CHAPITRE XIII Les Débuts dans l'Erbeur
Le Gœben et le'Breslau. — La Grèce s'offre. — On s'illusionne sur . les Turcs. et sur le bloc balkanique. — Réponse à M. de Quadl. — Mes avertissements sur la Bulgarie et sur la Turquie.
Il me reste à parler de ma dernière année à Athènes.
Par devoir,' non par goût, réconlorlé pourtant par le calme résolu de tous constaté le samedi soir v^ août, je quittai Paris le lendemain matin et j'atteiguis cahin-caha Marseille,d'où aucun bateau ne partait alors pour le Pirée. Je poussai jusqu'à Menton.
Mon train n'allait pas plus loin que Menton* ville ; mais un voiturier, à ce moment le seul de la station, me conduisit à la frontière. La route y était coupée par une rangée de chaises sur lesquelles étaient installés nos douaniers. Après exhibition de mon passeport, je fus admis à passer entre deux chaises et je pus, de l'autre côté, monter dans un véhicule italien qui me mena à la gare de Yintimille.
Là, fourmillement de gens, les uns voulant rentrer en France, d'où les autres venaient. Au milieu de cette foule
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bigarrée,à la physionomie uniformément inquiète, dehors, dedans, partout, des particuliers procédant à des opérations de change, avec bénéfice dans les deux sens, à des taux qu'on ne discutait peut-on dire pas ; des bijoux mêmCi étaient cédés pour pas grand' chose .
Le premier bateau que je pouvais espérer atteindre à Brindisi, était un gre.c quittant ce port le samedi 8 août. Je télégraphiai afin de retenir une place et ce fut une bonne précaution .
A mon arrivée à Brindisi, j entendais raconter que le ministre d'Allemagne à Athènes, le comte de Quadt, ne voulant pas attendre — il s'était dit, ajoutait-on, porteur d'une lettre autographe urgente de l'empereur Guillaume au roi Constantin — avait la veille, affrété un bateau pour lui seul. Je me contentai de payer une place ordinaire plus du double des prix les plus élevés des places de luxe en temps normal.
I Quel entassement de gens je vis, parmi lesquels de nombreuses familles russes, qui, pour le prix audacieusement accru de la première classe, sans compter la spéculation sur le change, était généreusement admis à coucher sur le pont ! Et, à ces conditions, le bateau devait " encore refuser du monde.
Débarqué à Patras le lundi matin lo août, j'étais quelques heures après, ce même j'our, de retour k notre légation. L'avant-veille, la plupart des Français et tous les membres de notre mission militaire avaient quitté Athènes.
Dès ma rentrée, je fus reçu parle roi : il prophétisa que la guerre commencée serait une partie nulle ; la prochaine trouverait la France et L'Allemagne alliées contre la Russie et, après avoir réorganisé son armée aflaiblie par les