CHAPITRE LL DOMINATION ANGLAISE
‘Etat de l'éducation à l’époque de la cession du Canada à l'Angleterre.—Premier mouvement, — Système d'éducation pour EI HI angliciser la colonie et création de l'Institution Royale.—
| | Avortement des deux projets après quelques années d'essais infructueux.—Acte pour établir des écoles gratuites.— Institution Royalc.—Ecoles de fabriqne.—Frères de la doctrine chrétienne.— Les protestants—Lois d'éducation de 1841 à 1846.—Inspecteurs d'écoles.— Quelques notes sous l’'Union.—Collège St-Michel.—Ecoles normales.—Conférences d'instituteurs.—Considérations sur le mouvemen de l'instruction primaire de 1855 à 1888.—Journaux d'éducation.— Fonds de pension.—-Conclusion.
{1 À l’époque de la cession du Canada à l’Anlit gleterre, nous trouvons établis dans la colonie le | collège des Jésuites, celui de St. Sulpice, le petit séminaire de Québec, quelques écoles de garçons dirigées par des Pères ou des Frères R'collets ou par des instituteurs laïques. Ajoutons à cela les pensionnats et externats des Ursulines de Québec et de Trois Rivières, celui de l'Hôpital Général, et les écoles des Sœurs de la Congrégation, alors peu nombreuses.
Avec ces éléments précieux, nos pères, traités avec plus de générosité et de justice étaient ‘capables, par eux-mêmes, de subvenir à l’éducation de leurs enfants. Mais le gouvernement anglais ne tarda pas à se montrer souverainement injuste. Il s'empara des biens des Récollets à Montréal et à Trois-Rivières et ne leur laissa que le couvent de Québec qui fut incendié en 1796. Après la mort du P. Cazot, le dernier Jésuite, (1800), ‘“ le reste des biens de cet ordre qui n'avait pas été confisqué le fut définitivement.” (1)
Il ne restait à peu près rien pour l’instruction primaire des garçons. Ils furent plus heureux sous le rapport de l'instruction secondaire. Le
collège de Montréal, fondé par les Sulpiciens en 1778, rivalisa de zèle avec le petit séminaire de Québec qui avait remplacé le collège des Jésuites.
C'est à ces deux institutions, dit M. Chauveau, que la jeunesse canadienne doit de ne pas avoir vu s’éteindre complètement le flambeau des sciences et des lettres ; c’est là que se sont recrutés pendant longtemps le clergé et la classe professionnelle. |
Bien que les écoles primaires fussent très rares dans notre pays vers la fin, du 18ième
(1) Chauveau.
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siècle, il ne faut pas s'imaginer que les populations de nos campagnes étaient plongées dans une ignorance absolue. Dans les premiers temps de la colonie, plusieurs colons arrivèrent suffisamment instruits. Les anciens régistres conservés à Québec et à Montréal établissent qu'une bonne proportion des habitants savaient écrire. Et, il faut rendre ici à la mère de famille canadienne l’hommage insigne du rôle prépondérant qu'elle joua dans ces temps difficiles. Plusieurs d’entre elles, celles surtout qui furent formées par les Sœurs de la Congrégation, se firent les institutrices de leurs enfants, et conservèrent ainsi au milieu de notre société naissante le flambeau sacré de l'éducation et de l'instruction.
Inclinons-nous, lecteurs, devant la femme canadienne. Q'elle soit Sœur de Charité, éduca: trice ou mère de famille, nous la retrouvons toujours grande, noble, forte et pure!