I. N* da a4 octobre 1917, a* page, S" col
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maladie prolongée par le souverain dans on but politique ? Gela, M. Romanos l'a écrit à Athènes où je l'ai appris et où on m*a soupçonné d'être Fauteur de cette iable. Le ministre d'un pays dans un autre est, en effet, ou doit êlre le principal informateur de son gouvernement; et les renseignements du ministère des Affaires étrangères de France sur les choses grecques peuvent, très légitimement, être jugés venir du représentant de la France en Grèce .
Mais que penser de l'étrange procédé de ce haut fonctionoaire français çompromeltanC, môme sans le nommer^ le ministre de France, en émeltant au ministre de Grèce qui, il le sait, ne manquera pas, suivant son devoir, de la répéter à son gouvernement, une opinion de ce genre^ absolument contraire à toutes les informations émanées du ministre de France ? Est-ce le moyen d'ajouter de l'éclat à cette autorité censément voulue si reluisante de nos représentants ?
J'ai, en revanche, signalé les sourdes intrigues du prince Nicolas (i) pendant la maladie de son irèi*e. Le désir intime, Tambition secrète de ce prince ont été très probablement alors de monter sur le trône de Grèce à la place de son neveu ; la reine le soupçonna, prit en main la cause de son fils et lia déjà partie à cet égard avec son beau-frère, le prince Georges. Il lui fut publiquement reproché à la Chambre grecque d'avoir, quand il com-» mandait à Salonique, négligé les plus élémentaires précautions d'ordre, et à leui* absence fut due la possibiUté
I. Lorsque le haat commissaire des puissances protectrices, M. Jonnart, exigea, avec infiniment de raison, en juin 1917, après l'abdication du roi Constantin, le départ du prince Nicolas, on lut dans Vllluatratton (n* du ^3 juin, page 606, a* col.)* < Les^nti*
d'att^itat contre son père fa). Voici un petit fait de nature à édifier sur sa valeur morale.
Lorsque, en mai 191a, fut télégraphiée la mort du roi de Danemark, j'allai m'inscrire au palais et j'y rencontrai une dame d'honneur de la reine Olga; elle me confirma la nouvelle. Or, à la même heure — je rapprenais peu après . — le prince Nicolas téléphonait à mon collègue d'Angleterre que la nouvelle était démentie. Son but, par ce mensonge, était d empêcher de cootremander une soirée préparée à Ambèlokipi : ce prince âgé de quarante ans, sachant son oncle mort, eut Tindécence, dans cette soirée, de participer avec sa femme, la grande-duchesse Hélène, à la danse d'un quadrille à quatre pattes et à d'autres jeux aussi spirituels et aussi opportuns.
Avant la mort de son père, le prince Nicolas avait peu d'argent dont il put disposer en toute liberté. La fortune dont il jouissait, venait de la grande duchesse sa femme, ou plutôt de la cour impériale de Russie qui la faisait
ments germanophites manifestés par le prince à Athènes depuis la guerre..., ont pu surprendre les Français qui l'avaient souvent roseontré à Paris. »
Ces Français étaient du nombre de ceux à qui il suffit de se frotter à des princes pour attribuer à ceux-ci toutes les qualités. S'ils avaient en avant la guerre le souci de se renseigner, il leur aurait été faeUe de savoir que le milieu du prince Nicolas était déjà, comme celui de sa belle-mère, inféodé au parti allemand de la «our russe.
3. On ne s'est jamais publiquement expliqué sur l'assassin. D'après le Temps du 24 mars igiS (3' page, 3' col.) l'attentat aurait été perpétré par deux hommes. Celui qui fut arrêté, Skinas, fut dit tirée et aurait été sujet tore, le prince Nicolas ayant pris l'iniiialive de le faire déclarer grec pour éviter des troubles. . . On lisait dans le Temps du 7 mai 1913 (6« page, 2' col.) : Skina» m qwi se trouvait au parquet de Saloniqne, s'est tué ce matin ,ii neuf heures eti se jetant du haut d'une fenêtre »«
gérer et surveiller par un fonclionnaire spécial, le baron Alexandre d'Offenberg. Ce prince si orgueilleux ne pouvait pas commander un complet sans autorisation et il s'abaissait à des carottages de rapin pour se payer certaines fantaisies. Son héritage le libéra de cette étroite et mortifiante dépendance de sa femme et de Tintendant des biens de celle-ci.
Après l'incident du i4 juillet relaté dans le chapitre I, j'engageai le ministère à n'avoir plus aucune prévenance pour les princes d'Alhènes et, en particulier, à interdire, jusqu'à nouvel ordre, Tusage à leur profit de la valise diplomatique (i). C'était là un de ces j)etits moyens qui peuvent avoir une grande action.
I. Celle valise et les laissez-passer pour les douanes françaises et grecques sont ou des sources d'abus, ou des sources d'ennuis pour le ministre soucieux de n'être pas complice de véritables * fraudes.
Ils sont nombreux les Français et les Grecs demandant à jouir d'avantages auxquels ils n'ont aucun droit : il s'en trouve même qui cherchent à en jouir sans le demander. Rares étatent les Grecs mondains d'Athènes ou de Paris ne réclamant pas, comme une chose due, un laissez-passer pour leurs bagages lorsqu'ils se rendaient en France. Des Français y renlrant agissaient de même. Je me souviens d'un de nos journalistes aspirant — sans succès — à devenir législateur et avide, en attendant, de se soustraire à la loi commune des douanes de son pays.
D'autres, à Athènes, étaient désireux de ne pas payer les douanes grecques, tel fut un directeur, d'une nature trop élevée — I m. 80 au moins sans talonnette — pour apercevoir les conditions de la vie courante, y compris les convenances, et dont la femme sollicitait des laissez-passer afin de constituer des approvisionne^ ments d*épicerie en franchise. Des personnes faisaient porter, au service de la valise à Paris, des paquets arbitrairement adressés au ministre ou aux secrétaires de la légation, en^ inscrivant sim-^. plement dans un coin:« Prière de remettre à... )i, et ainsi, sans droit, sans consentement, sans remerciement, ne payaient ni transport en France, ni entrée en Grèce. Des- fonctionnaires dtt
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On a beau choyer ceâ personnages, tout leur semble dû; c'est en se rebiffant et en touchant à leurs aises qu'on leur apprendra la politedse. Après une petite leçon, ils ne vous aimeront certainement pas ; mais sont-ils, avec Jeur si mauvais goût, capables d'aimer d'autres qu'eux-mêmes? Du moins, ils vous respecteront.
quai d'Orsay se faisaient périodiquement expédier de Grèce, par la valise, d'énormes provisions de cigarettes qai ne payaient rien en France.
J'ai résisté le plus possible, nuilgré les animosités bassement rancunières suscitées par mes résistances ; mais j'ai, surtout à mes débuts, avant d'avoir fait préciser par le département les cas autorisés ou non, cédé plus souvent que je ne l'aurais voulu, hésitant, je l'avoue, à paraître d'une intolérance rigoureuse en une matière où la tolérance était devenue ilUmitce. J'étais cependant, à mon détriment, il est vrai, p 'rvenu à une régularité qui aurait pu être complète, si tous mes collaborateurs avaient su, de leur côté, se refuser à certaines amabilités.
De graves abus ayant été aussi commis à l'aide des lettres de recommandation pour ses agents accordées par le ministère à diverses personnes, il fut prescrit de garijer ces lettres après les avoir lues. Or il m'était arrivé d'avoir affaire à une dame riche de Paris me disant: «J'ai pour vous une lettre du mini8tre,mais je ne vous la montrerai que si vous me donnez votre parole de n^e la rendre » ; et, sans se gêner, elle déclarait utiliser cette lettre comme une sorte de passe-parlout crochetant faveurs et considé» ration. Je conseillai de substituer, à la remise des lettres aux personnes, leur envoi direct aux agents.
Voici enfin un incident de laisse z-passer avec un ennemi. En 1915, le ministre d'Autriche-Hongrie fit solliciter auprès de moi un laissez-passer pour notre flotte en faveur de sa sœur désirant rentrer chez elle par n er et redoutant les investigations de nos officiers de marine! Je répondis à M. Politis et à certains de mes collègues par un refus : Pour sa personne, dis je, Mlle Szilassy n*a rien à craindre de nos officiers à qui elle prête bien gratuitement la mentalité allemande; mais j'ai le devoir de ne pas tenter de soustraire à leur surveillance les bagages d'une personne ennemie. Quelques imbéciles se joignirent à tout le personnel de la cour et dé ses alentours pour blâmer mon attitude.
igS TROISIÈME PAIITIB
Apprenant, le lo août, Tarrestation en Crète du seerétaîpc du prince Christophe, Tancien bibliothécaire du palais, M. Stacker, Suisse allemand, par un de nos torpilleurs auquel ses manigances, sur des points déserts, l'avaient fait dénoncer comme espion par les habitants de la côte, je télégraphiai de le relâcher, sauf si les motifs de Tarrestcition apparaissant très sérieux justifiaient les soupçons.
Or ce fut l'appréciation du commandant qui le garda. Je signalai à Paris qûli. avait déjà été surpris ailleurs, dans des circonstances très louches, par un agent consulaire anglais.
Les autorités de Malte, où il avait été conduit, étaient d'avis de le retenir. A son passa ge.à Malte, en ^e rendant à son nouveau poste, M. Guillemin « s'est porté garant de l'innocence de M. Stucker qu'il connaissait personnellement » (i). C'est en rêve que mon successeur avait fait cette connaissance ; mais il tenait réellement à se mettre en frais d'amabilité pour la cour. Par son affirmation, il obtint des autorités anglaises la mise en liberté du serviteur suspect, et il le leur rapporta à Athènes comme don de joyeux avènement. Du reste,c'estmoi qui ai été accusé à Paris de complaisance pour la cour (q). ^
i. Le Temps du 26 août 1915, a' page, 5* col.
a. M.Gailiemin a lui-même vanté son attitude douceâtre dans des déclarations au journal grec Patris reproduites intégralement par le Temp8(iï'' du S décembre 1915,2' page,2' col.): «Nous cherchons, disait-il, à adoucir ce qui pourrait rendre plus difficile Tacceptatipn <l6s demandes que nous sommes chargés de présenter », et, ajoutait-il, les puissances'de l'Entente tenaient chez elles aux ministres de Grèce, « un langage bien plus catégorique que le i^ôtre », .