forme qu'un appoint insignifiant. Les sacrifices que s'imposent pour l'instruction primaire les délégations provinciales ainsi que les municipalités urbaines et rurales, sont en réalité beaucoup plus importants que ne le montrent les chiffres ci-après : en effet, outre les dons en argent, ces institutions fournissent encore des fonds aux écoles pour se construire des bâtiments qu'elles entretiennent à leurs frais.

D'après l'enquête statistique faite en 1880 pour les 50 gouvernements de la Russie d'Europe, le nombre des écoles rurales primaires était de 20483; le nombre de leurs élèves, de 827 231 garçons et 199 243 filles, soit un total de 1 026 474 ; le personnel enseignant montait à 17 562 hommes et 4 562 femmes, et en outre 12 362 prêtres enseignant la religion ; total du personnel enseignant, 34486. Le total des dépenses pour ces écoles était de 5 718 000 roubles, sur un budget total de 5 784355 roubles pour toutes les écoles. Le budget total était formé par des subventions du Trésor

Annuaire statistique de Sainl-Pétersbourg. 1892, p. 337.

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