‹ L'enseignement primaire [microforme]Chapitre 54 sur 69 · LES LECONS DE CHOSES · texte numérisé non relu

LES LECONS DE CHOSES

Les principes des leçons de choses sont ceux mêmes des opérations de l'entendement humain.

Et, dit Mme Pape-Carpentier:

‘ La méthode suit dans ses opérations la même marche que l'esprit dans ses perceptions.

“ La méthode naturelle (1) n'exige des “maîtres qu’une application sincère de l'esprit et l'observation des faits journaliers. Elle part de ce principe évident, que l’enfant ne prend connaissance de ce qui l'entoure qu'au moyen de ses sens. Que les sens sont les portes, les fenêtres, les ouvertures par lesquelles les notions du monde visible pénêtrent dans son cerveau, pour fournir à son esprit la substance de ses idées. ‘

‘ Elle s'applique d'abord, à exercer les sens, à en cultiver les aptitudes respectives ; à en surveiller l’action régulière, afin qu'ils puissent recevoir d'une manière exacte les impressions du dehors, et les transmettre sans erreur à l'intelligence intérieure, à la reine captive qui devra s’en nourrir......... ou s’en empoisonner !

“ Enfin, elle enveloppe ses divers enseignements intellectuels, moraux, et même religieux, sous cette forme aimable et familière qui a reçu le nom de leçons de choses.

“ Ce que le petit enfant perçoit tout d'abord dans les objets, c'est la couleur. Il la perçoit par l'effet d'une simple et passive sensation produite

(1) C’est ainsi que Mme Pape-Carpontier appelle la méthode ‘des lecons de choses,

sur son œil sans aucun concours de sa part, et, on peut le dire à la manière des animaux. (1)

‘ Puis il remarque la forme; c'est le travail du souvenir et de la comparaison qui commence.

‘* Puis la réflexion d: l'enfant se développant peu à peu, il cherche à deviner l'usage de l’objet soumis à son étude. Le petit philosophe veut déjà trouver la raison des choses,

“ Puis le sens scientifique s’éveille, et il veut connaître la maitre dont l’objet est formé.

‘“ Puis cette âme naïve, s'éveillant à son insu, remonte à la provenance, à la cause première. C'est là que le maitre vigilant attend son élève, pour éveiller en lui le plus fécond des sentiments le sentiment religieux ! ”

Ainsi parlait Mme Pape-Carpentier, ilya quelque vingt ans.

En voilà assez pour pronver toute l’importance de cet enseignement si conforme aux be: soins de l'esprit des enfants, puisqu'il développe et forme tout à la fois leur intelligence et leur cœur.

(1) Mme Pape—Carpentier est dans l’erreur, La sensation est partiellement passive et partiellement actie,

Cependant, nous ne pouvons quitter ce chapitre des leçons de choses, sans remercier, au nom de l'enfance, le rédacteur de l'Enseignement Primaire, qui a su combler une immense lacune et rendre un véritable service à la Jeunesse en publiant un excellent recueil de ces précieuses leçons.

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