EMPIRE DE RUSSIE. FINLANDE
(1 000 fr.) pour le traitement d'un instituteur et de 600 marcs pour celui d'une institutrice, à condition qu'elles s'engagent à construire des bâtiments d'école convenables et reconnus tels, à fournir à l'instituteur ou à l'institutrice un logement d'au moins deux chambres et une cuisine, 1 ou 1 hectare et demi de champ défriché, un pâturage et du fourrage pour une vache. Le salaire en argent des instituteurs et des institutrices augmente après 10 ans de service de 20 p. 100; ensuite, après chaque 5 ans, de 10 p. 100 jusqu'à 25 ans de service ; alors l'augmentation atteint à 50 p. 100 du salaire primitif.
Les instituteurs et les institutrices reçoivent de l'État une pension après 30 ans de service, savoir les premiers 800 marcs et les derniers 600 marcs.
Les objets de l'enseignement sont : la religion, la lecture et l'écriture, la géographie, l'histoire, le calcul, la géométrie élémentaire la mesure des surfaces et des volumes, les premiers éléments des sciences naturelles et leurs applications, le dessin, le chant, la gymnastique et les ouvrages manuels. Pour favoriser le développement des arts manuels, l'État accorde en outre une subvention supplémentaire aux écoles qui les enseignent plus complètement.
Les écoles primaires supérieures sont des institutions communales, c'est pourquoi elles sont subordonnées à une direction de quatre ou six membres élus par l'assemblée communale. La surveillance de l'État est exercée par douze inspecteurs, un dans chaque district scolaire.
Les inspecteurs sont tenus de surveiller l'enseignement dans toutes les écoles de leur district et d'envoyer des rapports annuels à l'administration centrale des écoles à Helsingfors. Cette dernière relève directement du Sénat impérial de la Finlande (section des cultes et de l'instruction), et elle est composée d'un chef, de quatre inspecteurs supérieurs (3 pour les écoles élémentaires et supérieures et 1 pour les écoles primaires) et d'un membre consultatif. Il s'ensuit que les écoles primaires supérieures sont indépendantes de l'église ; les pasteurs ont pourtant le droit de surveiller l'enseignement religieux.
A côté des écoles mentionnées, il existe des écoles privées, qui ne reçoivent pas de subvention de l'État, mais dont le programme est à peu près le même que celui des écoles publiques. En outre, il y a un grand nombre d'écoles enfantines et d'écoles ambulantes, entretenues par les communautés ecclésiastiques ; les maîtres en
tournée séjournent deux ou trois mois dans chaque village. L'enseignement dans ces écoles se borne à la lecture, l'écriture, la religion et l'arithmétique élémentaire.
En 1891, on comptait en Finlande 470382 enfants de 7 à 16 ans. Le nombre des élèves qui fréquentaient les différentes écoles était ainsi recensé (selon l'état du l^"" mai 1891) :
Ecoles secondaires et spéciales 10 069
— primaires fixes 51 778
— enfantines 11 392
— ambulantes 177 886
— du dimanche et dans leur famille 207 813
— d'aveugles, de sourds-muets, etc 300
Le nombre des enfants entre 10 et 16 ans totalement privés d'instruction était de 10 551, dont 1706 pour cause d'incapacité naturelle. Il est à remarquer que l'instruction des enfants est très négligée parmi les habitants de la confession grecque-orthodoxe ; de 5 278 enfants entre 10 et 16 ans appartenant à cette confession, il y en avait 2 581, c'est-à-dire à peu près 50 p. 100, sans instruction, tandis que, parmi 284409 enfants protestants du même âge, il n'y en avait que 6 264, ou 2.2 p. 100, sans instruction.
3° Ressources financières. — Les dépenses des séminaires d'instituteurs et d'institutrices, ainsi que celles de l'inspection des écoles primaires supérieures, sont à la charge de l'État. Ces dépenses se divisaient en 1893 comme suit :
Séminaires 407 553 marcs.
12 inspecteurs (à 4 000 marcs) 48 000 —
Indemnités de voyage 30 000 —
Besoins divers 17915 —
Administration centrale des écoles (quotepart de l'enseignement primaire) .... 12 000 —
En outre, l'État subventionne, comme nous avons dit, les écoles primaires supérieures, dont les recettes, la même année, étaient :
Subvention de l'État 1048939 marcs.
Ressources communales 2 074 367 —
Rétribution des élèves (qui paient) ... 54 682 —
Rentes des donations 69 996 —
Bienfaisance privée 188 336 —
Total 3 436 320 marcs.