‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 12 sur 116 · A QUOI SERT UN DISCOURS · texte numérisé non relu

A QUOI SERT UN DISCOURS

• » Le sacrifice que j'aî fait en gardant le silence, a été lui-même mal interprété ; certains l'ont considéré- comme un aveu, et les critiques ont recommencé .

)> Estimant qu'il ne m'est pas possible de solliciter per* sonnellement une audition pfBcielle, j'ai pensé à réunir ctez moi, mercredi ou samedi prochain à votre choix, vers les trois heures, ceux des membres de la commission des a£^ires étraiigères qui.jusqu'à concurrence d'une dizaine, voudraient bien me faire l'honneur de ne pas s'en tenir à un seul son de cloche et de venir entendre le mien.

» Je vous serais très reconnaissant, ^monsierur le président, de me faire connaître le jour choisi et les noms de ceux de vos collègues qui accepteraient mon invitation.

» J 'adressera même lettre à M. le président de la commission des affaires extérieures de la Chambre ne me proposant, en effet, de parler que devant des personnalités ijualiCées pour tout savoir. Leur liberté de jugement n'en serait nullement atteinte ; mais elles auraient, du moins, respecté le droit de défense qui appartient à tout accusé.

» Je crois, d'ailleurs, qu'elles trouvei'aient dans mon exposé matière à exercer, au point de vue général, le contrôle qui est la raison d'être de la commission dont elles sont membres.

» Veuillez, monsieur le président, avec mes remerciements, agréer l'assurance de mes sentiments de très respectueuse considération.

» G. Deville».

Le président de la commission du Sénat me répondit. Voici le texte de sa lettre qui paraît avoir complètement perdu de vue le dernier alinéa de la mienne, relatif aux questions d'intérêt général, -j

. — ^ V-Vi

« Paris, le ^o juin VQi6^ « Monsieur le ministre plénipotentiaire, » J*ai communiqué à la commission des affaires étrah'gères du Sénat la lettre dans laquelle vous me faites part de votre désir de réunir chez vous un certain nombre de membres de la commission pour leur faire un exposé l'elatif à votre situation antérieure et gctuelle.J'ai le regi*et de vous informer que mes collègues n'ont pas cru pouvoir déférer à votre désir. Ils ont estimé qu'ils outrepassel'aient le mandat qui leur a été donné par le Sénat, en acceptant d'examiner des questions de personnes.

» Veuillez agréer,monsieur le ministre plénipotentiaire^ l'expression de mes sentiments très distingués.

» G. Clemenceau ».

M. Georges Leygues à qui, à Athènes, j'avais fourni et fait fournir de nombreux renseignements utilisés par lui dahs quelques interventions remarquées, ne me ût aucune réponse (i). Cependant des membres de la commissiou qu'il présidait, avait manifesté l'intention de s'inscrire pour se rendre à mo i invitation.

Le contrôle parlem3ntaire, surtout avec notre manda-* rinat bureaucratique, peut être une garantie excellente,, et je crois qu'il a eu pendant la guerre de très heureux résultats. Mais encore fallait-il l'exercer et n'en pas subor-

I. Le Temps du i5 janvier 1917 (i" pagfe, 2* col.) rappelait qu'on lit dans les Instructions et maxiines du cardinal de Richelieu : « Ordre et exactitude dans les relations épistolaires. Je répOAdrai à tous ceux qui m'écrivent... Il n'y a personne, fût-il chevalier deTOrdre, qui soit dispensé de répondre à une lettre... H faut lire .ç^ relire, plusieurs fois les lettres auxquelles on veut répon* dre... »

Nfotre :^6nde oflidel ne se diminuerait pas en suivant cet exemple d'un grand homme d'Etat. .

Page 1