A QUOI SERT UN DISCOURIR
donner Texercice, pour son extension oa sa limitation, à •des préoccapationt étran(|pàres à son objet* telle la pour* -suite de rancunes ou d'ambitions personnelles» au mo* ment même où ces bas motirs tendaient à empêcher d'appelerà la directiondes affaires des hommes plus pré* voyants, plus fermes,et, dès lors, plus utiles que beaucoup de ceux dont rien n*imposait le choix.
Dans le cas présent, rintérètdlndividualitésparlemen* taires prima l'intérêt du pays. Même ceux qui protestaient contre la politique de silence, contre la politique d'ignorance dans laquelle on tenait le pays, laissèrent ici cacher la vérité. Ils étaient trop à sôtre mépris pour désirer la constatation de Terreur. Sur les affaires bulgares, ils estimèrent qu'il n'y avait lieu ni à plaintes, ni à contrôle: error communis fit jus. En vertu de ce brocard, eut tort non celui qui avait partagé rerreur,mais celui qui ne l'avait pas admise et avait voulu la dissiper.
La quasi-unanimité, sur des questions extérieures, des milieux parlemeutaires est trop faite d'ignorance qui ne s'ignore pas, mais voudrait bien être ignorée. Onestheurei^x de se mettre à la remorque d'une autorité plus ou moins authentique (i), lorsqu'on se sent incapable d'un
1. Nos parlementaires les plus certains de leur compétence en sontv d'ailleurs, parfois réduits au sens politique des hannetons. Ainsi le « comité parlementaire d'action à l'étranger » s'est tout particulièrement mis en frais pour recevoir les quatre pèlerins du Soviet de Petrograd, comité s'iionorant d'être étranger à toute Action parlementaire. A côté d'un locataire du quai d'Orsay, on a TU MM. Georges Leygues, Franklin Bouillon, Escudier, de Kerguézec, Léon Bérard, d'Aubigny, Piou, etc. {Le Tempe du 3o juillet 191 7, a* page, 6' col.).
Plus heureux que moi, j'avais seulement été le représentant ofliciel de la France, les quatre « Argonautes de la paix » selon rexpressioh employée par l'un d'eux, c'est-à-dire, suivant le mot
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âiscernemeiit personnel, et il suffit à certaines préteiir dnes compétences des couloirs de se fourvoyer avec aplomb, pour voir leur spéculation née d'idées précon* ^ues, répétée par le plus grand nombre de ceux qui, ne
très juste du Temfis (n' du 3 août 1917, i" page,, 2« col.), « essentiellement des hommes de parti accomplissant une mission de, parti », — toutes leurs ^paroles ont eu pour but de le p^oc^ame^ ■- et -délégués d'un groupement arbitraire — l'insuffisance de ses droits était aggravée par celle encore pire 'de son état intellectnel et moral — furent admis à s'expliquer devant de nombreux membres des commissions des affaires esctérieurôs du Sénat et de la Cliambre. On donna fort maladroitement de rimpottanee à qui n'en avait et n'en- méritait aucune.
Le tort a, du reste, été général. Une des plus grandes fautes de cette guerre fut, en effet, de laisser aller et de flatter avec excès leff promoteurs du mouvement russe quand, dès le début, il aurait fallu tenter.au moins de les retenir sur la pente glissante du verbalisme simpliste, et de leur faire comprendre qu'en tout ce qui. touchaitla question militaire, leurs affaires n'étaient pas exclusivement russes. Les louanges donc auraient dû. leur être données par les alliés avec plus de mesure, et les avertissements effectifs avec moins de parcimonie. Aux propositions louches ou inintelligentes comme la conférence de Stockholm, tous les socialistes auraient dû répondre par un refus immédiat, catégorique et per* sistant. Au lieu de s'incliner devant l'erreur avec le naïf espoir de ' l'atténuer ejx l'agréant, il leur aurait fallu sans hé^tatiôns la dé^ masquer et la réprouver. Nous n'aurions certainement pas eu pire.
Vu l'étrange mentalité et l'ignorance invraisemblable d'uue masse trop vite passée de la passivité à la licence, Je n'pserais cependant pas affirmer qu'en faisant ce qu'il fallait on eût réussi. Mais le premier tort, d'où tous les autres sont sortis, revient incontestablement aux partis bourgeois de la Douma, inaptes^ S fournir à temps la monnaie de nos représentants du Tiers aux 20 et 23 juin 89. Un de leurs chefs s'est exprimé ainsi : «Ett réalité, il était peut-être plus difficile de s'abstenir de la révolution au cours de ces derniers trente mois, que de la faire au cours de ces dernières semaines » {Le Temps du 3i mars 1917, a* page, I" col.). De leur, aveu donc,, aucune surprise^ sauf bien entendu pour notre ambassadeur.
Après leur défaillance, nous aurions eu besoin le plus tôt pôa-
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s'y connaissant pas, pensent se donner de la sorte, à peu^ de frais, l'air de s'y connaître. Voilà comment une opinioa se forme et se propage. Aucun de ces amours-propres, avant Jout soucieux de la vedette, n'étant dispesé à faire un meâ culpâ pour l'amour de la vérité et de la justice, je n'avais plus qu'à attendre la résurrection de la libertéd'écrire ; je l'ai fait ^vec patience, à défaut de résignation qui serait, d'après Stendhal, un « courage ridicule ».
sible là-bas — le gouvernement belge, lui, le comprit — d'an ambassadeur socialiste, socialiste unifié de inarque et de raison,. ■pxis parmi les rares osant encore être publiquement claivoyantset résolus en paroles et en actes. M. Albert Thomas^aurait pu être un bon choix^à la condition de résister à ses velléités de compromis démagogiques auxquelles il a trop cédé là'bas comme ici . Bien parler est quelque chose, mais c'est à l'action énergique et prompte que Kerensky avait surtout besoin d'être poussé, à Taction pour la discipline militaire et contre le bolchevisme. On a laissé se désagréger l'armée dont la cohésion était indispensable, et on a reculé devant la désagrégation des cadres bolchevistes» dont l'organisation a pii s'opposer à l'émietten^ent de tout.
Les gens trop sensibles pour admettre la peine de mort sur le front, ont assassiné leurs adversaires de l'arrière. Ils voulaient la fraternisation avec l'ennemi extérieur : inutile, dès lors, de se battre et de se garder contre lui,' puisqu'on aboutirait à la paix par la propagande. Celle-ci ayant rencontré de la résistance chez les frères des tranchées d'en face,au cri : plus de guerre, Trotsky, le lo février, ajouta le mot équivoque : pas de paix, croyant comme les alchimistes pour taire de l'or, plier les faits sous la tonte-puissance préconçue de l'habilelé (voir sa lettre à Lénine, Temps du 8 mai 1918, a* page, i" col.). Les Boches voulant ou leur paix ou la guerre, le bolchevisme capitula le 24 février. Il s'était d'abord jeté dans leurs bras, il tomba à leurs genoux; il avait commencé par les embrasser, il descendit à leur lécher les bottes (traité du 3 mars).
L'Allemagne s'en réjouit. Les éducateurs du socialisme russe les honnirent. Ceux qui avaient prôné la magique efficacité de leurs appels au prolétariat allemand, se dégradaient au point de s'interdire toute propagande. Les alliés, leurs victimes, les ont libérés de ce^ chaînes.