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ACTE POUR ÉTABLIR DES ÉCOLES GRATUITES

L'année 1792 fut remarquable. La très grande majorité des citoyens catholiques et canadiens-français adressèrent une requête à la légis-

lature durant la session même qui se tint aussitôt après la promulgation de la première constitution. Les requérants expriment le vœu que les biens des Jésuites soient affectés à l'instruction du peuple, Le parlement adopte une requête basée sur celle des citoyens et la transmet à Sa Majesté, le roi d'Angleterre. Cette demande reste sans réponse.

En 1800, la Couronne complète la confiscation de ces biens. Le parlement ayant demandé au gouverneur des documents nécessaires à une enquête sur ce sujet, Son Excellence répondit : ‘“ Que l'on pourrait avoir ces documents, mais ‘“ que l'affaire ayant été réglée par Sa Majesté, ‘ toute nouvelle demande pourrait ne pas être “ conforme au respect que la chambre a coutume “ de témoigner pour les décrets de Sa Majesté “ dans les matières qui sont de sa prérogative, ”

Un an après cet événement, le lieutenantgouverneur, Sir Robert Shore Milnes, invite la législature, de la part de Sa Majesté, à faire une dotation de terre pour l'instruction publique.

Le rarlement passe à cet effet un acte intitulé: ‘ Acte pour établir des écoles gratuites pour le progrès de l'instruction. ”

C’est par ce statut que le gouvernement fut autorisé à former une corporation, sous le nom d’ ‘ Institution Royale.” Nous avons vu, ily a un instant, les raisons qui firent échouer ce pro- Jet.

Ce n’est que le 8 octobre 1818 que l'Instituion Royale fut régulièrement organisée par lettres patentes. En 1834, cette corporation ne pouvait encore obtenir de résultats un peu satisfaisants. Voici le témoignage de M. Perreault, confirmé por M. Parant, ancien supérieur du Séminaire de Québec.

“ L'Institution Royale a fermé presque toutes # les écoles : elles avaient très peu d'élèves ; les ‘“ maîtres étant pour la plupart d'un caractère “ douteux et nommés par des perscunes incon- ‘“ nues aux habitants, ne pouvaient jouir de leur “ confiance ni de celle des curés. ”

Le Dr Meilleur nous apprend aussi que, dans le principe, plusieurs de ces instituteurs étaient de jeunes ministres que l’on envoyait tenir des écoles anglaises dans des paroisses où l’on comptait à peine dix familles d’origine britannique, qui n’appartenaient même pas toutes à l’église anglicane. Aussi, ajoute-t-il, l’Znslitution Royale n'a-t-elle eu que très peu de succès, et, pen-

dant 40 ans, elle n’a tenu que 84 écoles dont la plupart avaient entièrement disparu avant l'acte d'éducation de 1841.

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