‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 103 sur 116 · I. N* du 3o mars 1917, bulletin, a. Idem, 3* page, 3^ col · texte numérisé non relu

I. N* du 3o mars 1917, bulletin, a. Idem, 3* page, 3^ col

APRÈS MON DÉPART 3o5

•des autorités militaires et de la police. Les gouvernements alliés ont acquiis la preuve formelle que des comitadjis étaient groupés en territoire grec par les soins d'oflBciers hellènes et avec Taide des autorités locales » (i).

« Des députés gounaristes collaboraient avec les officiers de Tétat-major pour Torganisation de bandes de comitadjis, destinées à agir dans la zone neutre créée entre les deux parties de la (jrèce » (2).

Il fut établi devant la commission denquête parlementaire sur les trahisons des ministres de» Constantin, que « Taide de camp du roi Manos et les autres officiers supérieurs dirigeaient ces organisations » (3), et que « M. Lambros et ses collègues prodiguaient l'argent de l'Etat pour la formation et le renforcement des ligues de réservistes et des éléments de troubles de toute sorte... les officiers étaient exhortés à manifester leur hostilité à l'Entente et leur affection pour T Allemagne » (4).

Un article de M. de Chappedelaine, député, membre de la commission des affaires extérieures de la Chambre, de retour d'une mission en Grèce, expliqua de quelle manière on opérait. Dissoutes en apparence, les ligues de réservistes avaient été, dès janvier, transformées, dans chaque commune, en a gardes civiques » ; des officiers déguisés en gendarmes étaient groupés par six dans les localités de la Thessalie ; on avait exercé partout, durant Thiver, tous les hommes valides ; chefs et soldats de bandes étaient ainsi réunis. De mauvais fusils avaient été remis aux commissaires de TEntente, è la place des bons soigneuse*

1. Le Temps du 7 avril 191 7, a* page, 4* col. a. Le Temps du 8 avril 1917, a» page, 3* col. 3. Le Temps du 16 octobre 1917, !'• page, 6* col. 4- Le Temps du i3 octobre 1917, a* page, i'* col.

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ment gardés. Entre Constantin et Gaillaun^e était surpris le télégramme sans ûl suivant : a Cette action non o^cielle par bandes aidera beaucoup la Grèce à émettre des pre^ tentions légitimes au moment des négociations »(i).

M. de Chappedelaine a gâté la fin d'un article basé sur des faits, en émettant l'hypothèse invraisemblable qu'on finirait peut-être à Sofia par se réjouir de la défaite de nos ennemis. 11 a dû être du nombre de ceux qui ont cru aux Bulgares et ne savent pas reconnaître leur erreur. Ses constatations en^Grèce valaient mieux que ses suppositions pour la Bulgarie. ^

Les faits d'existence de bandes opérant contre les alliés dans la zone dite neutre, de détention illicite de canons et d'armes, de complicité d'officiers de la réserve et de l'armée active, avaient, d'ailleurs, été reconnus dans un rapport remis, en mai, au ministre royal de la Guerre par le général Moschopoulos, commandant le troisième corps d'armée grec (q).

A la fin de mars, les ministres de l'Entente qui, depuis le i3 décembre, avaient quitté Athènes pour la rade de Salamine, revenaient habiter la capitale. Toutefois, devant les mauvaises dispositions de l'opinion publique, ils s'abstinrent de participer à la cérémonie pour la fête nationale du 7 avril.

Cependant, ainsi que le déclarait à la Chambre des communes le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étran« gères, « des mesures ont été prises pour le ravitaillement partiel de la Grèce )),la levée du blocus étant renvoyée au

I . Le Petit Parisien du aa avrU 1917, i'* page, a. Le Temps du 1" juin 1917, a* page, a* et 3* col.

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moment oA les demandes des alHés seraient réglées d'oDcmanière satisfaisante (i).

La population panYre soaflrait du blocus; mais voir satisfaire les besoins delà population ne concordait justement pas avec la politique royale. « Dans l'île de Leucade, par ei€mple,le préfet ainlerdit aux habitants deBasilica, village situé dans le sud de VÛe, d'aller chercher du grain à bord d'un navire que Tamiral français avait fait envoyer tout exprès. Les habitants cependant mouraient littéralement de faim. Après les avoir tei^rorisés, le préfet eut encore Taudace de télégraphier à Athènes que ses administi*és avaient refusé spontanément de recevoir le gri^in apporté par les Français, car ils préféraient mourir de faim plutôt que d'être ravitaillés par les ennemis du roi » (2).

« Les milieux de la cour soi^t de plus en plus inféodés à l'Allemagne », et <( leâ persécutions et les violences redoublent depuis quelques jours à Athènes contre le^ éléments libéraux et ententistes » (3), avouait-on à la même époque.

Le 21 avril, les groupements germanophiles des plats valets du roi appartenant aux corporations d'Athènes et du Pirée, se livrèrent à une manifestation contre ces éléments libéraux coupables, dirent-ils, dans leur langage d'adulateurs soudoyés, d'avoir « sapé les fondements du trône de celui qui est pour le peuple un saint et glorieux emblème, qui a illustré une histoire nationale de trente

I. Le Temps du ag mars 1917, a« page, 3* col. a. J^ Temps du 20 avril 1917, a« page, a© col. 3. Le Temps du 8 avril 1917,, 4* page, i" et a' coL

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siècles, qui fat le libérateur et le sauveur de notre grande et glorieuse pairie » (i).

A ce moment, le correspondant du finies à Athènes écrivait : « La situation en Grèce n'a jamais été plus grave qu*à rheure actuelle. La politique de conciliation adoptée par les alliés a échoué. Le parti germanophile a le dessus* Les agents allemands se montrent partout et déploient une activité sans relâche » (a).

De cette situation résultant de la violation persistante des engagements pris combinée avec notre incurable oubli du devoir, M . Lambros devait, peu après sa chute, se féliciter comme ayant abouti à « conserver le matériel de Tarmée », cela était trop certain, et à « sauvegarder la dignité nationale» (3), ceci Tétait incomparablement moins .

I. Le Temps du 24 avril 191 7, i" page, 6* col, a. Le Jenips- du 25 avril 1917, 4* page, 4« col. 3. Le Temps du 9 mai 191 7, 4* page, 4* col.

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