Ibid., p
avec leur ordre considéré du point de vue du « développement des facultés », il eût certes renforcé singulièrement la thèse utilitaire. Ce serait en effet un sérieux avantage de la classification utilitaire des savoirs que d'être conforme, par surcroît, à la « marche naturelle de révolution mentalç »., c'est-à-dire de constituer Tordre le plus éducatif pour des esprits en voie de formation. Mais Spencer n'a pas fait la démonstration, qui, au surplus, n'était pas aisée. Il a négligé de rattacher les deux anneaux de la chaîne. Aussi pouvons-nous conclure que l'ordre des études est, dans son système, déterminé uniquement par le degré d'utilité des sciences. Le principe de la concordance entre l'ordre des études et le développement naturel des facultés, principe que Spencer croit devoir invoquer, mais dont il ne tient, en fait, nul compte, est donc, dans son système, un rouage inutile, une pièce rapportée et qui ne fait pas corps avec la doctrine utilitaire *,
Pour ce qui est des méthodes, ce n'est pas seulement un abandon de principes que nous aurons à signaler dans Spencer, c'est une véritable contradiction. Son point de départ demeure le même : il faut, dit-il, se conformer, dans le choix des méthodes, à « la marche naturelle de l'esprit » ; et, pour cela, il faut bien se garder de troubler l'évolution des facultés intellectuelles de Tenfant, et même de la hâter. L'idéal serait que l'enfant s'instruisît tout seul, qu'il « fût conduit à faire lui-même les recherches, à tirer lui-même les conséquences de ses découvertes. Il faudrait lui dire le
1. Bain, dont l'utilitarisme est moins exclusif que celui de Spencer, a traité aussi ce point, mais sans y apporter de plus grandes précisions. Cf. La Science de Véducation, liv. II, ch. i.
I ,/, , . ,,M';v»W\T -Rri>^nAWE ET LA UHMOCBiJlE
.tir,iii« ))'.--il>t*' -f -Ti !»ir^ irnuxer le |Jus poirsibliï ' ". V.,-," rr,n'-^-\fv>n'- ■.-..kintÎM* ^i Suencor .ju une telk
I, .[,,„.,■ l'^^-'ll^ium'-nl in» p=pnlK. Mais nous lui demaii' ,).-run- ') -'II'' i-"» cnmpfltilil'' avcr le principe de r .itrItK'- '\M,t il « f«it. I» '■W 'l*' voùle de tout sob sys- (?.(fr^ (,« (iti i\p yMnruUm. non» a dit Spencer, c'est ( r„ (|.(|c:i(i'-H 'I-r '*v^.ir > plu^ util''- t^« <!«« rWue»»*'»' ,|,iil tililMiil. (c^l '("" l>rrffr>t potwède, à sa sortie de |i,,,i,||,, liiHli'O II'" riiimmswincMnépesMiresàla^-ie.Or. I,- tiiiiili-ilt mincit rri r«l.-il de laiswr lenfanl les h,Ml,i.) \m liti nn^itir. liM (k-rouïrir â nouveau, eL \,,r'.* ("Mil "l»=t 'li"'' *> I"' "•'"'• •*"•* '* science? *^\',- \ ,'\\ ^\'Vi:v rt» |v'i»|w. «"^ l'ITorls, augéuie dépensés y ov t. k" -"^tsv ^^v^^'«v^•rt<'. IVul-on raisonnablement , ,s ,,,, ..^ v-"i>,"i|, w«.^»«ii> «v*-rli et guidé par le ' ., . \ \: ..^ 'I...V. :.,-.. n-^i-vM- irvïairv à la fois lœuwe ■, . .'.i, ■ . .Il,' / 'i-f \:t-' ■;•:<:•.. vtfUifS. J"un Descartes. V v^.' ,., , '..t 'Ptf^fir'' linutcttire saivanl la
.,, , i,-,„;iij ">jW'i""t;>. tt'iftilMt* p«ie te foa-
;.,,„„iv .|ii.iiji. miiiMtf- bocage- «le Vn\- i\ ■w'Ituiii) H"ii i;uii«i*f à , .^.«^;;l.i. ■ '( Il |iniii:ip«- \tiù.--
■„ , :.,, -.vnt'im»», '(111 iii;':lui-.'
■or tt-MH-;
historique, qui consiste, non pas même à faire trouver à Tenfant la science, mais simplement « à exposer les connaissances dans le môme ordre effectif suivant lequel l'esprit humain les a réellement obtenues, et en adoptant, autant que possible, les mômes voies * », était beaucoup trop lente pour qu'on pût l'employer dans réducation. Si le but de l'éducation est de faire parvenir, en peu d'années, un seul entendement, le plus souvent médiocre, à la connaissance de toutes les découvertes utiles faites depuis les origines de la science — et c'est bien là le but que vise l'éducation utilitaire — il est clair que, « quoiqu'il soit infiniment plus facile et plus court d'apprendre que d'inventer, il serait certainement impossible d'atteindre le but proposé si l'on voulait assujettir chaque esprit individuel à passer successivement par les mômes intermédiaires qu'a dû suivre nécessairement le génie collectif de l'espèce humaine' ». Spencer, en choisissant une méthode d'enseignement qui a pour résultat, non de faire acquérir la plus grande somme possible de savoir utile, mais de former l'esprit, s'est laissé influencer malgré lui par les procédés de l'éducation littéraire qu'il condamne. Pour que sa doctrine demeure cohérente, il en faut écarter toute conception contradictoire avec le principe de l'utilité pratique. Ce principe doit, non seulement déterminer la composition des programmes, mais encore fixer l'ordre des études et commander le choix des méthodes. C'est lui qui doit être générateur du système tout entier. Laissons donc de côté les considérations, d'ailleurs