‹ L'enseignement primaire [microforme]Chapitre 53 sur 69 · FA · texte numérisé non relu

FA

N + Eh # RATE | ne

Ainsi les enfants apprendront qu’en créant les plantes, le bon Dieu s’est plu à joindre l'utile à l’agréable.

Nous grouperons de la mêm:2 manière la famille du mot fleur ; ainsi du mot fleur nous anrons fleuraison où floraison, épanouissement et développement de la fleur ; époque où les fleurs fleurissent ; fleurdelisé, ad). ; fleurdeliser, v ; fleurer V ; fleuret, sorte d'épée ; fleurelte, petite fleur ; au figuré, propos galant, conter fleuretle ; fleuri, ie, adj ; fleurir, v ; fleuriste se dit d'une personne qui cultive les fleurs ; fleurron, vignette, ornement en forme de fleur ; fleuronné, orné de fleur, etc,

La famille du mot ferre; terrain, terrier, lerrassier, ler ‘asse, terrassement, terrasser, v. a., signifie remuer, transporter de la terre ; £errasser, v. a., jeter de force par terre, ferrusser un adversaire ; terrasser, fig. consterner, faire perdre courage, cette nouvelle l’a lerrussé.

Nous ferons trouver le contraire de fleurir ; Jfaner.

Le contraire de planter : arracher, etc., etc.

En dernier lieu, viendront les synonymes et l'explication des homonymes.

Ainsi, une seule phrase peut fournir matière à entretenir et amuser avec profit une classe entière, une heure durant !

Re. “Of 0, — GR |

Péndant ces leçons on ne remarque ni ennui, ni langueur, les moins avancés comme les plus instruits étant questionnés tour à tour.

Eh ! bien, si toutes les semaines une semblable leçon était donnée à l'école, quelle somme énorme de mots et d'expressions utiles cela ne représenterait-il pas au bout des quatre ou cinq ans que dure le cours primaire ?

L'instituteur quise contente de faire lire tout simplement une page, deux pages de lecture chaque jour à ses élèves, sans leur donner la signification des mots, ne cherchant en aucune manière à leur faire saisir le sens et l'esprit de la phrase, l’idée mère du morceau, a-t-il atteint le but véritable de la lecture ?

Certainement, non.

Que diriez vous d'un guide, conduisant des voyageurs à travers une ville, Rome, je suppose, sans vouloir s'arrêter nulle part afin de donner une explication satisfaisante de telles ruines, de tels ou tels monuments, de certains endroits dignes d'attention ?

Vous diriez, évidemment, cet homme n'est pas un guide véritable, et vous auriez parfaitement raison.

Ainsi donc, si l’instituteur, qui est le guide des enfants, se contente de les faire voyager

à travers les aridités et la monotonie d'une lecture non comprise; s'il multiplie ces leçons sans leur donner aucun intérêt, s’il n’explique pas certains mots dont l'élève ne connaîtra jamais la signification ; (cette connaissance du sens, de la valeur des mots est pourtant le secret de la diction ) s'il ne s'arrête à certains termes capables d'intéresser l’écolier dont ils agrandissent le cercle des idées, n'agit-il pas exactement comme ce guide inepte, conduisant les touristes, à travers la Ville Eternelle, sans vouloir s'arrêter nulle part ?

Quels sont donc les fruits d’une telle lecture ?

1ls sont presque nuls, et les conséquences malheureusement en sont funestes.

Je dis que la lecture non expliquée, cette lecture si aride qui ne dit rien au cœur de l'enfant, produit des conséquences funestes.

Ne vous êtes-vous jamais demandé quelle:

était la cause de ce profond dégoût que l’on rencontre trop souvent chez nos jeunes gens pour toutes lectures sérieuses, pour toutes études. profitables.

Retournons en arrière. Allons à l’école pri-

maire qu'ils ont fréquenté», c'est là trop souvent que nous découvrirons Ja canse de cette déplorable apathie.

Vous le savez, les bonnes comme les mauvaises habitudes <e contractent le plus souvent dans le bas âge.

Par conséquent, c'est à l’école que devrait s'acquéiir le goût de l'étude.

C'est à cette époque de la vie surtout, que les jeunes intelligences sentent le besoin impérieux de connaître et de s’instruire, pour profiter avec discernment des ressources sans nombre que nous offre la nature.

Cependant, une multitude de jeunes garcons, après leur sortie de l’école, n’ont pas le courage d'ouvrir un livre utile, n'osent entreprendre aucune étude nécessaire à leur état, mais en revanche, éprouvent à dire où entendre dire des choses insipides et insignifiantes, à savourer, comme de vrais Turcs, une demi douzaine de bonnes pipées de tabac canadien, bien plus de bonheur et de satisfaction qu’à lire quelques pages d'un ouvrage instructif et agréable.

Que devons-nous penser de cette verte jeu-

nesse qui perd ainsi les heures les plus précieuses

de son existence à lancer des bouffées de fumée, images de ses jours, hélas ! qui s’envolent avec rapidité, sans laisser derrière eux aucune trace marquée au coin d’une intelligence développée ?

Si beaucoup de nos jeunes gens ont en horreur toute lecture instructive, sommes-nous, instituteurs et institutrices des écoles primatres, sommes-nous, dis-je, complètement étrangers à ce triste résultat ? Ne négligeons-nous pas trop le développement de l'intelligence ? Ne sommesnous pas trop avares de ces explications qui sont absolument nécessaires à l'enfant pour qu'il comprenne ce qu'il «apprend ou ce qu'il lit ?

À grands traits je retracerai les avantages nombreux et bienfaisants que procurent les /eçons de choses, les leçons intuitives de grammaire, leg dictées choisies et expliquées, et l'enseignement oral de da géographie et de l'histoire.

Page 1