ECOLES DE FABRIQUES
Quand l'incapacité de ce système fut définitivement reconnue, l’on songea à amender les lois d'éducation. Après une enquête, on passe une: autre loi dite des écoles de fabriques. Cette légis- Jation ‘ permettait au curé et aux marguilliers de chaque paroisse d’affecter un quart des revenus de chacune d2 ces corporations au soutien d'une ou de deux écoles, suivant le nombre de familles. (1)
La législature trouva en 1829 que les choses n’allaient pas encore assez bien. Elle passa l'Acte pour l'encouragement de l'éducation élémentaire. Cette loi, modifiée en 1831, en 1832 et en 1833, exigeait que des syndics d'écoles fussent élus dans chaque paroisse ou mission. Le gouvernement accordait £50 pour la construction de chaque maison d'école et une subvention de £20 pour chaque institution, ainsi qu'une gratification n’excédant pas £50 pour les enfants pauvres. Pour pouvoir uén‘ficier des sommes
(1) Chauveau,
ainsi votées, il fallait que l’école eût été ouverte au moins 90 jours et fréquenté: journellement par 20 élèves.
Ces différentes législations étaient trop imparfaites pour pouvoir durer longtemps. Bien plus elles paralysèrent totalement l'instruction publique durant les années de 1837 et 18358.
Quand l'aurore des jours sombres de 37 se leva, que l'insurrection éclata et que la constitution fut suspendue, ces statuts temporaires devinrent fatals aux intérêts de l'instruction publique.
Au cours de la session de 1835-36, l’Assemblée législative élabora un nouveau projet bien plus radical que tous les précédents. Mais le Conseil législatif, où dominait entièrement l'oligarchie, dont la morgue hautaine et injuste fut la cause principale de l'insurrection, rejeta ce bill. Le résultat de cette affaire fut bien malheureux, car notre province resta quelques années sans aucun système d'écoles primaires.
Pendant cette session même le parlement passe une loi décrétant l'établissement d'écoles. normales à Québec et à Montréal. L'exécution de cette loi est laissée à des commissaires qui chargent M. l'abbé Holmes, prêtre distingué et ancien prefet des études au Séminaire de Qué-
bec, (1! étudier en Europe le système des écoles norimales et d'y faire le choix de professeurs. Mais les troubles de 1837 ne permirent pas de mener ce projet à bonne fin. Ces institutions furent «andonnées peu de temps après leur ouverture.
tRÈRES DI; LA IX ‘TE CHRÉTIENNE
La même année qu .:: monter Cardinal, Duquet et de Lorimier sur l'échafaud, pour avoir pris en main les droits de leurs frères, fut aussi le témoin de l’arrivée des fils dévoués dun Bienheureux de La Salle au Canada.
Venus de France sur la demande du séminaire de St-Sulpice, trois Frères des Ecoles Chréliennes ouvrirent à Montréal en 1837, la première de leurs écoles qui sont aujourd'hui si nombreuses et si florissantes au Canada.