Ibid., p
lion, c'est parce que seule elle est capable de satisfaire les besoins matériels de rhomme; seule, elle peut Taider à devenir /( un bon animal, ce^ui est la première condition du succès dans le monde * »; seule, elle peut lui donner les moyens de réussir et de s'enrichir; seule, en un mot, elle peut lui fournir les armes défensives et offensives qui assureront son triomphe dans la lutte pour la vie. C'est donc bien, en dernière analyse, l'idée d'utilité pratique qui domine tout le plan d'études de Spencer.
Nous aurons achevé l'exposé du système pédagogique de Spencer si nous signalons une autre direction de sa pensée. Par un détour brusque. Spencer, abandonnant tout à coup le principe de l'utilité, introduit dans sa doctrine un élément assez inattendu. Un bon système d'éducation, nous dit-il, ne doit pas seulement tenir compte de l'utilité des savoirs; il doit encore se conformera « la marche naturelle de l'évolution mentale^ ». S'agit-il de choisir les matières de l'enseignement — ce qui est la première démarche de la pédagogie pratique — c'est l'utilité respective des savoirs qu'il faut considérer. Mais si nous voulons résoudre les deux autres questions qui se posent à la pédagogie, d'abord, « dans quel ordre faut-il enseigner les diverses matières des programmes », ensuite, « quelles doivent être les méthodes d'enseignement », alors nous n'avons plus à considérer que « l'ordre du développement des facultés ».
En premier lieu, dans quel ordre doit-on enseigner les « savoirs » qui composent les programmes utili-
l.H. Spencer, De l'Éducation intellectuelle, morale et physique fp. 233, 2. Ibid., p. 105.
taires? Deux faits, selon Spencer, doivent nous guider, deux faits, ou plutôt deux lois : d'une part, « Tesprit se compose d'abord d'un petit nombre de facultés actives, et les facultés développées en lui plus tard entrent successivement en jeu, jusqu'à ce qu'enfin elles fonctionnent toutes simultanément - » ; d'autre part, « l'intelligence, considérée dans son ensemble ou dans chacune de ses facultés, commence par les distinctions les plus grossières entre les objets et les actions, pour finir par des distinctions d'une finesse et d'une netteté croissantes ' ». Quelles conséquences ces deux lois entraîneront-elles relativement à l'ordre des études? La première est que « l'enseignement ne doit embrasser d'abord qu'un petit nombre de sujets, et y ajouter ensuite successivement, jusqu'à ce qu'il les comprenne tous ' ». La seconde est que « nous devons nous contenter, dans l'éducation, de commencer par des notions grossières, puis tendre à les éclaircir graduellement, en facilitant à l'enfant l'acquisition d'une expérience qui corrigera d'abord les plus grosses erreurs, et ensuite, successivement, les erreurs moindres* ».
Cela est fort bien. Mais Spencer ne Voit pas que ces règles ne sont que des règles de méthode, applicables à toute éducation, quel que soit l'ordre des sciences enseignées, et non pas des règles propres à déterminer cet ordre. La question reste donc entière. Si Spencer, poursuivant son argumentation, avait réussi à prouver que l'ordre d'utilité des savoirs coïncide exactement
i.H.Spencer^De l'Éducation int€llectuelle,morale et physique.iiAil-