CONCLUSION GENERALE
Nous avons donné déjà quelques indications qui sont des essais de conclusion partiels, en exposant ce qu'est et fait l'Association Syndicale devant les intérêts divers qu’elle met en jeu.
Mais on peut ajouter que cette organisation originale mériterait d’être prise en cxemgple par les diverses autres branches de production qui, verticalertent, intéressent l’agriculture et l’industrie ou le commerce.
Nous pensons qu'elle pourrait être un enseignement pour ceux qui recherchent lassainissement des marchés du bétail, du lait, des céréales notamment.
Ajoutons toutefois que nous avons en vue l'Association seule et non l’organisation sucrière telle qu’elle résulte de l’intervention du législateur.
Celle-ci, à notre sens, aboutit à une véritable organisation monopolisatrice. Nous adrmettons que la situation du marché du sucre envisagé particulièrement, nécessitait peut-être une telle intervention. Mais il s’agit aujourd’hui d’un véritable monopole. Si l’on peut penser qu'une organisation professionnelle ou corporative est hautement désirable, il est aussi permis de dire que l'introduction du monopole est une déviation, une déformation de l'organisation corporative et qui peut-être en soi n'est pas très heureuse.
C’est pourquoi ceux qui pensent que l’Association Syndicale peut être considérée en elle-même comme exemple, peuvent
également considérer que l’extension de l’organisation actuelle de la production sucrière n’est pas très désirable.
Le monopole, tel qu'il à été concédé aux fabricants de sucre, stabilise une situation ; Ce n’est pas en soi une mesure de progrès ; ce n’est pas recommandable s’il s’agit de professions dont la situation est mauvaise.
Sans doute, il peut être nécessaire de prévenir les abus du risque ; il ne faudrait pour cela recourir à une mesure extrême limitant par trop l'initiative des producteurs.
Mais ici, nous pourrions aborder un problème plus grave, et qui déborde le cadre de ce modeste essai : le problème des prix. :
Nous voulions seulement faire remarquer qu'il y à connexité entre ce problème et le fait des interventions. législatives, faites sous la poussée de besoins immédiats, mais qui peuvent avoir à plus ou moins longue échéance des résultats fâcheux, si du moins on envisage l’ensemble de la situation économique.
C'est pourquoi, en conclusion générale, on peut dire que si ce qui est strictement organisation volontaire peut être pris en exemple, les mesures législatives adoptées pour permettre à cette organisation volontaire de subsister ne devraient pas être généralisées sans beaucoup de prudence et d’efforts pour adapter ces mesures à chaque situation particulière.
On peut souhaiter qu'il existe au-dessus de chaque organisation corporative particulière un Conseil National Economique qui informerait exactement le législateur, lui proposerait des décisions et aurait même le pouvoir de prendre des décisions réglementaires.
A côté de ce Conseil existerait un Conseil Supérieur du Travail qui imposerait au Conseil Economique un cahier des charges sociales, insusceptible d'être remis en discussion.
Les consommateurs pourraient être représentés aux deux
Conseils par des délégués des coopératives de consommation, de groupements d'achats, de grandes ligues nationales des consommateurs ou par l'Etat.
Il est permis de penser qu'il est préférable de commencer ici à construire le sommet avant la base. L'existence du Conseil obligerait les corporations non organisées à s’organiser pour être représentées, ce qui pour elles serait d’un intérêt capital.
L'existence d'organisations particulières, comme celle de l'industrie sucrière, nous paraît nécessiter une organisation professionnelle générale.
Si l’on prenait le parti de décider une direction de l’économie (ce qui ne doit pas se confondre avec une direction de la monnaie), ce ne pourrait être que si l’on savait la direction à donner ou suivre ; et il serait indispensable d’envisager l’ensemble de la vie économique nationale et internationale, chose impossible à un Gouvernement mal outillé et mal informé pour le faire.
Nous considérons, en outre, que c’est une solution humainement et socialement supérieure que celle qui est recherchée et adoptée par les intéressés eux-mêmes, plutôt que par la puissance publique. “4
Ce qui importe, en définitive, c’est l’homme et son développement. Il ne peut y avoir qu'avantages à lui laisser initiatives et responsabilités.
Ceux qui se démettent de leurs fonctions d'assurer euxmêmes leur existence, celle de leur famille, peuvent être considérés comme démissionnaires de leur qualité d'homme. D'une part, si les intéressés eux-mêmes cherchent à résoudre le problème, les solutions, pratiquement et matériellement, sont meilleures et plus stables ; on se révolte moins contre ce que l’on a voulu que contre ce que l’on a subi.
D'autre part, sur un plan plus élevé, l’effort maintient et développe chez ceux qui l’accomplissent les qualités d’intelligence et de virilité qui sont la noblesse de l’espèce humaine.
Vu :
Vu : Pour le Doyen :
Le Président, L’Assesseur, William OUALID. RIPERT.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris.
Pour le Recteur :
L’Inspcteur de l’Académie,