Ibid, Déposition de M. Gebhart
de tout « vaste penser », c'est-à-dire, en définitive, à le laisser se dissoudre et se désagréger.
Et que dire encore des examens d'admission aux grandes Écoles de TÉtat? L'Enseignement secondaire s'est donné pour suprême ambition d'ouvrir aux meilleurs de ses élèves la porte de ces grandes Écoles, de les y préparer directement. Or, le soin d'établir les programriies de ces examens spéciaux est confié à des Commissions nommées par le ministre de la guerre, par le ministre de la marine, par le ministre du commerce, et composées d'ingénieurs, d'officiers, de savants. Quoi qu'ils aient décidé, l'Enseignement secondaire est obligé de s'y conformer. Mais que sont ces examens ? Une sorte de « minotaure, qui dévore chaque année une multitude de jeunes gens incapables de résister à la préparation à des épreuves si mal combinées pour constater la véritable intelligence et la valeur personnelle, mais si propres à faire triompher la mnémotechnie et la préparation mécanique. Les plus forts passent malgré tout; mais combien y périssent ou sont faussés pour toute leur vie ! Aucun peuple n'a adopté de régime analogue et tous s'accordent à regarder le nôtre comme une cause d'affaiblissement physique et intellectuel pour notre jeunesse * ». Mettons que ces critiques soient exagérées. Il n'en demeure pas moins vrai que baccalauréat et examens d'admission aux grandes Écoles sont, pour l'Enseignement secondaire, une cause de trouble et de désarroi? Car comment, tyrannisé par tant d'intérêts divers, pourrait-il réaliser, en pleine indépendance, son objet propre, sa fin particulière?