‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 32 sur 116 · LA PRBMIÈRK ANNÉE II · texte numérisé non relu

LA PRBMIÈRK ANNÉE II

deux gaerres balkaniqaes, il pourrait, quand il le voudrait, battre à lui seul Tarmée italienne dont les soldats, à l'en croire, ne valaient rien .

Pendant mon année, et le bureau militaire mis en dehors, j'ai été, les deux tiers du temps, seul avec un secrétaire qui manœuvrait la machine à écrire. Je faisais les minutes, il faisait les expéditions et, le plus souvent» nous chiffrions et déchiffrions ensemble. On me donna pendant un trimestre environ, plus par utilité pour lui que pour moi, un consul général qui ne fut pas remplacé quand sa convenance détermina son départ.

Huit postes consulaires dépendaient de la légation et en référaient à elle à la moindre difficulté, à la moindre complication. Je ne me suis pas plaint et n*ai pas demandé l'augmentation du personnel, ne voulant pas 'être responsable de la création d'un nid pour embusqués, et n'étant pas de ceux qui,parce qu'ils coûtent, s'imaginent agir et mesurent leur importance à leurs dépenses. Je puis dire cependant que tout le travail fut exécuté sans im retard de notre fait : les dates de réception des lettres et de départ des réponses sont là pour le prouver d'une façon générale.

Dès mon arrivée, les représentants de la Belgique, de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Serbie prirent l'habitude de venir tous les soirs, et il n'y eut pas d'exception, à la légation de France, où nous nous communiquions nos informations, sans que le moindre nuage se soit, à un moment quelconque, élevé entre nous. Cela a continué jusqu'au i3 août igiS, veille de mon départ.Le ministre d^ltalie s'était joint à nous fin mai.

Le second Livre orange russe a publié, sous le n° 27, un télégramme du ministre de Russie à Athènes Demidoff,

Il8 TUUl&IRME rAUTlE

au sujet du Gœbeneida BreslaUjàhlé du6/i9 août 1914.Ce télégramme, le quai d'Orsay l'a reçu de moi ; il Ta même reçu avec une date antérieure. C'était Taveu fait par- M. de Jagow au ministre de Grèce à Berlin, un fils de Theotoky — le second était maître de la cour de la reine Sophie — que la vente du Gœbenei du Breslaa à lia Turquie n'était que de la frime.

Or, peu avant, sous la date du iq, une communication of&cielle de noti*e gouvernement, publiée par le Messager d'Athènes du i5 août, portait :

« Le gouvernement français a demandé à la Porte de respecter le droit inlernalional en desarmant le Gœben et le Breslaa, ou en les obligeant à sortir des Dardanelles. La vente contractée soi-disant par télégraphie sans fil est considérée comme inadmissible. »

Les intentions étaient bonnes. Mais tous ceux qui tenaient ou attendaient une concession quelconque ou une commission d'aflaires en Turquie, et ils étaient trop nombreux sans .avantage sérieux pour la France ellemême, n'avaient qu'une peur, celle de mécontenter les gouvernants ottomans. Ils firent partager leur sentiment à nos propres gouvernants qui, d'accord pour cette faute comme pour d'autres avec nos alliés, — l'amirauté britannique semble cependant avoir bien compris la situa» tion — préférèrent l'illusion dispensant d'agir^ à la conscience ennuyeuse du devoir imposant l'action.Alors qu'il aurait été si facile, et si utile, de mâtcr tout de suite la Turquie, on aima mieux faire semblant de croire à l'efficacité des naïfs ménagements et de la diplomatie. Tels furent les débuts de l'Entente dans Terreur.

A cette même époque, j'annonçais que M. Veniselos venait de me transmettre l'offre de la Grèce de prendi'e.

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