DÉVELOPPEMENT
Ste-Ursule, 2 juin 1888.
Mon cher Paul,
Jeudi dernier nous avons fait une promenade dens la campagne. Nous nous sommes d'abord arrêtés sur le pont au milieu de la prairie. Nous avions grand plaisir à voir les poissons jouer dans l'eau, C'est là que notre instituteur nous a dit que ce grand terrain couvert d'herbe fraiche et de fleurs est une prairie naturelle.
Nous continuons à gambader et à courir et nous voici dans la plaine. C’est encore un tapis bien vert et des fleurs qui nous frappent. Notre maître nous dit que ces champs couverts des plantes qu’on appelle trèfle, luzerne et sainfoin forment une prairie artificielle.
Plus loin, nous trouvons les céréales : l'épt de seigle avec ses longues barbes, celui de blé qui sortait à peine de sa tige, les champs d'orge et d'avoine dont les épis ne se montreront que plus tard. Tout cela nous plaisait beaucoup, mais l'heure était avancée et il fallut revenir sans avoir tout vu.