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PETIT SÉMINAIRE DE QUÉBEC

Le promoteur le plus puissant de l'édu cation en la Nouvelle-France est sans contredit Mgr. de Laval. L'un de ses premiers soins en arrivant dans la colonie fut de pourvoir à l'instruction de la jeunesse, En 1668, cinq ans après la fondation de son grand séminaire, il établit lepetit séminaire ou collège de Québec. Jusqu'à la cession, cette institution ne fut, à proprement parler, qu’une école préparatoire aux classes des Jésuites. (1)

Mgr de Laval fonda eussi à St-Joachim une autre école où l’on enseignait les arts et métiers, et où il voulait en outre former des instituteurs. Dans sa pensée, dit M. Chauveau, ce devait être à la fois une école normale, une école des arts et une école d'agriculture.

C’est donc à bon droit que l’école normale de Québec a reçu de ses généreux fondateurs et porte avec orgueil le nom illustre du premier évêque de Québec. En accordant une si bienveillante hospitAlité aux jeunes gens quise préparent à l’enseignement,elle réalise le plan de son augus- Le Aaron,

(1) Ferland,

RETOUR DES RÉCOILETS

Les Récollets ne revinrent à Québec qu'en 1670. Ces religieux dévoués furent très utiles dans la suite comme instituteurs, surtout après la fermeture de l’Institut-Charon. (1) Cette dernière maison fondée en 1688 par un laïque qui lui donna son nom, devait recevoir les pauvres et les malades. Plus tard on y enseigna les arts et métiers et l’on y forma des instituteurs. Le roi de France accorda pour cette fin, en 1718, une subvention annuelle de 3,000 livres. Des difficultés de toutes sortes entravèrent l’administration de cette maison. Elle lauguit jusqu'en 1747. Des frères âgés et infirmes qui restaient à l'hôpital, donnèrent alors leur démission et devinrent euxmêmes les pensionnaires de Madame Youville et des Sœurs Grises qui les remplacèrent (2).

Les Récollets, les Jésuites, le clergé séculier, les Sulpiciens et les instituteurs laïques furent donc les généreux apôtres de l'instruction primaire au Canada sous la domination française.

Garneau, parlant de l'état de l’éducation dans les premiers temps de la colonie, dit :

‘ L'éducation des garçons fut abandonnée au

(1) Chauveau.

(2) Vie de Madame Ycuiille, par M. Faillon.

clergé, qui fut le seul corps enseignant, à peu d'exception près, avec les religieux sous la domination française. Le gouvernement ne s'’occupa. jamais lui-même de cet objet important. Soit politique, soit désir de plaire au sacerdoce en lui léguant l’enseignement, il laissa le peuple croître dans l'ignorance ; car alors, il faut bien le reconnaître, le clergé comme les gouvernements considéraient l'instruction populaire comme dangereuse et funeste à la tranquillité des : Etats ; et le Canada fut encore moins exempt de ce préjugé malheureux que les autres pays, puisqu'il ne posséda jamais d'écoles de paroisses ; et que, chose inouïe, l'imprimerie n’y fut introduite qu’en 1764, ou 156 ans après sa fondation.” (1)

Notre historien national s’est mépris, croyons-nous, sur le rôle que le clergé a joué dans l’enseignement avant la cession. Que dans certains quartiers, tout comme de nos jours, il se soit trouvé des esprits étroits, cela est plus que probable ; mais que le clergé en général considérût alors l'instruction populaire comme dangereuse et funeste, nous le nions ; cette assertion est contestée par les faits inscrits dans nos annales pédugogiques. Mais M. Grarneau est parfaitement dans

(1) Garneau, Hist. du Can. vol. 1, p.188.

le vrai, quand il condamne le rôle passif des gouvernements qui, sous le régime français, ne s’occupèrent pas de promouvoir l'instruction publique. Les autori.és civiles voulaient avant tout la soumission aveugle des sujets. Et pour arriver à ce but ils ne firent rien, ou à peu près rien, pour promouvoir les intérêts de cette balle cause. Si les représentants des rois de France eussent fait ouvrir un grand nombre d'écoles primaires, les Canadiens se seraient attachés d'avantage à l’agriculture ; comme les colons de la Nouvelle-Angleterre qui, dans les jours difficiles, trouvèrent leur salut dans cet amour du foyer constamment soutenu et développé par l'instruction.

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